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Lettre ouverte à mon Publisac

Mon cher sac,

J’ai vu ta note. Plus précisément, quelqu’un qui a vu ta note me l’a donnée. Ça fait net et précis: Publisac: 10 mythes et réalités. Cliquer ici pour les lire en numérique. J’ai compris.

Je suis bien content que tu aies le désir de distinguer les mythes des réalités. Mais je ne te crois pas.

Je ne sais pas combien ça prend de personnes, de consultants en communication, de responsables de marketing ou de gestionnaires pour s’enfermer dans une pièce assez longtemps pour en arriver à dire « aucun arbre n’est coupé pour produire des circulaires ». Mais tu y es arrivé. C’est de la grande comm! Permets-moi d’ajouter aussi que Bill Clinton n’avait jamais inhalé. Et que Trump ne connaît pas de Russes.

Tu me dis que tu contribues à réduire la pollution à la source parce que tu as un numéro 800 qui permet à 200 000 foyers de se soustraire à ton fourrage industriel de sacs en plastique. Je reconnais que c’est vrai, mais ce serait une goutte d’eau dans l’océan.

Mais j’ajoute que l’on réduirait beaucoup plus la pollution si tu distribuais tes sacs seulement à ceux qui le demandent. Comme les élus de Mirabel sont en train de te forcer à le faire.

Pas rentable

Oui je sais. C’est bien là que le bât blesse: ça coûterait trop cher. Ça ne serait pas rentable.

Puisque l’on jase de pas rentable, tu te souviens?

En 1996, General Motors lançait la EV-1, une auto électrique. Zéro émissions toxiques. Hélas, GM a abandonné la EV-1. Pas rentable.

Où en serions-nous aujourd’hui si, il y a un quart de siècle, le gouvernement avait forcé GM, le plus important fabricant mondial d’autos, à fabriquer une auto non rentable?

Peut-être même qu’il aurait fallu un jour débourser des fonds publics pour les sauver de la faillite…

Quelques réalités

Voici une réalité: si on veut communiquer un message à quelqu’un, il n’y a à peu près rien de plus lent, de plus polluant, de plus temporaire, de moins «à date» et de plus laborieux que de l’imprimer, de le mettre dans des sacs, et de le distribuer à toutes les portes en espérant qu’il soit cueilli et éventuellement vu ou aperçu dans un amas de papier.

Communiquer? Demande à n’importe quel ado de réunir 5-6 de ses amis dans une vingtaine de minutes. Il va te montrer comment ça marche…

Tu n’es pas responsable de cette évolution, Publisac. Dans l’ancienne réalité, tu as même honorablement gagné ta vie, tant que c’était une pratique raisonnable.

Tu as d’ailleurs compris que cette activité tire à sa fin car ton président prend bien soin de dire à ses actionnaires que tu fais un virage vers l’emballage pour assurer ton avenir.

Il n’y a rien de répréhensible, ni d’amoral, ni de mal à être une compagnie. Mais ton intérêt, Publisac, c’est de continuer à être une compagnie.

Alors cette soudaine conscience sociale, ce soudain souci de l’environnement, cette soudaine défense du droit à l’information?

Après 30 ans, ne trouves-tu pas qu’il est tard pour en discuter?

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