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Réflexions, Santé, Soupers confinés

En quarantaine, la marche et les médias – souper ensemble – jour 2, 18 mars 2020


Je vous invite, comme hier. On va faire ici comme si on soupait ensemble, vous et moi, chers lecteurs. Vous vous occupez de votre repas, de la table et des chaises. Pour ma part, je ferai la conversation. Par la force des choses, vous ne lirez ici que mon propos. 

Si vous voulez y contribuer, TopoLocal invite toujours ses lecteurs à commenter. Vos idées sont les bienvenues dans la mesure où elles contribuent à la conversation. Pour cela il faut être cohérent, utiliser un français correct, et être respectueux. Sur TopoLocal, nous faisons la modération des commentaires…

Je continue donc de partager avec vous mes réflexions de jours d’intériorité. Je vous propose de «souper ensemble» comme le dit le titre, du lundi au vendredi. Voici le repas de ce jour: 

Je suis sorti faire quelques courses aujourd’hui. Un saut rapide chez mes amis de Photo CDM pour un accessoire, une photo de la caisse pop pour un autre texte, et enfin un plein d’essence, à 94,9 cents le litre. J’ai aussi marché un peu avec ma caméra au cou. C’est une vieille habitude.

Je reviens donc à la marche d’aujourd’hui. Il a fait beau. Même si on approche de la date officielle, ce n’est pas encore le printemps, mais le soleil et la neige fondante étaient au rendez-vous. Il faut probablement être né au Québec pour sentir le printemps à 2 degrés Celsius, mais j’assume. Il y avait très peu de voitures dans les rues. Assez pour qu’on remarque les piétons, plus nombreux que d’habitude.

J’ai eu l’impression que pour beaucoup de gens, avec autant de travail, d’activités et d’occupations annulées, la marche était le choix du jour pour s’aérer les poumons… Sans rien toucher, évidemment. Ces jours-ci, prendre une marche est une activité très appréciée, une sorte de contact avec la normalité. 

Nous commençons tous, d’ailleurs, à manquer de contact. Comme espèce, l’humain est une créature sociale. 

Vous voulez une liste de moments chers? Un café entre amis, même un café seul entouré de passants familiers ou de connaissances. La rencontre d’une ligue de quilles, d’une association, d’un organisme de bienfaisance. La rencontre d’une bande d’amis de volleyball ou de hockey cosom. Un meeting de club de photo, un cours de macramé. Demandez aux habitués du Quartier 50+, ainsi qu’à tous ceux qui prennent leur petit café un peu partout.

Il va falloir s’y faire. Nous sommes plus ou moins officiellement entrés en quarantaine le vendredi 13 mars dernier. Ça fait à peine 5 jours! Nous commençons tous à réaliser à quel point c’est long, deux semaines. Long comme regarder sécher la peinture entre deux couches.

Cinq-jours-bientôt-deux-semaines sans saluer les gens avec qui on prend le train tous les jours, sans causer de tout et de rien avec le personnel des restaurants, le chauffeur d’autobus, les amis du travail, sans les copains d’école, sans les autres parents d’élèves, sans la gardienne, le coiffeur, les retraités du café du coin.

Le temps d’une marche, on comprend vite qu’on aime cette ville. Assez pour s’y promener, voir ses rues vides, ses bâtiments familiers, ses lieux déserts. Reconnaître comme un objet personnel chaque banc de parc, chaque balai qui traîne appuyé sur une porte, chaque adresse que l’on connaît, et réaliser que pourtant, tout est là… Mais il manque quelque chose.

Serait-ce qu’on s’aime?

Éviter le gavage

Comme vous, je suis les informations. Sur le web, pour l’information écrite, et à la télévision. On s’en est déjà parlé, je ne lis plus de journaux imprimés. Tout simplement parce que tout ce qu’ils ont à dire est disponible plus facilement sur un écran.

Je préfère quand même l’information écrite, parce que le showmanship de certaines émissions de nouvelles me répugne. Sans compter les innombrables commentateurs et analystes qui deviennent plus importants que leurs nouvelles. On s’en reparlera.

Je préfère aussi l’information écrite parce que je contrôle le temps, donc l’importance, que j’y consacre.

Comme beaucoup d’entre vous sans doute, je pense qu’il est important de me tenir informé de la situation qui nous entoure. Hélas l’information en continu, bien commode pour sa rapidité, est aussi un produit qui a besoin d’épater et d’impressionner. Toujours plus que le canal voisin. Il y a donc un vrai risque de gavage d’information.

À notre modeste façon, ici sur TopoLocal, nous allons maintenir le ton. On s’efforce de vous transmettre l’information dont vous avez besoin, sans chercher à vous épater, et surtout, au-dessus de tout, en vous disant la vérité.

Et puisqu’on cause médias et information, je vous propose une formule: trouvez quelques sources que vous jugez vraiment utiles et, à moins de changements brusques, n’y consacrez pas plus de 60 minutes par jour, ça suffira amplement. Ne comptez pas les réseaux sociaux dans ce 60 minutes: Facebook, Instagram et les autres, ça va plutôt dans la colonne du divertissement.

Je ne vous donne pas de conseils, mais je vous offre une idée. Avec l’omniprésence des réseaux sociaux et le temps dont on dispose ces jours-ci pour y naviguer, tout le monde est un peu journaliste. Je vous offre ces mots de Boileau qui valent pour les débutants autant que les vieux pros. « Avant donc que d’écrire, apprenez à penser. »

Méfiez-vous de ce «qu’un médecin anonyme a écrit», de «ce qui est vraiment arrivé à quelqu’un que quelqu’un connaît», du «secret que seuls quelques-uns connaissent».

Voici trois réalités hautement probables:

  1. Nostradamus ne voyait pas l’avenir.
  2. Il n’y a pas de bon Dieu.
  3. Il n’y a pas de brevets pour le virus.

Plus une information vous semble invraisemblable, moins elle a de chances d’être vraie. Plus elle confirme vos préjugés, plus il y de chances que quelqu’un, quelque part, qui a intérêt à renforcer vos préjugés, a payé pour que vous la receviez.

Bon, je m’emporte. Je ne veux pas être sarcastique, ni condescendant, mais simplement vous rappeler à quel point on peut tous faire notre part pour ne pas transmettre des niaiseries.

Je vous l’ai dit dans la première partie de mon texte. J’ai confiance. On s’aime.

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