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La moitié des comptes de taxes augmentent à Saint-Jérôme pour 2020

La moitié des comptes de taxes résidentielles de Saint-Jérôme augmente en 2020. Les autres reviennent au niveau payé en 2018, avant l’ajout de la cotisation surnommée « taxe police » initiée par le maire Stéphane Maher en 2019 et qui n’est pas reconduite en 2020, qui présentait le mardi 17 décembre un septième budget pour la Ville de Saint-Jérôme.

Dans le budget de 148,2 M$, c’est 5,2 M$ de plus qu’en 2019 que Saint-Jérôme puisera chez la moitié des propriétaires d’habitations ainsi qu’auprès des industries et des commerces.

Des augmentations pour la moitié des maisons

On compte 25 082 unités d’habitation à Saint-Jérôme. 8151 d’entre elles ont une augmentation de la taxe jusqu’à 4%.

Il y a 3187 unités qui doivent composer avec une augmentation entre 4% et 10%. 482 autres sont entre 10% et 15% d’augmentation, alors que 625 habitations voient leur taxe municipale augmenter de plus de 15%.

Les hausses de taxes les plus importantes sont concentrées dans le secteur de Bellefeuille, dont l’évaluation foncière a augmenté pour 2020.

Une baisse comparable à la disparition de la taxe police

L’autre moitié des propriétaires de maisons verront leur compte total diminuer d’une moyenne de 88$. Une baisse qui correspond à peu près à la baisse provenant de la disparition de la « taxe police » de 95$ par unité de logement créée par l’administration Maher en 2019.

Industries et commerces mis à contribution

Outre les habitations, Saint-Jérôme compte aussi sur son territoire 105 immeubles industriels et 954 immeubles commerciaux qui subiront des hausses de taxes nettement plus élevées que la moyenne en 2020.

Dans les faits, 2 commerces sur 5 et la moitié des adresses industrielles verront leurs taxes municipales augmenter de 10% et plus en 2020.

Une évaluation foncière globale qui augmente de 6,4%

Pour 2020, l’entrée en vigueur d’un nouveau rôle d’évaluation rend caduques les comparaisons de taux de taxe avec ceux de 2019.

( Mentionnons quand même que le taux de base résidentiel combiné au taux de la dette générale passe de 82,1 cents du 100$ d’évaluation en 2019 à 84,80 cents en 2020, une hausse réelle du taux égale à 3%. Ces deux éléments représentent à peu près 75% du poids de la facture pour la majorité des contribuables. )

Le rôle d’évaluation, c’est-à-dire la valeur foncière totale des biens immobiliers sur le territoire de la ville, a augmenté de 6,4%.

Par ailleurs, la Ville de Saint-Jérôme a décidé d’appliquer dès 2020 la pleine valeur de ce nouveau rôle d’évaluation plutôt que de répartir la hausse sur 3 ans, comme ce fut le cas par le passé. Les contribuables qui subissent des hausse subiront donc tout son effet dès 2020.

Les dépenses augmentent de 5,6%

Saint-Jérôme prévoit dépenser 148,2 M$ de dollars en 2020 comparativement à 140,3 M$ en 2019. C’est une hausse de 8 millions de dollars, soit 5,6%.

Les principales augmentations de dépenses sont les suivantes: 3 M$ de hausse au service de la police, près de 1 M$ de hausse dans les dépenses liées à l’hygiène du milieu, 1,7 M$ de hausse au service de l’urbanisme et du développement et 750 000$ d’augmentation dans l’item transport.

Ces montants incluent notamment un montant supplémentaire de 720 000$ consacré à l’entretien et la réparation du réseau routier municipal, qui en a largement besoin, ainsi que 750 000$ consacrés à la création d’un bureau de développement économique destiné à promouvoir l’investissement à Saint-Jérôme.

Le gros de la hausse des revenus provient des taxes

La Ville de Saint-Jérôme prévoit évidemment une hausse des revenus égale à la hausse de ses dépenses, puisqu’elle est tenue par la loi de déposer un budget équilibré.

L’essentiel de la hausse proviendra directement des contribuables par le biais de taxes municipales, dont la taxe foncière qui doit rapporter 5,2M$ de plus qu’en 2019, ainsi que d’une hausse marquée des droits de mutation et permis que la Ville espère faire passer de 5,5 M$ à presque 7 M$ de dollars, pour un apport de 1,6 M$.

Le gouvernement du Québec, en vertu du nouveau pacte fiscal, défraie une partie de la hausse puisque les en-lieux de taxes payés par les édifices gouvernementaux augmentent de 592 000$, alors que les transferts augmentent de près de 900 000$.

La fin annoncée de la taxe police

Le budget 2020 confirme ainsi ce que Stéphane Maher avait annoncé il y a quelques semaines: la « taxe police » de 95$ par unité de logement et de 190$ par adresse commerciale, ne sera pas de retour.

Controversée, cette taxe avait enrichi les coffres de la Ville de 4M$ en 2019, alors que le budget de la police augmentait de 1,7 M$. Sous l’effet de cette taxe, le compte de taxes de la maison moyenne avait augmenté l’an dernier. Il était passé de 2 378$ à 2 521$, un bond de de 143$, ou 6%.

Le maire Maher avait tenté sans trop de succès de défendre l’idée que la vraie hausse de taxes était de 2%, ce qui n’incluait pas le montant de cette cotisation.

Les critiques de la « taxe police » dénonçaient justement le fait que le montant était trop élevé, et que la Ville aurait tout simplement dû augmenter la taxe foncière générale, là d’où provient plus de 90% de l’argent qui est consacré à la police. Les agissements de Stéphane Maher leur donnent raison.

La voirie et le déneigement

L’état des routes et la qualité du déneigement sont deux dossiers qui reviennent souvent dans les préoccupations des citoyens de Saint-Jérôme.

Outre le budget supplémentaire déjà mentionné pour le réseau routier municipal, Saint-Jérôme a revu sa politique de déneigement, qui avait connu d’importants ratés l’hiver dernier.

Non seulement l’hiver 2018-2019 a été exceptionnel, mais la Ville espérait aussi faire des économies en réduisant le déneigement des trottoirs. On renverse la vapeur cette année: pour l’hiver 2019-2020, plus de 7 kilomètres de trottoirs ont été ajoutés à la liste de déneigement.

Nathalie Lasalle demande la démission de Maher

Les membres du parti de Stéphane Maher ainsi que le conseiller indépendant Benoit Beaulieu ont voté en faveur du budget, qui a été adopté à 9 voix contre 2.

Les conseillères indépendantes Nathalie Lasalle et Johanne Dicaire se sont objectées, Mme Lasalle allant jusqu’à demander la démission du maire.

Elle a ajouté que selon elle, le maire et son équipe ont tout fait pour estomper l’erreur du budget de 2019, un budget qui, selon elle, « n’aurait jamais dû être présenté, tellement il créait des inégalités. Aujourd’hui, le budget déposé devient un exercice comptable de haute voltige », a-t-elle ajouté.

Mardi soir, elle a fait la déclaration suivante: « Monsieur le maire, je constate que vous semblez vouloir réparer votre erreur de l’an dernier avec votre taxe inéquitable de 95$ par porte. »

« Cependant, je suis très déçue de voir que cette taxe, qui se devait d’être temporaire, est camouflée cette année, puisque le 95$ que vous donnez de la main gauche, vous le reprenez de la main droite. Vous augmentez la taxe générale de 0,60 cents du 100 dollars d’évaluation à 0,63 cents. De plus, un nouveau rôle d’évaluation entrera en vigueur dès le premier janvier et il s’appliquera à 100% dès la première année, plutôt que d’être échelonné sur trois ans. L’an dernier, nous avons eu une hausse moyenne de taxes de 6% et non pas 2% comme vous avez tenté de nous le faire croire. »

« Pour votre manque de clarté et de transparence, je vais aussi voter contre cette année. Je ne peux plus vous faire confiance. Non monsieur le maire, ce n’est pas un budget que vous devriez déposer aujourd’hui, mais votre démission, pour les raisons que nous connaissons tous! »

Pour sa part, la conseillère Johanne Dicaire a tenu à dire qu’elle partageait le point de vue de Mme Lasalle et a ajouté que malgré sa reconnaissance profonde du travail de tous les fonctionnaires, elle votait contre « parce que je n’ai pas confiance en vous, M. Maher! »

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