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Politique

Transports et santé à l’ordre du jour pour les libéraux des Laurentides… en plus de l’immigration et le choix d’un nouveau chef

La prochaine élection provinciale au Québec n’aura lieu qu’à l’automne de 2022, mais les libéraux des Laurentides sont déjà au travail.

Il faut dire que la région des Laurentides était déjà un terrain difficile pour le PLQ et qu’il le devient davantage dans un contexte où le parti a perdu plus de la moitié de sa députation il y a à peine un an.

Sans doute qu’ils seront très attentifs au résultat de l’élection partielle du 2 décembre dans Jean-Talon, qui sera un test intéressant, et que l’on ne tardera pas à suivre de près le choix du prochain chef.

Quelques-uns prenaient part à un colloque régional le 9 novembre à Piedmont en préparation du conseil général du parti, qui a eu lieu ensuite à Sherbrooke. TopoLocal vous raconte.

Transport et santé à l’avant-plan

Tous les partis reconnaissent que la région des Laurentides, dont la croissance ne ralentit pas, a d’énormes besoins en transport. Aucune des routes majeures ( les routes 13, 15, 19, 50 et 640 ainsi que la 117 ) n’échappe à la congestion, aux énormes besoins d’entretien et au rythme de la croissance. Les militants des Laurentides souhaitent que leur parti ait une stratégie qui intègre les routes et les autoroutes, mais aussi le transport en commun, la sécurité et la mobilité durable.

Les militants souhaiteraient aussi qu’un futur gouvernement revoie le calcul du financement des services de santé pour tenir compte des résidents temporaires de la région ainsi que du tourisme, et s’engage à l’implantation de super-cliniques sur tout le territoire. Ils ont aussi rappelé que les budgets de fonctionnement doivent suivre les investissements. La question du sous-financement est revenue en éducation, en santé, en culture, ainsi qu’en transport, en santé et dans le développement économique.

Les militants désirent également plus d’investissements publics, qu’ils jugent inférieurs au poids de la population des Laurentides ainsi qu’à son apport à l’économie du Québec.

Plusieurs ont rappelé que malgré la proximité avec Montréal, l’accès à internet haute vitesse fait encore défaut dans plusieurs endroits des Laurentides. Enfin, la lutte aux changements climatiques et la protection de l’environnement préoccupe plusieurs militants, qui ont proposé d’en faire un neuvième élément qui s’ajouterait aux 8 valeurs du Parti libéral du Québec.

Le président du Conseil régional des Laurentides du PLQ, Dominic Chartrand.

Cinq minutes, cinq militants

TopoLocal a voulu tâter le pouls de quelques têtes d’affiche libérales venues participer au colloque de samedi. Notre question a été fort simple: « Alors que vous allez à leur rencontre pour préparer à la fois une course au leadership mais aussi une relance du Parti libéral, de quoi vous parlent vos membres? »

Sans trop de surprise après une semaine marquée par le recul du ministre Simon Jolin-Barrette sur l’immigration, le sujet animait les conversations.

« Le PEQ (Programme de l’expérience québécoise pour étudiants), ont-ils répondu presqu’a l’unisson! » Une tentative de réforme, selon eux, où le gouvernement de la CAQ, a « complètement échappé le dossier ».

« Moi je suis dans un comté où il y a beaucoup d’immigration. À toutes les semaines on reçoit des appels, on reçoit des courriels, mais cette semaine ça a été un déluge! Et ce partout dans les régions du Québec, parce qu’il y a des cégeps et des universités partout au Québec », a dit Christine Saint-Pierre, députée de l’Acadie et ex-ministre dans les cabinets de Philippe Couillard et de Jean Charest.

Celle qui est aussi députée responsable de la région des Hautes-Laurentides est rapidement revenue sur la reconstruction en cours du Parti libéral. « Les militants qui viennent à nos rencontres et à nos colloques, ce sont des gens résilients. Ces militants y croient énormément et ce qu’ils veulent, c’est qu’on se solidifie bien comme il faut. Et qu’on arrive à la prochaine campagne électorale bien préparés. »

« Ils considèrent, et je pense qu’il fait faire ce constat-là, qu’on n’était pas bien préparés lors de la dernière campagne électorale et ils insistent énormément sur la préparation. C’est là-dessus qu’ils veulent qu’on travaille. Évidemment, on dit qu’un mandat de quatre ans c’est long, mais déjà il ne reste plus que trois ans et puis il faut agir. »

La présidente du PLQ Linda Caron a renchéri. « Il y a un consensus là-dessus dans toutes les régions du Québec: notre préparation n’était pas la meilleure. C’est ce qu’on est en train de faire. On a parlé de reconstruction au début, mais on est en renouvellement je vous dirais. On veut se réinventer, et ça prend du temps pour échanger avec nos membres, nos militants. Il faut aussi qu’on se simplifie comme parti – qu’on simplifie notre fonctionnement – pour être plus agile. »

« Troisième chose, si vous remarquez, on rajeunit beaucoup, ajoute Marwah Rizqy, députée de Saint-Laurent et responsable de la région des Basses-Laurentides. On voit des nouveaux visages. On a des jeunes militants, Yu Cai par exemple (le président de la commission politique du PLQ Yu Cai Tian ), c’est aussi un jeune qui est très impliqué. Ça nous rassure d’avoir des gens qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans les positions de la CAQ, ni dans Québec Solidaire, ni au PQ, mais qui voient en nous le parti de la rigueur intellectuelle, qui travaille ses dossiers, un parti d’idées, un parti qui existe depuis 152 ans. On est un parti qui est évolutif dans nos idées mais on est bien ancrés dans nos valeurs. »

« Et on voit à long terme, ajoute Christine Saint-Pierre, on a une longue histoire mais on veut se projeter dans l’avenir quant aux décisions qui sont prises pour demain ou qui ont été prises par le passé par le gouvernement libéral. »

Abordant les mesures d’austérité qui ont sans doute coûté beaucoup d’appuis au gouvernement Couillard, elle ajoute: « Ces décisions n’ont pas toujours été populaires, mais c’était, dans le long terme pour améliorer la vie des Québécois. On voit que le Québec profite aujourd’hui des fruits de cette rigueur, malheureusement pour nous c’est un autre gouvernement qui en profite, mais c’était la bonne décision à prendre. Même si c’était difficile. »

« Pour le long terme c’est important. Je pense que les gens le réalisent aussi. Les gens sont intelligents. Ils voient bien que c’est comme dans nos finances personnelles. À un moment donné, si on a un peu délaissé de s’en occuper, on se dit il faut que je me redresse. Oui, ça va faire mal mais il le faut. Après ça, on est capable de remonter la côte et de prendre des bonnes décisions. »

Christiane Saint-Pierre poursuit: « Remonter la côte, ça voulait dire arriver avec des finances publiques saines. On le voit encore cette semaine alors que les intérêts sur la dette ont diminué encore dans les dépenses publiques. Ça nous met encore plus d’argent dans les coffres des contribuables ce qui est important. »

« Quand on est arrivés en 2014, les agences de crédit téléphonaient au bureau du premier ministre pour nous avertir d’assainir les dépenses publiques sinon on risquait une décote. Ça voulait dire qu’on risquait qu’il y ait encore plus d’argent qui aille au service de la dette que dans les services de l’état. Il fallait vraiment réagir! »

« Gaspillage » pour les maternelles 4 ans

Marwah Rizqy: « C’est correct que d’autres aient les coffres pleins, mais encore faut-il ne pas gaspiller. Ce qu’on a vu avec les maternelles quatre ans c’est que les classes, qui devaient coûter environ 120 000$, coûtent un million de dollars et plus, parfois jusqu’à deux millions! C’est dix ou vingt fois plus cher. On se demande s’ils savent compter. On se demande vraiment si le premier ministre, qui est comptable, sait compter. On en doute un peu. »

Christiane Saint-Pierre est revenue sur le caractère « brouillon » du gouvernement de la CAQ. « Cette semaine, ils nous ont fait la démonstration qu’ils étaient brouillons, qu’ils étaient bulldozer. C’est vraiment ce qu’ils ont fait. Quand on regarde le recul qu’ils ont été obligés de faire hier, c’est parce qu’il y a des gens qui travaillent mal dans ce conseil des ministres-là. »

« Il ne faut pas oublier que leur projet de règlement était passé à travers les comités ministériels, le conseil des ministres! Qu’ils persistent avec une affaire aussi brouillonne, ça ne va pas bien! Alors nous on continue notre travail avec nos militants et des jeunes qui ont des idées neuves. »

Yu Cai Tian renchérit. « Les idées, ça va être important dans la construction de la prochaine plateforme électorale. La commission politique va placer les initiatives militantes au coeur de nos actions en vue de la préparation des prochaines élections. Dans ce cadre-là, nous allons aller partout au Québec, car il y a des idées partout, pour construire une plateforme solide, un programme qui est réaliste, pour répondre aux préoccupations des Québécois. »

Des belles histoires d’immigration

« On a aussi vu cette semaine qu’il y a au Québec des belles histoires d’immmigration, ajoute la présidente du PLQ Linda Caron. Il y a des gens qui ont émigré ici, qui ont voulu des enfants, qui ont fait leur vie ici. Je pense qu’ici ( désignant Marwah Rizqy et Yu Cai Tian ), on en a un bel exemple! Des gens qui veulent contribuer. Je pense que ça s’inscrit parfaitement dans la mentalité québécoise. Je pense que ça aussi il faut en être fier. Il ne faut pas toujours taper sur les immigrants. »

« Les premiers projets de loi qui ont été adoptés ça a été la loi sur la laïcité, où on tape sur les immigrants, ça a été ensuite la loi sur l’immigration où on a tapé sur les immigrants puis la loi sur le taxi qui a encore beaucoup frappé les immigrants. »

Marwah Rizqy a soutenu que François Legault a tenu des propos insultants. « Je suis professeure à l’Université de Sherbrooke et je suis présentement en congé sans solde. Quand j’entends le premier ministre dire que les universités courent après l’argent en courtisant les immigrants, il agresse le réseau de l’enseignement supérieur. Les universités sont un réseau d’institutions de savoir, de recherche et d’innovation. On peut être en désaccord mais ça ne donne pas le droit au premier ministre d’insulter son réseau universitaire, le réseau collégial, et toutes les chambres de commerce, qui ont vite réagi. »

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