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Histoire, Politique, Réflexions, Santé, Soupers confinés

Souper ensemble – jour 1, 17 mars 2020

Je vous invite. On va faire ici comme si on soupait ensemble, vous et moi, chers lecteurs. Vous vous occupez de votre repas, de la table et des chaises. Pour ma part, je ferai la conversation.

Évidemment, par la force des choses, vous ne lirez ici que mon propos, mais vous pouvez commenter.

Vos idées sont les bienvenues dans la mesure où elles contribuent à la conversation. Pour cela il faut être cohérent, utiliser un français correct, et être respectueux. Sur TopoLocal, nous faisons la modération des commentaires. Si vous voulez écrire n’importe quoi, je vous invite à utiliser les médias sociaux.

J’ai donc quelques réflexions à partager avec vous en ces jours d’intériorité. Nous allons tenter de «souper ensemble» comme le dit le titre, du lundi au vendredi. Voici le repas du jour. 

La pandémie qui sévit nous offre une rare opportunité d’observer l’humain à son pire et à son meilleur. 

Et je suis rassuré.

Bien sûr, les épais seront toujours des épais, qu’ils soient assis sur la chaise du boss à la Maison-Blanche ou en file pour acheter du papier de toilette au Costco. 

Mais je vous ai dit que je suis rassuré

Rassuré parce que je regarde autour de moi et je constate que beaucoup de gens se comportent avec calme et compréhension.

Cela se comprend car nous sommes chanceux. Nous avons à manger. Nous avons des logements. Nous avons des droits et des lois qui font un assez large consensus pour que l’on puisse veiller sur nos familles, amis, et concitoyens.

Bon, d’accord, il n’y aura peut-être pas de coupe Stanley. Pas de hockey mineur. Certainement une année scolaire écourtée. Ce sont des inconvénients, je suis d’accord. Il y en aura d’autres inconvénients, des plus sérieux. Mais on va y voir.

Pour l’instant, il faut retenir à quel point les choses basculent. Quelle importance, les maternelles 4 ans, quand les écoles sont fermées? Qui écoute, ces jours-ci, l’état de la circulation à la radio?

L’isolement que nous nous imposons est justement une occasion unique de revoir notre définition de ce qui est essentiel.

Ce que je vois d’essentiel en ce moment, c’est la solidarité. Cette réalisation que nous sommes tous ensemble dans une même situation.

Voilà des années que l’on constate à quel point notre planète rappetisse. La mondialisation, la protection de l’environnement, des outils de communication instantanés et omniprésents, voilà autant de choses qui ont modelé nos vies ainsi que le discours public.

Une crise mondiale dont je me souviens

Je n’avais que 8 ans quand c’est arrivé, mais je me souviens des conversations inquiètes de mes parents et des bulletins de nouvelles quand est survenue la crise des missiles cubains, en octobre 1962. Dans les années qui ont suivi, la jeune éponge d’apprentissage que j’étais a appris à quel point l’humanité entière y jouait son destin.

L’humanité avait alors évité une destruction massive grâce à un dialogue franc entre deux pays qui avaient enfin convenu de se dire la vérité.

Quelques mois plus tard, le 10 juin 1963, le président John F. Kennedy avait la réflexion suivante ( la traduction est de moi ): « Sans négliger ce qui nous sépare, examinons de près les intérêts communs qui nous unissent et les moyens de résoudre nos divergences. Et si nous ne pouvons pas mettre fin dès maintenant à nos différends, au moins faisons un monde qui protège la diversité. Car en dernière analyse, ce qui nous rassemble c’est que nous habitons tous cette petite planète. Nous respirons tous le même air. Nous tenons tous à l’avenir de nos enfants. Et nous sommes tous mortels. »

C’était, mes amis, une époque où nos voisins du Sud avaient un président digne de son titre. Ses mots sont encore, à mon avis, l’une des plus belles invitations à la solidarité du dernier siècle. Le fait qu’on puisse les lire aujourd’hui est d’ailleurs un argument important pour le maintien de la presse écrite. ( Notez bien que je dis toujours écrite et non imprimée. )

Le leadership

Mais je reviens à ce qui me rassure. La solidarité. Pour qu’elle existe, il faut un discours rassembleur, c’est là qu’il faut parler de leadership.

Permettez-moi de souligner à quel point notre premier ministre s’est levé depuis quelques jours et s’avère capable du leadership devenu essentiel.

Le 15 avril 2018, François Legault présente son candidat Youri Chassin à Saint-Jérôme. Il n’avait pas confirmé à TopoLocal que la CAQ a invité puis rejeté Stéphane Maher à être candidat. Depuis quelques jours, ses propos sont plus transparents.

Gardons-nous une petite gêne. Je suis déjà tanné de voir les caquistes fanfaronner comme si nous devions tous comprendre que l’ensemble des gestes de la CAQ sont soudainement la voie de la vérité. On reviendra sur les désastres de la laïcité, la réforme scolaire, l’environnement et la bêtise du troisième lien.

Comme je l’ai dit, ce n’est pas là, pour l’instant, l’essentiel.

Notre premier ministre, comme tous les autres hommes politiques qui posent des gestes de grandeur, est à son meilleur quand il demande aux citoyens de s’élever au-dessus de l’ordinaire. Il y est arrivé de façon assez simple. Il s’est lui-même élevé au-dessus de cet ordinaire avec une transparence, une franchise et un réalisme remarquables. Il n’a consulté ni sa page Facebook ni les sondages, mais s’en est remis à des experts.

Et on a un plan. Il n’est pas parfait. Il sera ajusté tous les jours. Et ça va aller mal avant d’aller mieux. Mais on a un plan. Et on agit ensemble.

Qui sait si, nous et monsieur Legault, on ne pourra pas en tirer des leçons et prendre des habitudes.

En faisant la vaisselle

Conseil municipal de Saint-Jérôme

Au moment de publier ces lignes, la Ville de Saint-Jérôme a décidé, à la suite de l’assentiment du ministère des Affaires municipales, de tenir l’assemblée du conseil municipal du 17 mars à huis clos. C’est malheureux puisque, contrairement à toutes les autres municipalités environnantes, Saint-Jérôme ne diffuse pas ses assemblées par internet.

TopoLocal a demandé que Saint-Jérôme imite certains tribunaux en permettant aux journalistes d’assister, ou, alternativement, que nous puissions placer des appareils d’enregistrement dans la salle.

Nous vous tiendrons au courant.

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