fbpx
Politique, Transport

Rue Lamontagne: Saint-Colomban veut gérer sa « porte d’entrée » sur l’autoroute 15

Des panneaux indiquent une interdiction de tourner à droite sur la rue Lamontagne à partir de Saint-Nicolas. L'inverse est aussi proscrit pour le trafic de transit dans ce secteur à caractère résidentiel.

Au nom de ses résidents et de l’avenir de sa ville, Saint-Colomban revendique un accès direct à l’autoroute 15 via la rue Lamontagne. Un accès que Saint-Jérôme tient à interdire.

Aux prises avec de nombreuses mesures de Saint-Jérôme pour limiter la circulation sur la rue Lamontagne, Saint-Colomban a demandé à la Commission municipale du Québec (CMQ) de lui confier la charge exclusive de la gestion de la signalisation et de la circulation à l’angle des rues Saint-Nicolas et Lamontagne.

Puisque les deux villes sont incapables d’en arriver à une entente, Saint-Colomban et Saint-Jérôme participaient, le lundi 18 novembre, aux audiences de la CMQ, qui doit rendre une décision dans les 90 jours après l’audience.

Pour Saint-Colomban, la rue Lamontagne est l’accès le plus direct et le plus naturel à l’autoroute 15, tandis que Saint-Jérôme tente de préserver un caractère de rue résidentielle.

Des « préjudices » pour Saint-Colomban

Saint-Colomban affirme que ses citoyens subissent un sérieux préjudice découlant du désir de Saint-Jérôme, la ville voisine, de limiter le nombre de véhicules empruntant la rue Lamontagne.

Depuis plusieurs années, les automobilistes empruntent naturellement cette rue pour accéder à l’autoroute 15 à partir de Saint-Colomban et de Mirabel-en-Haut. La rue Lamontagne a d’ailleurs été identifiée clairement comme une artère dans le plan directeur de circulation de Saint-Jérôme de 2005.

La rue Lamontagne s’élargit beaucoup à partir de le rue Saint-Nicolas, et comporte quatre voies et un terre-plein à l’intersection de la rue Roland-Godard. Elle se termine par des bretelles d’accès à l’autoroute 15.

Au croisement de la rue Roland-Godard, les quatre voies de la rue Lamontagne se réduisent à deux.

Dès 2016, les citoyens de la rue Lamontagne ont intensifié leurs plaintes auprès de la Ville de Saint-Jérôme. Depuis plus d’un an, Saint-Jérôme prend des mesures qui sont à faire pâlir d’envie plusieurs résidents de ses autres rues résidentielles: interdiction de virage, surveillance policière accrue, hausse du nombre de contraventions, mise en place de dos d’âne et de bosses de décélération.

Il en a résulté une sorte de guerre de la signalisation. Les indications changent souvent, au gré des décisions prises dans deux hôtels de ville différents. L’une et l’autre ville installent des affiches qui se contredisent et sèment la confusion chez les automobilistes.

Le maire Stéphane Maher est déjà allé jusqu’à évoquer la possibilité d’installer des barrières physiques à l’entrée de la rue Lamontagne pour en interdire l’accès aux véhicules provenant de Saint-Colomban et Mirabel.

Sur sa page Facebook, le maire de Saint-Colomban Xavier-Antoine Lalande a affirmé, après avoir exposé les arguments de son administration, qu’il était « convaincu que si nous avions pu collaborer sur la question, nous aurions trouvé des moyens afin de réduire l’impact de la circulation sur Lamontagne ».

Il reste cependant une réalité immuable: à partir du coin Saint-Nicolas/Lamontagne, l’entrée de l’autoroute 15 est deux fois plus loin en empruntant Saint-Nicolas qu’en passant par la rue Lamontagne. De plus, la circulation subie autrefois par les résidents de Lamontagne est maintenant subie par les propriétaires de la rue Saint-Nicolas, qui est nettement plus étroite.

Saint-Jérôme conteste la compétence de la commission municipale

Saint-Jérôme, quant à elle, doit composer avec deux faits. D’une part, la rue Lamontagne a été conçue pour avoir quatre voies et aboutir sur des bretelles d’accès à l’autoroute 15. D’autre part, elle a permis la construction de résidences unifamiliales sur cette même rue.

Aujourd’hui, les résidents de cette rue jadis tranquille se plaignent de la circulation qui passe à leur porte. En revanche, ils bénéficient d’une rue qui a facilement le double de la largeur de la majorité des rues résidentielles, la rue comporte même une piste cyclable en site propre, isolée du reste de la circulation. Il faut cependant noter que ce petit bout de piste cyclable isolé ne mène nulle part puisqu’il aboutit sur des rue très achalandées qui n’ont rien d’accueillant pour les cyclistes.

Saint-Jérôme plaide plutôt pour le maintien des limtes existantes et que chaque ville gère seule la circulation sur son territoire.

Sa position est de protéger son droit de règlementer la circulation sur tout son territoire, donc de forcer la circulation vers le tracé Saint-Nicolas/Roland-Godard. Saint-Jérôme allègue même que la Commission municipale n’a pas la compétence pour décider de cette question.

« Un seul choix », dit Saint-Jérôme

Même si la Commission municipale avait la compétence de prendre la décision, a affirmé le directeur général Yvan Patenaude, elle a un seul choix et c’est la solution de Saint-Jérôme. Une solution qui passe par la rue Saint-Nicolas.

« L’objectif c’est de faire transiter les gens qui arrivent de Saint-Colomban et Mirabel, rapidement vers l’autoroute », a affirmé Yvan Patenaude.

Les automobilistes de Mirabel et Saint-Colomban, qui depuis plusieurs années déjà avaient pris l’habitude de prendre la rue Lamontagne, ne seront probablement pas d’accord.

>

Send this to a friend