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Réflexions, Santé, Soupers confinés, Sports

Après le COVID-19, retour à la «normale» – souper ensemble – jour 3, 19 mars 2020

Je vous invite à souper avec moi virtuellement. On va faire ici comme si on soupait ensemble, vous et moi, chers lecteurs. Vous vous occupez de votre repas, de la table et des chaises. Pour ma part, je ferai la conversation.

Vous avez votre mot à dire, évidemment. TopoLocal invite toujours ses usagers à commenter. Vos idées sont les bienvenues dans la mesure où elles contribuent à la conversation. Pour cela il faut être cohérent, utiliser un français correct, et être respectueux. Nous faisons la modération des commentaires..

Je continue donc de partager avec vous mes réflexions de jours d’intériorité. Je vous propose de «souper ensemble» comme le dit le titre, du lundi au vendredi.

Au menu ce soir, du comfort food. Un simple spaghetti, ou même un grilled cheese: oui, je veux vous parler aujourd’hui du retour à la normale

Il faut bien réaliser que nous ne sommes pas sortis de la crise du COVID-19, il y aura de la maladie, des systèmes de santé dépassés par les événements, et des victimes. Mais puisque je ne peux rien faire de concret pour enrayer le virus sinon rester chez moi, limiter les contacts au strict nécessaire, et me laver les mains, j’ai le temps de songer au retour à la normale. Retour à la normale qui, à mon avis, n’aura pas lieu. En tout cas, pas le «normal» auquel on s’est habitués.

Comme les humains le font toujours, il y aura des gens pour essayer de trouver un sens profond à cette crise. C’est ce qui nourrit les religions, les sectes, et tous les dogmatiques. Vu de mon humble table de cuisine, ce virus n’a pas de sens profond. Il existe, simplement.

Depuis sa manifestation, certains cherchent des blâmes à attribuer, des complots à démasquer, des prophéties à revendiquer, et même, comme c’est toujours le cas, une source «étrangère».

Pour ma part, je suis satisfait de l’idée que ce virus fasse partie de notre univers, comme l’eau, comme l’air, comme l’écosystème dont nous sommes à la fois une composante et un produit. Je comprends qu’il faut le combattre. C’est d’ailleurs ce qui explique l’existence de l’humanité: nous avons toujours combattu ce qui nous menace. Faut se rappeler: dans notre histoire, nous avons souvent combattu et tué. Même d’innombrables humains.

Dans l’histoire de l’humanité, on dit souvent que ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire. Inévitablement, ce sont ceux qui restent qui ont le luxe de réfléchir sur ce qui est bien ou mal, juste ou pas, égalitaire ou pas.

Notre civilisation a des lois, des systèmes, des règles, tout ça pour protéger nos droits, construire un consensus social, partager la richesse, assurer notre survie et nous permettre de vivre ensemble. En prime, nous nous permettons du divertissement, des arts, et une culture en constante ébullition. Notre civilisation fonctionne relativement bien. Un gros, gros «relativement». Particulièrement bien, il est nécessaire de le rappeler, si on est nord-américain ou occidental.

Mais voilà qu’un virage biologique, une micro-particule, vient bousculer pas mal de choses.

Tout se ramène au besoin impérieux de survivre. Heureusement, la plupart d’entre nous sommes encore convaincus que notre survie passe par notre capacité de collaborer et d’agir ensemble. On comprend tous que si on tombe dans le chacun pour soi, ça va être laid.

D’ailleurs, les premiers gestes que nos élus ont dû poser, c’est de suspendre temporairement les règles de l’économie, largement incompatibles avec l’impératif d’agir ensemble avec générosité et compassion.

Voilà pourquoi le «normal» d’avant ne sera plus jamais tout à fait le même.

Mais, je l’ai déjà dit, je n’ai pas de craintes. Nous voulons tous chérir nos proches, offrir un avenir heureux à nos enfants, et voir nos amis heureux. Et, le plus tôt possible, recommencer à serrer ces gens-là dans nos bras.

Reporter les deuils

L’isolement change tous les rituels de notre société.

Le cimetière de Saint-Jérôme est fermé. Le deuil devra attendre un peu…

Mon isolation à la suite d’un voyage en février m’a fait rater les funérailles d’Alain Paquette. Alain était un voisin et un ami que je retrouvais régulièrement, au gré de mes projets de peinture, puisque c’était son commerce. J’ai dû passer outre à ses funérailles.

J’aurais aussi bien voulu me remdre aux funérailles de Gilles Venne, décédé le 10 mars à Saint-Jérôme. Mais comme bien d’autres, elles sont remises à plus tard.

Je vous parle de ces deux décès, mais vous avez probablement, dans votre entourage, des noms qui vous viennent à l’esprit.

J’ai connu Gilles Venne autour de 1970, alors que j’étais actif au sein du comité des loisirs à Saint-Antoine. Saint-Antoine était alors une ville distincte, avec une importante population de jeunes familles. Saint-Jérôme avait déjà une structure de loisirs avec un directeur, des parcs et même un aréna, mais à Saint-Antoine les loisirs reposaient sur le travail d’un comité de bénévoles.

Le directeur de l’école Saint-Stanislas, Raymond Charette ( le père de l’actuel ministre de l’Environnement Benoit Charette ), mettait à la disposition du comité le sous-sol de son école où se trouvaient des salles de réunion, quelques bureaux et des chambres de joueurs pour le hockey mineur, qui se déroulait à l’époque sur deux patinoires extérieures.

Alain Paquette avait probablement donné ses premiers coups de patin sur ces patinoires. Son père, Roger Paquette, était un bénévole actif et impliqué.

Gilles Venne était un aussi un bénévole actif, toujours prêt à donner un coup de main. Gilles était un homme attentif aux autres, et d’une grande gentillesse.

C’est aussi par le biais des loisirs de Saint-Antoine que j’ai connu Alain Paquette, un homme affable et sympathique qui a pris la relève du commerce familial, toujours à Saint-Antoine.

Ce sont de simples histoires de voisins, qui ressemblent sans doute aux vôtres. En temps normal, quand les voisins décèdent, on se rend sympathiser avec les familles et les proches.

Le temps m’a fait comprendre à quel point nous trouvons tous du réconfort quand nos amis et connaissances prennent un peu de temps pour se joindre à nous dans nos moments de deuil.

C’est d’autant plus triste de songer qu’en temps de pandémie, bon nombre de personnes seront seules, que ce soit dans la mort ou dans le deuil.

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