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Éducation, Personnes, Politique

« Ça sert à quoi un lieutenant-gouverneur? »

Certains jugeront peut-être la question un peu irrévérencieuse, mais le lieutenant gouverneur du Québec J. Michel Doyon s’est fait un plaisir de répondre et d’éclairer les élèves de l’École secondaire des Hauts-sommets, à qui il rendait visite le 23 janvier.

C’est l’enseignant Christian Déry qui a fait les démarches afin de permettre aux élèves de rencontrer le lieutenant-gouverneur.

Une fonction symbolique, mais très officielle

Ainsi ils ont appris que le lieutenant-gouverneur du Québec exerce une fonction essentiellement symbolique. Mais ils en ont aussi appris davantage sur le fonctionnement de la monarchie constitutionnelle qui demeure le régime politique en vigueur au Canada.

Dans les faits, le lieutenant-gouverneur du Québec est officiellement le représentant de la reine au Québec. Il fait partie du Parlement du Québec, et toutes les lois votées par l’Assemblée nationale doivent obligatoirement recevoir sa sanction avant d’entrer en vigueur.

J. Michel Doyon, lieutenant-gouverneur du Québec.

Malgré ses pouvoirs officiels, sur le plan pratique, le lieutenant-gouverneur ne refuserait jamais, affirme J. Michel Doyon, de sanctionner une loi adoptée par l’Assemblée nationale puisque ces lois sont votées par des élus du peuple.

Il représente néanmoins la continuité du pouvoir puisqu’en cas de démission d’un premier ministre ou de défaite d’un gouvernement en chambre, c’est le lieutenant-gouverneur qui a la responsabilité de réunir les chefs des partis politiques afin de voir si un parti peut former un gouvernement qui aura la confiance de l’assemblée. Si c’est impossible, la tradition constitutionnelle veut que le lieutenant-gouverneur déclenche des élections.

Évidemment, quand les gouvernements sont majoritaires, ces aspects de ses responsabilités sont vite oubliés.

Une occasion de découvrir la constitution

Son propos aura à tout le moins permis aux élèves de réfléchir sur la relativité et les mécanismes du pouvoir politique dans une démocratie et sur les réalités des régimes dictatoriaux.

Il a aussi rappelé le rôle des tribunaux qui, ultimement, ont aussi le devoir de juger de la constitutionnalité des lois. D’où la prépondérance des droits fondamentaux sur les lois des gouvernements.

Sur le ton d’une conversation cordiale et sympathique, ponctuée d’exemples, son discours a déclenché auprès des étudiants plusieurs questions.

Avec patience et affabilité, le lieutenant-gouverneur a répondu à toutes les interrogations. Il a même raconté avec beaucoup de candeur quelques-unes des circonstances entourant sa nomination. ( Notamment le fait qu’il a appris sa nomination à la suite d’un appel téléphonique reçu sur un terrain de golf…)

Le lieutenant-gouverneur avec l’enseignant Christian Déry, de l’École secondaire des Hauts-sommets à Saint-Jérôme.

Une fonction qui risque de perdurer

La fonction de lieutenant-gouverneur demeure contestée au Québec, où bien des citoyens y voient un vestige devenu inutile de la monarchie.

Cette vision est bien différente dans la plupart des autres provinces canadiennes. M. Doyon fait d’ailleurs remarquer qu’une réforme visant à changer cette institution exigerait l’unanimité de toutes les provinces canadiennes, un phénomène rarissime.

Au Québec, cette opposition était devenue nettement plus vive à l’époque où Lise Thibault, qui occupa la fonction de 1997 à 2007, avait fait scandale à la suite de dépenses jugées extravagantes. Mme Thibault, dont le titre d’Honorable lui a été décerné à vie, a plaidé coupable en 2014 à des accusations de fraude et d’abus de confiance. Elle avait été condamnée à 18 mois de prison ainsi qu’à rembourser 300 000$ aux gouvernements du Québec et du Canada.

Pour ses successeurs, la vie est plus calme.

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