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Politique, Santé, Soupers confinés

M. Maher, le huis clos n'est pas un prétexte pour vous cacher – souper confiné – jour 6, le 24 mars 2020

Voilà maintenant quelques jours qu’on soupe ensemble. Si c’est votre première fois, vous pouvez même aller lire nos rendez-vous précédents, maintenant regroupés dans la catégorie des soupers confinés. Comme d’habitude, on va faire comme si on soupait ensemble, chers lecteurs. Vous vous occupez de votre repas. Je vous donne même la permission de faire semblant. Pour ma part, je ferai la conversation.

Si vous voulez contribuer à la conversation, TopoLocal invite toujours ses usagers à commenter. Vos idées sont les bienvenues dans la mesure où elles s’inscrivent dans la conversation. Il faut être cohérent, utiliser un français correct, et être respectueux. Nous faisons la modération des commentaires.

Je continue donc de partager mon vécu et mes réflexions de jours d’intériorité. Je vous propose des «souper confinés» comme le dit le titre, du lundi au vendredi. Aujourd’hui, j’arrête de parler de confinement, au moins une fois. J’y reviendrai quand j’aurai quelques chose à ajouter.

Je suis convaincu qu’en temps de crise les gens ne changent pas. Leur fond, comme le dirait Sonia Benezra, reste le même. Mais en temps de crise chaque geste, chaque attitude, et chaque parole pèsent un peu plus lourd.

J’ai déjà dit dans un texte précédent à quel point François Legault assume un leadership digne d’un véritable homme d’État depuis le début de cette crise. À chaque fois qu’il s’adresse au public en conférence de presse, il accepte aussi les questions des journalistes après avoir parlé.

D’ailleurs, le taux d’approbation de notre premier ministre dépasse présentement les 90%. Je suis certain que cela lui plaît, mais je suis aussi convaincu qu’il accepterait n’importe quand un taux d’approbation plus bas en retour d’un taux de respect de 100% des consignes gouvernementales. Ce désir de voir le Québec s’en sortir, dirait Sonia, vient de son « fond ».

Hélas, à Saint-Jérôme, le « fond » de Stéphane Maher et ses acolytes ne change pas non plus. Non pas que la Ville ne joue pas son rôle en temps de crise: je salue d’ailleurs le travail des employés municipaux, incluant les policiers et les pompiers, qui assurent la suite des choses.

Mais un maire n’est pas un fonctionnaire. Je caricature un peu, mais l’essentiel de son rôle est de dire la vérité aux citoyens, d’orienter la ville selon leurs intérêts, et de ne pas nuire à la machine.

Le conseil municipal de Saint-Jérôme a tenu une session à huis clos le 17 mars. Au nom de TopoLocal, ( et en votre nom chers lecteurs ) j’ai demandé à la Ville de Saint-Jérôme d’assister à la rencontre en tant que journaliste, comme je le fais depuis plusieurs années. Cela aurait été possible en observant les mesures de distanciation sociale en vigueur à ce moment-là. J’ai même offert d’installer mes propres dispositifs d’enregistrement avant la rencontre, quitte à les récupérer ensuite.

La réponse de la Ville, c’est que la rencontre aurait lieu au téléphone et que l’enregistrement serait disponible ensuite.

Il faut ajouter que le maire Maher avait pris l’habitude récemment de rencontrer les journalistes après chaque assemblée du conseil pour répondre à leurs questions. Il avait pris cette initiative il y a quelques mois. Je m’en suis réjoui. Pour bien situer cette décision de sa part, il faut aussi dire qu’il n’avait jamais utilisé cette formule jusqu’à ce que des journalistes, moi-même inclus, décident de lui adresser des questions en public lors des assemblées.

Saint-Jérôme a donc organisé son assemblée à huis clos le 17 mars, comme le suggérait fortement le gouvernement. Sans trop de difficulté. Et sans trop de délais pour rendre l’enregistrement disponible, ce qui a été fait très rapidement.

Mais le maire, de toute évidence, n’a pas manifesté le même désir de rencontrer les journalistes, comme c’était depuis peu son habitude. Ç’aurait été un jeu d’enfant d’ajouter les journalistes à l’appel conférence du conseil municipal. Je suis convaincu que mes collègues et moi-même aurions respecté le decorum et ne serions pas intervenus durant l’assemblée.

Il aurait été tout aussi simple de prolonger l’appel conférence, ou d’en organiser un deuxième pour les journalistes après l’assemblée. Ou même le lendemain matin.

Le maire est entouré de ressources et de compétences qui auraient rendu cela facile. D’ailleurs, la Ville fournit à tous les conseillers une tablette.  Je me serais même pas surpris d’apprendre qu’on lui aurait suggéré.

Mais il n’y a eu ni invitation aux journalistes, ni conférence de presse.

Sans réponse devant son propre conseil

À la période de questions du 17 mars, la conseillère Nathalie Lasalle a demandé pourquoi les journalistes ne pouvaient pas assister par téléphone.

La non-réponse du maire est éloquente. Pour des raisons de huis clos tout simplement, a-t-il invoqué, avant d’ajouter que le Service des communications de la Ville est en « constante communication » avec les journalistes. Vous pouvez écouter.

Si je vous raconte tout cela, c’est pour le principe. À moins qu’on ne l’ait pas encore découvert, il n’y avait rien, à première vue, dans l’assemblée du conseil qui soit controversé ou qui mérite de faire les manchettes, surtout dans une période où le sujet de l’heure est l’effort collectif pour enrayer la contamination.

Mais le suivi des assemblées du conseil demeure un moyen essentiel pour les citoyens de rester en contact avec leur gouvernement municipal, et qui rappelle aux élus qu’au-dessus de tout, ils sont imputables de leurs gestes et décisions. C’est une institution, une nécessité qui l’emporte sur toutes les opinions, les divergences, la partisanerie, etc.

De toute évidence, le maire Maher a vu une opportunité de passer outre sa rencontre avec les journalistes. Ça doit cesser. Le comportement du maire renforce plutôt ma conviction que Stéphane Maher ne comprend pas la différence entre le service des communications d’une ville et un service de relations publiques, tel qu’on en trouve dans les compagnies.

Quand on veut être transparent et communiquer, quand on trouve important de partager l’information, on trouve le moyen. J’espère que M. Maher corrigera le tir dès la prochaine assemblée. Il invoquera peut-être des motifs techniques ou des délais trop courts, mais sa feuille de route en matière de transparence laisse croire que ce ne seraient que des prétextes.

Nous sommes en 2020, pas en 1962. Des amis, des entreprises, des organisations organisent sans peine des rencontres en ligne de toutes natures.

Ils réussissent ce tour de force pour trois raisons. Parce qu’ils ont d’abord le désir de se rencontrer et de partager l’information. Parce que la technologie qui le permet est simple et accessible. Parce qu’ils en ont la volonté.

À vous de me dire, à votre avis, lequel de ces trois éléments il manque à Stéphane Maher… Il se pourrait bien que la réponse se trouve dans la devise même de la Ville dont il est le maire.

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