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Réflexions, Santé, Soupers confinés

Bien isolés à sauver des vies: la COVID-19 et le consensus social – souper confiné – jour 5, 23 mars 2020

Voilà maintenant quelques jours qu’on soupe ensemble. Si c’est votre première fois, vous pouvez même aller lire nos rendez-vous précédents, maintenant regroupés dans la catégorie des soupers confinés. Comme d’habitude, on va faire comme si on soupait ensemble vous et moi, chers lecteurs. Vous vous occupez de votre repas, de la table et des chaises. Je vous donne même la permission de faire semblant. Pour ma part, je ferai la conversation.

Si vous voulez contribuer à la conversation, TopoLocal invite toujours ses usagers à commenter. Vos idées sont les bienvenues dans la mesure où elles s’inscrivent dans la conversation. Il faut être cohérent, utiliser un français correct, et être respectueux. Nous faisons la modération des commentaires.

Je continue donc de partager mon vécu et mes réflexions de jours d’intériorité. Je vous propose de «souper confinés» comme le dit le titre, du lundi au vendredi. Voici le repas de ce jour: 

Je ne veux pas du tout minimiser l’importance de la crise de la COVID-19, mais il faut se rappeler que la vie a toujours été un sport dangereux. Dont on acceptait les risques.

Nous étions peu soucieux d’une petite quinte de toux, d’une soudaine grippe, ou d’un peu de fièvre. Vous connaissez probablement plusieurs personnes qui ont eu des pneumonies assez sérieuses pour prendre des antibiotiques, ou même dans certains cas être hospitalisées. Nous contrôlions assez bien la situation.

Collectivement, nous nous sommes habitués à une maîtrise assez importante sur les événements. Le monde d’avant la COVID-19 nous semblait quand même pas si mal quant à sa capacité de lutter contre la maladie, comme contre la faim, la misère la pauvreté, etc.

Nos gouvernements essayaient de créer des consensus autour des « vraies affaires » disait-on parfois, en employant une expression qui semble soudainement si naïve. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi la définition des « vraies affaires » se raffine depuis un mois.

Malgré cette belle confiance qui existait il y a à peine un mois, nous savions tous que la vie est fragile. Un accident bête et un ami dans la force de l’âge meurt. Un proche reçoit en pleine face un diagnostic de cancer.

C’est donc dire que même avant la COVID-19, la vie était déjà un sport dangereux. Nous allons tous mourir. Mais pas aujourd’hui, pas tout de suite. ( Imaginez-vous si j’étais mort juste après avoir écrit cette phrase. Quel symbole! Nostradamus, sors de ce corps…) Donc on ne mourra pas tout de suite. Chacun de nous se trouve une contenance, une façon d’accepter cette réalité incontournable.

Des probabilités de mort un peu plus élevées

Voici qu’en temps de crise, les probabilités de mourir, pour tout le monde, sont devenues soudainement plus élevées. ( Ne vous trompez pas: regardez bien ce qui va arriver à vos primes d’assurance-vie à vos prochains renouvellements. )

Il ne faut pas partir en catastrophe. La plupart des gens qui auront la COVID-19 vont être malades à divers degrés et survivre. Quelques autres seront gravement malades, souffrants, et auront peut-être des séquelles. D’autres vont en mourir. 

Là où le bât blesse, c’est que ça se propage si vite qu’on risque, si on ne fait pas attention, de ne pas pouvoir soigner tout le monde convenablement.

Donc, on reste chez nous pour aider les plus mal pris, pour augmenter le nombre de gens qui vont survivre.. Un besoin primaire qui nous unit comme rien d’autre. J’essaie juste de mettre les choses en perspective. D’ailleurs, la pauvreté, l’injustice, les changements climatiques n’ont jamais été assez graves pour mettre le Québec en pause.

Alors pourquoi le Québec est en pause aujourd’hui? Parce qu’on reconnaît tous ensemble qu’on n’a plus le contrôle de la situation. Et parce que tous ensemble, nous pouvons le reprendre. Je ne suis pas inquiet. La vie, c’est fort. J’ai même mis une plante sur la table ce soir pour me faire penser.

Assez en tout cas pour qu’on puisse, un peu, lentement, recommencer à vivre ensemble comme avant. Il faut, comme le disait si bien Jacques Parizeau, prendre soin de notre monde.

Si tout cela vous fait penser au balancier entre l’individualisme et la solidarité, c’est parce que c’est exactement ça. Je crois bien que cet équilibre va s’en trouver changé pour longtemps.

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