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Saint-Jérôme, mon amour, un texte du Jour de l’an en mars – souper confiné – jour 7, 25 mars 2020

Voilà maintenant quelques jours qu’on soupe ensemble. Si c’est votre première fois, vous pouvez même aller lire nos rendez-vous précédents, maintenant regroupés dans la catégorie des soupers confinés. Comme d’habitude, on va faire comme si on soupait ensemble, chers lecteurs. Vous vous occupez de votre repas. Je vous donne même la permission de faire semblant. Pour ma part, je ferai la conversation.

Si vous voulez contribuer à la conversation, TopoLocal invite toujours ses usagers à commenter. Vos idées sont les bienvenues dans la mesure où elles s’inscrivent dans la conversation. Il faut être cohérent, utiliser un français correct, et être respectueux. Nous faisons la modération des commentaires.

Je continue donc de partager mon vécu et mes réflexions de jours d’intériorité. Je vous propose des «souper confinés» comme le dit le titre, du lundi au vendredi. Aujourd’hui, j’arrête de parler de confinement, au moins une fois. J’y reviendrai quand j’aurai quelque chose à ajouter.

Exceptionnellement cette année, je vous souhaite la bonne année en mars. Question de « timing » direz-vous. C’est un bon moment, je crois, pour songer aux jours meilleurs qui sont devant nous.

Je m’explique. De nature, je suis quelqu’un de lent. Il y a parfois des brouillons de textes que je ne publie pas. C’est arrivé au début de 2020 avec un texte que je préparais pour le Jour de l’an, une sorte de déclaration d’amour à tout le monde.

Finalement, le texte s’est retrouvé dans ma poubelle. Trop tard. Trop occupé. La routine, quoi.

Mais voilà, la routine est brisée

Voici donc ma déclaration d’amour, maladroite comme elles le sont toutes. Je suis amoureux de cet endroit et de ses gens. Oui, Saint-Jérôme!

Peut-être suis-je encroûté dans mes habitudes. Peut-être suis-je un incorrigible sédentaire, aux horizons trop étroits. Naïf, peut-être. Peut-être que ce sont mes racines. Ou peut-être, tout simplement, que tous ces gens qui m’entourent et me côtoient méritent cet attachement. Choisissez. J’assume. Vous avez compris que ce texte ne sera pas très objectif.

Les humains, il faut le dire, sont généralement très attachants. Il ne manque pas, chez nous, ici même à Saint-Jérôme, de gens sympathiques, brillants, généreux, créateurs. Disons, pour résumer le tout, intelligents et sensibles.

Bon, ce n’est pas parce que je suis d’humeur à offrir des souhaits que je suis aveugle ou naïf: nous avons notre part de menteurs et de tricheurs. J’essaie de leur opposer la vérité la plus complète que je peux trouver, et la plus grande honnêteté dont je suis capable. TopoLocal me permet de le faire publiquement. Quant à vous, chers lecteurs, vous avez le choix de lire ou pas. Vous avez le choix d’être d’accord ou pas, et vous avez l’option de commenter.

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Vous y croyez? C’est dans un encadré rouge à la fin de ce texte.

Mais je m’écarte de mes voeux-du-nouvel-an-en-mars. Je récupère mon brouillon pour vous raconter en quelques lignes trois moments du temps des Fêtes.

Le 21 décembre

Je suis allé rendre visite à quelques bénévoles du club de photo Passion photo Laurentides, qui offrent tous les ans des photos gratuites aux gens qui participent au dîner de Noël organisé par le Coffret et le Book Humanitaire, à l’ancienne église Sainte-Marcelle. Je vous nomme Line Chaloux et Rachel Lapierre, de ces deux organismes, pour que vous reconnaissiez les groupes dont je parle.

Hélas, je ne peux pas vous nommer tous les gens qui ont fait en sorte que ce jour-là, plusieurs centaines de personnes ( plus de 700, en fait ) ont pris part à un véritable festin de Noël, avec des sourires, des enfants rieurs, des cadeaux, des chants, et des moments de fraternité qui submergeaient l’édifice dans une grosse vague d’humanité. J’inclus une photo de ce beau rassemblement, pour qu’on se rappelle tous qu’un jour, il y en aura d’autres.

Comment ne pas les aimer, tous ceux qui ont donné des denrées, de l’argent, ceux qui ont fait cuire des dindes, brassé du ragoût, emballé des cadeaux, installé des tables, chanté, souri, fait des commissions, lavé la vaisselle, passé le balai, et j’en passe. Vous savez, la vieille expression « paix sur la terre aux gens de bonne volonté »? Je vous le confirme. On en trouve chez nous. Beaucoup.

Le 22 décembre

Je suis encore une fois allé voir des bénévoles. Qui assemblaient ce matin-là plus de 200 paniers de Noël grâce à l’initiative du Club optimiste.

En plein coeur du parc industriel de Saint-Jérôme, le garage de Transcobec était transformé en usine de générosité. Des palettes entières de jus d’orange. Des biscuits. Du ketchup. Des dindes Vous voyez le topo?

Jeunes et moins jeunes. Des habitués qui font ça depuis des lunes. Des recrues à leur première expérience. Tout ce beau monde ensemble a fait en sorte que dans 300 maisonnées où la vie n’était pas toujours facile, il y a eu une soirée, une fin de semaine, même quelques jours, où le frigo était plein. Sans qu’on s’inquiète de l’argent que ça a coûté.

Des gens de bonne volonté? Oui, ce jour-là, j’en ai vu un garage plein. Comment ne pas les aimer?

Enfin, je vous parle du 17 décembre

Ce jour-là, je revenais d’une rencontre au centre-ville. Je suis passé devant la Vieille-Gare et j’ai croisé le chemin d’un monsieur âgé. Je ne sais pas quel âge. Plus âgé que moi. Et visiblement moins favorisé. Je ne sais pas son nom, mais son visage fait partie des visages familiers du centre-ville.

Alors que je le croisais, un jeune homme inconnu s’est approché de lui, venant d’un café situé tout près. Je crois bien que le jeune homme y était attablé avec des amis.

Le jeune homme a remis au monsieur plus âgé quelques billets, 45 dollars en tout. Il lui a expliqué que lui et ses amis tenaient à lui offrir cette somme «parce que c’est le temps des Fêtes et qu’on veut vous offrir ça pour vous permettre d’en profiter. »

J’ai songé un instant à faire une photo pour illustrer l’histoire, pour rendre hommage à la générosité de ce jeune homme et de ses amis. Mais j’ai décidé de respecter leur anonymat. Pas de photo. Parfois, il y a des histoires qu’un journaliste garde pour lui. Et qu’il partage seulement quand il sent que c’est nécessaire.

Voilà autant de petits événements qui me font aimer notre ville et ses gens.

Je vous l’ai dit: l’idée de ce texte m’est venue la première fois en janvier. Je marchais vers chez moi doucement, il ne faisait pas très froid, juste assez. La neige couvrait le sol juste assez pour envelopper le tout d’un silence d’hiver. Le soleil couchant avait une belle lumière douce et ambrée. J’aimais beaucoup ma ville en cet instant précis.

La même impression m’est revenue ces jours-ci, en marchant tranquillement et en regardant les fenêtres des Jérômiens défiler devant moi.

Vous savez, certaines d’entre elles ont des arcs-en-ciel.

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