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Éducation, Santé

Les futures infirmières apprennent leur métier sur des patients robots

« C’est en forgeant qu’on devient forgeron », dit le proverbe. Et si, dans le vocabulaire officiel, c’est un Centre de simulation clinique haute fidélité en soins infirmiers que le Cégep de Saint-Jérôme inaugurait lundi, l’idée reste la même. Rien ne vaut la pratique pour parfaire l’apprentissage.

On retrouve au Cégep des locaux identiques aux salles spécialisées d’un hôpital, où les étudiantes infirmières traitent des «patients» – des mannequins intelligents – qui sont en fait des machines très complexes.

Essentiellement, la technologie compte sur des patients robotisés qui sont animés et dirigés à distance par les enseignants. Les étudiants approchent les robots comme s’ils étaient des patients humains. Ils ont des signes vitaux, peuvent répondre aux questions si requis, réagissent aux injections de fluides et solutés ainsi qu’à tous les soins des élèves.

Le président du conseil d’administration du Cégep de Saint-Jérôme Paul Calcé découvre que les patients robotisés peuvent être écoutés avec un stéthoscope et produisent les mêmes sons qu’un être humain. Il a souligné que la campagne de financement qui se termine reflète l’importante complicité entre le Cégep et l’ensemble de la région.

En plus des signes physiologiques, les mannequins intelligents permettent un contact simulé avec l’humain, ses peurs, des réactions et ses questionnements. Les étudiants ont donc de véritables conversations avec les mannequins.

Présents pour l’inauguration du Centre de simulation en soins infirmiers, André Genest, préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut, Annie Denoncourt, coordonnatrice du Centre de simulation, Marc L’Heureux, préfet de la MRC des Laurentides, Nadine Le Gal, directrice générale du Cégep de Saint-Jérôme, Bruno Laroche, préfet de la MRC Rivière-du-Nord, Carole Marchand, présidente du conseil d’administation de la Fondation du Cégep de Saint-Jérôme, Joël Bouchard, directeur de la Fondation, Stéphane Maher, maire de Saint-Jérôme et coprésident de la campagne majeure, Youri Chassin, député de Saint-Jérôme, Geneviève Barrette, coordonnatrice du Centre de simulation, et Paul Calcé, président du conseil d’administration du Cégep de Saint-Jérôme.

Un accouchement… en pleine présentation!

Les simulations sont d’un réalisme total. Les personnes qui assistaient à l’inauguration officielle sont d’ailleurs tombées facilement dans le panneau lorsque la cérémonie de lancement a été interrompue par une jeune femme enceinte qui a perdu ses eaux en pleine présentation… ce qui a permis d’enchaîner avec une simulation d’accouchement!

Les invités au lancement ont assisté en direct à un « accouchement » qui a eu lieu à quelques pas, dans les locaux du Centre de simulation.

Le centre existe, entre autres, grâce à un soutien financier de 1,6 M$ de la Fondation du Cégep. Il permet à ses finissants d’obtenir une formation de haut niveau, acquise dans des situations d’un réalisme très poussé. Son implantation s’est déroulée sur quatre ans.

Au département de soins infirmiers du Cégep, on utilise les simulations comme moyen de formation depuis 2014. Aujourd’hui, le programme compte 34 scénarios d’intervention, entre autres en pédiatrie, en médecine, en chirurgie, en traumatologie en santé mentale, en ambulatoire, etc.

Les finissants du printemps 2020 seront la première cohorte d’étudiants à avoir profité des simulations durant toute leur formation.

En quelques lignes

  • Les laboratoires sont aménagés sous forme de chambres, avec de la technologie spécialisée ( oxygène, air comprimé, appareil à succion, appareil à signes vitaux, etc.).
  • Pour chacune des chambres, il y a un poste d’infirmière, une salle de contrôle, et une salle de breffage-observation-débreffage.
  • Les chambres sont équipées de caméras vidéo qui permettent d’observer toutes les interventions. Elles représentent quatre chambres d’hôpital individuelles et une chambre triple.
  • Cinq salles de contrôle permettent de diriger le déroulement des scénarios et enregistrer les simulations. Des logiciels sont utilisés pour programmer les scénarios et la captation audio et vidéo, ce qui permet ensuite d’analyser le comportement des participants.
  • Six mannequins intelligents: trois simulateurs masculins, un simulateur féminin pour les accouchements, un simulateur enfant et un simulateur de nouveau-né.

Des résultats concrets

Les scénarios deviennent de plus en plus complexes pour répondre aux besoins de formation de plus en plus pointus et les résultats sont probants.

Annie Denoncourt et Geneviève Barrette, coordonnatrices du Centre de simulation, ont décrit le fonctionnement des installations pour les donateurs et invités présents.

Geneviève Barrette, coordonatrice du centre de simulation, avait des exemples où des simulations ont permis à des étudiantes de rapidement appliquer ce qu’elles y ont appris.

Ainsi, après une simulation, un élève stagiaire a été capable d’identifier une hémorragie post-partum à la suite d’un accouchement et d’intervenir correctement. Dans un autre cas, une autre élève a aussi réagi correctement auprès d’un nouveau-né dont les voies respiratoires étaient obstruées.

« Le fait d’avoir fait des simulations fournit aux étudiantes une plus grande confiance en soi, réduit leur stress, augmente leur autonomie et contribue à une meilleure qualité et une meilleure sécurité des soins », dit-elle.

Les étudiantes en soins infirmiers ont toujours fait des stages, mais rien ne garantit que chaque série de stages couvre toutes les situations jugées essentielles pour leur formation. Parrfois, ces situations ne se produisent tout simplement pas pendant un stage, ou encore, les cas sont trop urgents ou complexes pour laisser des stagiaires y participer.

Grâce aux simulations, on peut maintenant assurer que chaque finissante a au moins simulé chacun des cas les plus importants.

Le Cégep de Saint-Jérôme dans le « top 5 »

La directrice générale du Cégep Nadine Le Gal a rappelé le rôle important de cette institution. « Depuis 1968, il a enrichi le réseau de la santé de près de 3500 infirmières diplômées à Saint-Jérôme et depuis 2001, en a formé plus de 200 à Mont-Laurier.»

Nadine Le Gal était fière de souligner que le Cégep de Saint-Jérôme s’est classée aux 4e et 5e rangs dans les deux dernières sessions d’examens d’admission à l’Ordre des Infirnières et Infirmiers du Québec, et ce sur 40 établissements, cégeps et universités confondus.

Un important projet pour la Fondation

La Fondation du Cégep a donc atteint et même dépassé l’objectif de 1,6 M$ de sa campagne Voir grand pour soigner.

Le directeur de la Fondation du Cégep, Joël Bouchard. Depuis sa création en 1994, la Fondation a remis 4,78 M$ à la communauté du collège par le biais de bourses de reconnaissance au mérite scolaire et de projets spéciaux.

Le maire de Saint-Jérôme Stéphane Maher, co-président d’honneur de la campagne avec le Dr Michel Massé, de Mont-Laurier, a souligné le rôle important du Cégep dans la consolidation du savoir et des ressources de santé dans la région.

La présidente de la Fondation du Cégep, Caroline Marchand, a rappelé qu’en plus de la formation des étudiants, le simulateur permettra aussi de parfaire la formation de tous les premiers répondants de la région. Elle s’est réjouie de voir l’appui de toute la région à un projet qui est un gage de soins de santé de qualité pour toute la communauté.
Le centre de simulation est situé dans le pavillon K du Cégep, inauguré en 2017.
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