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Saint-Hippolyte interdit les bouteilles d’eau et les sacs en plastique

Les bouteilles d’eau en plastique à remplissage unique de moins d’un litre ainsi que les sacs en plastique seront bannis d’ici l’été prochain à Saint-Hippolyte.

Le nouveau règlement sera officiel le 14 janvier.

Les sacs en plastique seront donc bannis dans trois mois. Quant aux bouteilles d’eau, l’interdiction entrera en vigueur le 5 juin 2020, soit la date de la journée mondiale de l’environnement décrétée par l’ONU.

Fait à noter dans le cas des bouteilles d’eau, il s’agit des bouteilles individuelles de moins d’un litre et non des contenants de plus grand volume.

Pour le maire Bruno Laroche, la décision est liée à la nature même de Saint-Hippolyte. « Une municipalité qui se distingue et se définit par ses richesses et ses beautés naturelles doit prêcher par l’exemple », dit-il.

L’initiative a été pilotée par un groupe de citoyens, regroupés au sein du comité citoyen de développement durable, présidé par le conseiller municipal Bruno Allard. Ce groupe compte 25 membres et sa raison d’être est de proposer des solutions à des problèmes environnementaux, sociaux et économiques dans la municipalité.

Le maire de Saint-Hippolyte Bruno Laroche ainsi que le conseiller Bruno Allard, responsable de l’environnement et des communications, en compagnie de membres du comité citoyen de développement durable France Beauregard, Julie Léonard et Danielle Desjardins.

Une mesure qui va déplaire à certains…

« On réalise que c’est un projet qui est ambitieux. On va faire face à des contestations évidemment. Mais le but c’est de mettre fin à l’emploi de contenants à usage unique sous toutes leurs formes. Il faut poser des gestes concrets », ajoute le maire Bruno Laroche.

« On s’attend à être contestés. En 2003 quand on a imposé les bacs bleus, les gens n’étaint pas très intéressés à laver leurs poubelles comme ils disaient, mais aujourd’hui n’essayez pas de leur enlever le bac bleu », conclut-il en disant que les gens comprennent la nécessité de protéger l’environnement.

Pour Bruno Laroche, une ville qui mise sur la beauté et la qualité de ses attraits naturels doit redoubler d’ardeur pour prendre soin de l’emvironnement.

C’est le début d’un geste, selon le maire Laroche, « qu’on a le devoir de poser ». Il ajoute que le conseil est conséquent avec le pacte qu’il a signé, puisque Saint-Hippolyte avait appuyé en 2018 la Déclaration d’urgence climatique du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Bruno Laroche affirme que son conseil est prêt à affronter les quelques insatisfaits qui seront en désaccord.

Il a cité en exemple Mirabel, où la ville vient d’interdire la distribution des Publisacs sauf à ceux qui en font la demande. « On n’a qu’à regarder du côté de Mirabel où Transcontinental s’objecte au règlement sur la distribution de porte-à-porte des circulaires et continue de distribuer son Publisac tout en contestant le règlement. Mirabel maintient le cap. Ils n’ont pas l’intention de changer quoi que ce soit. »

Un règlement adopté à Mirabel oblige les ditributeurs à laisser des sacs seulement là où les résidents le permettent. Jusqu’ici Transcontinental, la compagnie-mère du Publisac, ne respecte pas le règlement.

Pas de police verte

« On ne veut pas mettre une police verte, ajoute le conseiller Bruno Allard. Les gens sont parfois cyniques, mais ils sont aussi conscient de leurs gestes. Je pense que les gens vont reconnaître que notre démarche est crédible et qu’on va avoir l’appui des citoyens. »

Le conseiller Bruno Allard compte sur la bonne volonté des citoyens et l’évolution des mantalités pour l’application du règlement.

Le maire de Saint-Hippolyte et son conseil n’ont pas l’intention à court terme de réglementer les sacs de circulaires. « Chez nous le Publisac n’est pas de porte-à-porte. Ils sont laissés en dépôt seulement. De toute façon, le sac est appelé à disparaître. Mais j’appuie la Ville de Mirabel. Je pense que c’est un geste responsable qu’ils posent. »

Ailleurs dans la région

TopoLocal a demandé à Bruno Laroche, qui est aussi préfet de la MRC de la Rivière-du-Nord ( qui regroupe Saint-Jérôme, Sainte-Sophie, Saint-Colomban et Prévost ) s’il demandera aux autres maires d’imiter Saint-Hippolyte. Compte tenu que les citoyens de la MRC se déplacent pour des raisons scolaires, professionnelles, familiales, sociales et autres sans jamais réfléchir aux territoires, ne serait-il pas préférable que les mêmes règles s’appliquent partout, avons-nous demandé.

« C’est déjà fait!, répond-il. Il y a des gestes qui s’en viennent dans toutes les municipalités de la MRC. J’en ai discuté avec mes confrères et consoeurs et on s’en va tous dans le même sens. C’est juste que nous on va un petit peu plus vite, mais on est tous conscients qu’il faut agir. »

Les règles actuelles dans les autres municipalités

Sainte-Sophie interdira elle aussi les sacs à utilisation unique à compter du 1er janvier 2020. Les établissements dont l’activité principale consiste à vendre des marchandises au détail ne pourront plus remettre aux clients des sacs d’emplettes dits « jetables » ou « à usage unique » lors de leurs achats. Dans le cas de Sainte-Sophie, cette interdiction vise aussi les sacs en papier.

Sainte-Sophie, comme Saint-Colomban, Prévost et Saint-Jérôme, n’a pas encore de règlement sur les bouteilles d’eau.

Saint-Colomban: sacs en papier permis

À Saint-Colomban, depuis le premier novembre, les sacs d’emplettes à usage unique sont interdits dans les commerces du territoire de Saint-Colomban. Cette interdiction vise les sacs d’emplettes en plastique, les sacs oxobiodégradables ou photodégradables, ainsi que les sacs compostables, Saint-Colomban accepte toutefois l’utilisation de sacs en papier.

Saint-Colomban permet cependant des sacs pour les produits alimentaires en vrac (ex. fruits, viande, noix), les produits déjà emballés par un procédé industriel, les sacs de nettoyage à sec et les sacs contenant du matériel publicitaire.

Pas de sacs en plastique à Prévost dès janvier

À Prévost, les sacs d’emplettes minces sont interdits depuis novembre 2018, soit plus d’un an. Tous les sacs de plastique seront bannis à compter du 1er janvier 2020. Prévost accepte les sacs de papier et les sacs réutilisables.

Pour les citoyens, les alternatives sont claires peu importe l’état de la règlementation. On recommande d’utiliser des sacs réutilisables lors de tous les achats ainsi que des bouteilles d’eau réutilisables en tout temps. Ces deux mesures sont encore la meilleure façon de réduire son empreinte écologique.

Saint-Jérôme en mode rattrapage

Du côté de Saint-Jérôme, la plus importante ville de la région tarde à bouger. Ce fut d’ailleurs aussi le cas pour l’adoption du compostage. Saint-Jérôme vient tout juste de débuter la cueillette du conpost alors que les villes voisines ont des bacs bruns depuis plus longtemps.

À Saint-Jérôme il n’existe présentement aucun réglement quant aux bouteilles d’eau à usage unique ni aux sacs en plastique du même type.

En réponse à une question d’un citoyen en avril 2018, le maire Stéphane Maher avait même invoqué une étude disant que les sacs en plastique jetables étaient moins nocifs que les sacs réutilisables pour expliquer que Saint-Jérôme, contrairement à d’autres villes, n’allait pas interdire l’utilisation des sacs d’emplettes de plastique à usage unique sur son territoire. Le maire n’avait pas abordé l’uilisation de sacs réutilisables en tissu ni de sacs en papier.

Dans une déclaration lue à la séance du conseil du 19 novembre dernier, la conseillère Chantal Lambert a dressé les grandes lignes d’une nouvelles commission spéciale chargée d’adopter des mesures d’adaptation aux changements climatiques. Saint-Jérôme projette annoncer des mesures en juin 2020.

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