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Politique, Réflexions, Santé, Soupers confinés

Mon petit guide pour écouter les points de presse – souper confiné – jour 11, le 31 mars 2020

Voilà maintenant plusieurs jours qu’on partage un repas ensemble. Si c’est votre première fois, vous pouvez lire nos rendez-vous précédents.

Voici donc le «souper confiné» du jour. Nous vous en présentons du lundi au vendredi en ces temps de pandémie.

Si vous voulez contribuer à la réflexion, vos plats sont les bienvenus à [email protected].

Vous connaissez sans doute le truc. Sinon, essayez avec moi un instant. Allez, je vous demande simplement de vous croiser les bras, comme ça, en lisant. C’est fait? Alors maintenant, croisez les bras dans l’autre sens, en changeant le bras qui est sur le dessus.

Bon, assez de simagrées. C’est un vieux truc que j’ai vu des conférenciers utiliser des dizaines de fois pour illustrer l’idée que les habitudes sont difficiles à changer. Désolé pour la petite gymnastique.

Je veux vous parler aujourd’hui des points de presse quotidiens du premier ministre. Pas tellement de ce qui se passe à l’écran mais de ce qui se passe chez vous, quand vous regardez la télé, et de ce qui se passe ensuite quand vous vous laissez aller sur les réseaux sociaux ou avec vos amis, ou même dans votre tête.

Dans l’ancien temps, c’est-à-dire il y a un mois, les points de presse à Québec étaient des joutes quotidiennes où les journalistes posaient des questions souvent un peu tordues pour essayer d’extraire un peu d’information des politiciens.

De leur côté, un grand nombre d’élus évitaient les questions directes sur les questions sensibles grâce à des généralités, des propos volontairement vagues, ou encore en répétant un mot d’ordre savamment orchestré par les stratèges de communication. La fameuse « cassette » souvent décriée par les lecteurs et auditeurs de partout.

Présentement, nous assistons à un sommet de transparence. On peut s’en réjouir.

Mais les habitudes sont difficiles à chasser. Il y aura toujours des gens pour trouver que les journalistes essaient de faire trébucher les porte-parole avec des questions « cochonnes ». 

Il se trouve aussi des personnes convaincues que tout est un complot. Le gouvernement surtout, les compagnies, même la météo. J’ai un ami qui disait toujours: « Il va bien pleuvoir demain, je suis en congé »… Vous savez quoi? Ça fait bientôt 40 ans que je le connais et il a toujours autant de mal à être heureux. Non, on ne se voit pas souvent.

Mais revenons aux habitudes. J’ai vu comme vous l’aller-retour des questions-réponses sur les masques. On devrait en porter ou pas? On les gaspille ou pas? On en manque ou pas? On en a pour des semaines ou des jours?

Pour ma part, je vois bien qu’il y a une pénurie de masques. Mme McCann a clairement dit qu’on a utilisé en quatre semaines la quantité habituelle qu’on utilise en un an. Pas étonnant qu’on en manque. Un « trouble normal », dirait un mécanicien, ce qui n’enlève rien au fait que c’est un trouble mauditement sérieux. Pas étonnant que les autorités s’en occupent. Pas étonnant que l’on s’en inquiète. La question était légitime.

J’ai aussi entendu un journaliste demander au Dr Arruda si le Québec était prêt, qu’est-ce qu’il aurait fait s’il avait su, en suggérant que le Québec n’était pas prêt.

À mon avis, le Dr Arruda aurait bien pu s’en remettre au discernement du journaliste et dire que le Québec n’était pas prêt. Bien sur que le Québec n’était pas prêt. Demandez aux milliers de gens qui sont partis en semaine de relâche ou en vacances ce qu’ils auraient fait s’ils avaient su. Personne ne pouvait savoir. Cette épidémie est sans précédent.

Être prêt, ça suppose prendre des précautions raisonnables. J’ai un détecteur de fumée et le numéro des pompiers. Je n’ai pas un réservoir de 40 000 gallons d’eau au cas où l’aqueduc briserait au moment où les pompiers arroseraient un feu chez moi.

Personnellement, je suis impressionné par la réponse collective du Québec. notre société entière s’est « tournée sur un dix cennes » pour s’ajuster.

Mais je suis convaincu que le Dr Arruda ne voulait pas dire « le Québec n’était pas prêt » d’une part parce que ça mérite des nuances, mais aussi parce qu’il n’est pas impossible qu’un chef de pupitre quelque part en aurait fait une manchette, une grosse manchette, avec sa photo. Ça aurait généré des clics et/ou vendu des copies. 

Faut-il blâmer le journaliste? Pas du tout, il tentait de faire sa job. Il y a à Québec des ministres et des députés meilleurs que les autres. Pourquoi ça ne serait pas le cas pour les journalistes?

Faut-il questionner l’approche des médias? Bien oui, comme toujours, tout le temps, crise ou pas.  Est-ce que les journalistes et les hommes publics devraient continuer de réfléchir à comment ils peuvent collaborer pour que le population soit bien informée? Oui, nécessairement.

Et nous là-dedans? L’organe le plus important pour écouter les informations, surtout à la télé, se trouve derrière les yeux et entre les oreilles. 

Je vais m’inspirer de M. Legault et vous suggérer trois conseils:

  1. Il faut se servir de sa tête.
  2. Il faut aller puiser à deux ou trois sources fiables. Rien n’est tout noir ou tout blanc.
  3. Il faut se méfier des miracles. Il n’y en a pas.
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