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Police de Saint-Jérome: le maire Maher veut 10 M$… tout de suite!

À défaut d’une nouvelle loi qui tarde à venir, le maire de Saint-Jérôme Stéphane Maher veut que le gouvernement de François Legault verse immédiatement 10 M$ par an à la Ville pour « compenser le sous-financement des services de police et l’iniquité dont sont victimes les citoyens de Saint-Jérôme ».

Dans des municipalités semblables desservies par la Sûreté du Québec(SQ), les citoyens paient environ la moitié du coût des services de police, le reste étant pris en charge par Québec. Là où il y a une injustice, affirme Maher, c’est que les citoyens de Saint-Jérôme doivent en assumer la totalité.

Le budget annuel du Service de police de la Ville de Saint-Jérôme est d’environ 22 M$. La somme de 10 M$ en représente donc environ la moitié.

« Choqué » de la réponse du gouvernement

Alors que la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault vient de bonifier le soutien accordé aux villes qui profitent des services de la SQ, Maher s’est dit choqué de l’inaction du gouvernement.

Il a cependant ajouté que les demandes de la Ville ont reçu « un bel accueil » du côté du député de Saint-Jérôme Youri Chassin, « qui est un économiste et qui comprend le problème », a-t-il tenu à souligner.

Non seulement Saint-Jérôme souffre de l’iniquité du financement de la police par Québec, mais encore faut-il ajouter que son rôle de ville-centre va accentuer l’écart dans les années à venir.

C’est ce qui ressort d’une étude commandée par la Ville à la firme Raymond Chabot Grant Thornton, où on lit, notamment, que le coût de la police de Saint-Jérôme va bondir de 8% par année de 2020 à 2025.

Le poids d’une réforme sans suivi

Saint-Jérôme fait partie d’un petit groupe de seulement trois municipalités de taille moyenne qui avaient été contraintes de maintenir un service de police autonome lors de la réforme de la police de 2001, parce qu’elles avaient alors une population de plus de 50 000 personnes. Ainsi Saint-Jérôme, Saint-Jean-sur-Richelieu et Granby n’ont pas de soutien de Québec pour le financement des services policiers.

Des villes telle que Drummondville, Shawinigan et Saint-Hyacinthe, qui ont pourtant franchi le seuil des 50 000 âmes après 2001, profitent toujours d’un financement public puisqu’elles sont desservies par la SQ.

Depuis, aucun gouvernement du Québec n’a fait de mise à jour pour compenser les trois villes, dont la cause est maintenant orpheline.

Le poids d’une ville-centre

La police n’est pas le seul service qui fait dire à Saint-Jérôme que son rôle de capitale régionale est parfois un fardeau.

La ville compte 78 000 résidents, mais le niveau d’activité généré par ses commerces, ses bureaux gouvernementaux, ses services de santé, et ses institutions d’enseignement font que l’activité ressemble davantage à celle d’une ville de plus de 125 000 habitants. Le réseau routier et les services publics doivent suivre.

Stéphane Maher était accompagné du directeur du service de la sécurité publique Danny Paterson et du directeur général de la ville Yvan Patenaude. Ensemble, ils ont fait valoir que le Service de police de Saint-Jérôme n’est pas un service de luxe mais qu’il correspond aux besoins réels de la ville et de sa population. « On n’a pas une police chromée et on fait notre travail de gestion », a répété le maire Maher.

Puisque l’essentiel des taxes municipales porte sur la valeur des immeubles, les villes comptent habituellement sur leur croissance pour absorber les hausses de coûts des services aux citoyens. Dans le cas de Saint-Jérôme, la hausse peine à suivre les dépenses. La valeur totale des immeubles taxables sur son territoire augmente constamment depuis 2014, mais d’environ 3,8% par année.

La croissance importante des villes voisines de Prévost, Sainte-Sophie, Saint-Colomban, Saint-Hippolyte et même de certains secteurs de Mirabel vient amplifier la situation et contribue sans l’ombre d’un doute à la vigueur de la région, mais n’augmente pas l’assiette fiscale de Saint-Jérôme.

Une taxe police

Maher avait puisé lui-même 4 M$ de dollars dans les portefeuilles des contribuables en créant, à la fin de 2018, une «taxe police» qui lui avait valu bien des critiques.

Non seulement la taxe police de 2018 a-t-elle rapporté plus du double de l’augmentation réelle des coûts de police, mais elle avait frappé beaucoup plus durement les propriétés résidentielles que les commerces et industries. Ironiquement, plusieurs ont soutenu que la tarification de la taxe police créait des iniquités.

« On voulait passer le message l’année passée… Je pense que ça a bien passé », a expliqué le maire. Ce dernier a d’ailleurs assuré que la taxe police ne serait pas reconduite lors du prochain budget qui doit être déposé lors de la prochaine assemblée du conseil municipal, le 17 décembre.

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