fbpx
Affaires, Histoire, Lieux

Un million, ce n'est pas trop cher payé pour une cathédrale éclairée…

Je ne crois pas que ce soit gaspillé d’illuminer la cathédrale de Saint-Jérôme. Oui, je sais. Ça coûte un million de dollars. Je sais que plusieurs citoyens de Saint-Jérôme vont dire que c’est du gaspillage.

Mais permettez-moi d’expliquer mon désaccord. Je ne crois pas que cet argent soit le moindrement gaspillé. Pas un sou.

Je sais qu’il faut du pavage et du déneigement. Mais je dis surtout qu’il faut aussi savoir rêver.

Affirmer qui nous sommes

La cathédrale est un monument digne d’Antoine Labelle et de tous ceux qui ont suivi dans son sillage pour enraciner des gens ici, et faire naître une ville.

C’est un rappel important de nos origines, et une affirmation essentielle de qui nous sommes. Car le coeur de Saint-Jérôme est non seulement un trésor patrimonial, mais aussi un atout incroyable pour l’avenir.

Saint-Jérôme a la chance d’être encore une vraie ville. Un chef-lieu, avec des institutions et des activités qui rassemblent des gens.

Oui, je sais, je les vois comme vous, les locaux vacants. Mais je préfère regarder ceux où il y a de la vie. Et il s’en trouve encore amplement.

Par notre faute

Par ignorance, par omission, ou par manque d’imagination, ceux qui ont dirigé Saint-Jérôme depuis les années 1980 ont laissé l’activité commerciale se masser le long de l’autoroute 15.

Je vous entends dire… « Oui, mais ce sont les forces du marché, on n’est pas la seule ville à subir ce genre de développement! ». Je vous dis ceci: le marché a la force qu’on lui laisse. Si nous avions été dirigés par des véritables gens de vision, nous aurions pu être la seule ville à ne pas le subir.

Vous savez ce beau slogan, sous le lion? Par notre volonté, que ça dit. Il aurait fallu faire plus que le dire.

Le résultat? Ce que Saint-Jérôme offre sur la 15 aux passants aujourd’hui a l’allure d’un autre boulevard Taschereau, avec des relents de Dix30™. Des tours de néons hideux et des édifices d’une platitude commerciale qui seront bons à démolir dès qu’ils seront amortis.

De la 158 jusqu’au secteur Bellefeuille, nos dirigeants ont laissé installer un désert de centres commerciaux. Des big box, des power centers, des outlets. Tous des bâtiments sans âme qui avalent des milliers de clients tous les jours et les recrachent tous les soirs à la fermeture.

La Place des festivités, devant l’hôtel de ville de Saint-Jérôme et la cathédrale à l’arrière-plan.

Le centre-ville est toujours là

Malgré cette situation, le centre-ville est toujours là.

Je ne suis pas naïf. Il y a encore beaucoup à faire pour lui donner un coeur plus vigoureux. Mais la stratégie faisant du centre-ville un pôle plus vivant, et vivable, est la bonne. Un des rares mérites de l’administration Maher est d’au moins avoir reconnu cela.

Tant mieux, donc, pour la cathédrale, les futurs jardins urbains, les investissements du Cégep et de l’UQO, le Théâtre Gilles-Vigneault et tout le reste.

Il restera ensuite à peupler le centre-ville. De futurs leaders municipaux, qu’il faudra souhaiter plus rassembleurs, plus authentiques, plus sincères, pourront sans doute miser sur les aménagements des récentes années et créer autour du squelette une véritable ville à dimension humaine.

La cathédrale, notre cathédrale, elle, brillera longtemps au coeur de notre ville.

Je suis le premier à déplorer bon nombre des agissements du maire de Saint-Jérôme. Mais celle-là, je lui accorde à lui. À lui seul évidemment, sa bande d’apôtres anonymes baignent comme d’habitude dans le mutisme.

Il faut reconnaître que ce bref moment de lumière appartient à Stéphane Maher. C’est peut-être son dernier.

>

Send this to a friend