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Une coalition estime que le dépotoir de Sainte-Sophie ne devrait plus accueillir les déchets de l'extérieur de la région

Un groupe de citoyens de la région de Saint-Jérôme s’oppose à l’agrandissement du dépotoir, qu’on appelle aussi un lieu d’enfouissement technique(LET), de Sainte-Sophie.

Ils estiment que si le ministre de l’Environnement du Québec Benoit Charette accepte le projet de la multinationale Waste Management, la MRC de La Rivière-du-Nord risque de devenir « l’une des plus importantes poubelles en Amérique du Nord ».

Quelques citoyens ont donc créé la Coalition alerte à l’enfouissement Rivière-du-Nord. L’objectif est de réduire et éventuellement d’éliminer l’enfouissement de déchets.

Le groupe s’est donné comme mission de stopper l’agrandissement du dépotoir et de convaincre la MRC, l’autorité qui regroupe les maires de Saint-Jérôme, Sainte-Sophie, Saint-Colomban, Prévost et Saint-Hippolyte, d’exercer son droit de limiter ou d’interdire les déchets provenant de l’extérieur de son territoire.

Shany Perron et Normand Beaudet, de la Coalition alerte à l’enfouissement Rivière-du-Nord.

Normand Beaudet, porte-parole du groupe, a rencontré les maires de la MRC: « Nous leur avons demandé de tenir une consultation publique sur le sujet. La date de la consultation n’est toutefois pas encore connue. »

Le préfet de la MRC Bruno Laroche a confirmé à TopoLocal que la MRC consultera les citoyens, mais pas de façon spécifique sur le dépotoir de Sainte-Sophie. « J’ai plutôt indiqué que nous tiendrons des consultations dans chaque ville sur le Plan de gestion des matières résiduelles », a dit M. Larcohe.

Les dates de cette consultation pour le nouveau plan ne sont pas finalisées, selon M. Laroche. Le plan présentement en vigueur, pour 2016-2020, peut être téléchargé ici.

Le BAPE à Saint-Jérôme les 14 et 15 janvier

La coalition souhaite que les citoyens s’informent sur le projet et se rendent aux rencontres d’information du Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE)

La première partie des audiences publiques, que le BAPE qualifie d’étape « d’information », débute le 14 janvier à 19 h et se poursuivra le 15 janvier à 13 h 30 et 19 h, au 685 rue Laviolette (Salle Laviolette) à Saint-Jérôme.

La deuxième partie, consacrée à entendre les opinions et les mémoires, débute le 11 février à 19 h.

Les personnes désireuses de joindre les rangs de la Coalition peuvent composer le 450-569-6992 ou écrire à [email protected].

Le dépotoir situé à Sainte-Sophie cumule des déchets de toute nature depuis 1964. Selon la coalition, le projet en ferait l’un des plus importants du Canada et des États-Unis réunis.

La coalition rappelle que la demande de Waste Management porte sur 51 hectares d’agrandissement entre 2022 et 2040, qui accueilleraient 18 millions de tonnes supplémentaires de déchets.

La poubelle de « 20% du Québec »

Pour la coalition, ce n’est pas tellement une question de « pas dans ma cour » que d’affirmer que dans la région, « on a assez donné », dit Normand Beaudet.

« Depuis 20 ans, notre dépotoir accueille, bon an mal an, 20% des déchets de tout le Québec. Je crois que nous avons fait plus que notre part », rappelle-t-il.

« Les 51 hectares d’agrandissement, ce sont présentement des boisés et des milieux humides. C’est une surface égale à environ 75 terrains de soccer qui va disparaître. On veut y enfouir 18 millions de tonnes de déchets, qui s’ajouteraient aux quelques dizaines de millions de tonnes de déchets accumulés depuis 1964. »

« Nous sommes très préoccupés par la contamination des nappes souterraines par le lixiviat (jus de poubelle). Même si on affirme que ces liquides sont retenus par des membranes qu’on dit étanches, voulons-nous vraiment vivre avec une gigantesque piscine de cette soupe corrosive collée sur la nappe phréatique de notre région? Je crois que nous avons des raisons d’être préoccupés. »

« 400 camions par jour »

M. Beaudet rappelle que le transport des déchets ne fait qu’ajouter à la pollution. « Nous pensons aussi aux gaz à effets de serre émis par les quelque 400 camions qui, chaque jour, vont et reviennent de ce lieu d’enfouissement. »

La majorité des camions lourds qui se dirigent vers le dépotoir de Sainte-Sophie empruntent la route 158. Plus de 90% des déchets qui y sont enfouis proviennent de l’extérieur de la MRC de La Rivière-du-Nord.

« Alors qu’on demande aux citoyens de notre région de réduire leur production de déchets, ce projet va permettre qu’on en importe encore davantage provenant d’ailleurs. C’est un non-sens! »

« Une infime partie seulement des déchets enfouis annuellement à ce mégasite proviennent de la MRC Rivière-du-Nord. En tant que citoyens, on a le devoir de s’en occuper, pour les générations futures », a-t-il conclu.

« Il faut être réaliste », dit Louise Gallant

Pour la mairesse de Sainte-Sophie, la présence du dépotoir est un compromis acceptable. « C’est sûr qu’on voudrait tous être à zéro déchets, mais je pense que si personne ne veut de dépotoir dans sa cour, on n’est pas plus avancés. D’ailleurs, je me demande bien si ces gens-là, ceux qui revendiquent, sont à zéro déchets chez eux! »

« Je suis satisfaite du travail fait par la compagnie Waste Management pour atténuer les impacts de leurs opérations, les inspecteurs de l’Environnement les encadrent et à chaque fois qu’il y a eu dans le passé les moindres inquiétudes on les a adressées », ajoute-t-elle.

La mairesse de Sainte-Sophie est satisfaite de la gestion du lieu d’enfouissement de Sainte-Sophie par Waste Management.

« Idéalement, chaque MRC, chaque ville même, devrait enfouir ses déchets sur son propre territoire, mais hélas on n’est pas là. »

« Ça ne nous empêche pas de multiplier les efforts pour que chaque citoyen réduise sa production de déchets et de nous assurer que le site ait une vie après. Ce qui est enfoui sur ce site, c’est fait selon les normes et je pense qu’il faut voir le potentiel de ce qu’on fera sur ces terres après la fin des opérations d’enfouissement. On peut imaginer plein de beaux projets: des installations sportives, de plein air, etc.»

« Les gens devraient venir plus nombreux aux portes ouvertes que la compagnie organise chaque année. Ils verraient à quel point le site est géré sérieusement », dit Mme Gallant.

Une tranche de 4% du budget municipal

Il faut ajouter aussi que la redevance payée à Sainte-Sophie par la compagnie Waste Management est de l’ordre de 1$ par tonne enfouie, ce qui représente 800 000$ par an, selon Mme Gallant. Sans la présence du dépotoir et de cette redevance, les contribuables de Sainte-Sophie subiraient une hausse de taxes de 4%.

Une décision qui « revient à Sainte-Sophie »

Pour le préfet de la MRC Bruno Laroche, la décision revient aux citoyens de Sainte-Sophie. « C’est une question d’acceptabilité sociale. Waste Management est une entreprise qui me semble authentiquement désireuse de rencontrer toutes les normes environnementales et ce que j’entends c’est que les citoyens de Sainte-Sophie sont, de façon générale, satisfaits de son comportement. »

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