On ne peut pas se laver les mains de l’achat local – souper confiné – jour 13, le 2 avril 2020

Charles Michaud 3 commentaires

Voilà maintenant plusieurs jours qu’on partage un repas ensemble. Si c’est votre première fois, vous pouvez lire nos rendez-vous précédents.

Voici donc le «souper confiné» du jour. Nous vous en présentons du lundi au vendredi en ces temps de pandémie.

Si vous voulez contribuer à la réflexion, vos plats sont les bienvenus à [email protected].

Sauvage. Indécent. Inhumain. Crapuleux même.

Il y a d’autres mots qui me sont venus à l’esprit. À vous aussi probablement. Incluant, puisqu’on est au Québec, une poignée de jurons judéo-chrétiens bien sentis.

Je vous parle évidemment du triste trafic de masques révélé ces jours-ci. Des transactions cash, de la surenchère de dernière minute.  Des deals sur les tarmacs d’aéroports. Comme dans un film. Peu importe que le bon ou le mauvais gagne, d’ailleurs: ils seront tous les deux célèbres.

C’est proprement scandaleux.

C’est aussi tout à fait ce qui se passe dans une économie de marché. Le capitalisme à son plus pur. La plupart des économistes vous diront d’ailleurs que le libre marché, et la loi de l’offre et la demande qui en découle, sont le moteur de notre prospérité. D’ailleurs ils annoncent déjà un désastre en 2020. Semble-t-il que l’économie mondiale va se contracter de 1% alors qu’on s’attendait à une croissance allant jusqu’à 2,5%. Normal. À s’occuper de notre santé, il manque de temps pour l’ambition.

Évidemment, cette économie de marché a besoin de balises. Il y a des lois, des règlements, des taxes, des traités, des frontières, des zones de libre-échange, etc. Bref, toute une série de mesures pour empêcher les abus et protéger les intérêts de la collectivité.

Il n’est pas très étonnant que la collectivité la mieux protégée soit celle des gens qui travaillent dans l’univers des lois, des règlements, des taxes, des traités et des frontières. Ceux qui y travaillent et aussi ceux qui l’influencent. Tout cela existait bien avant que le monde soit plongé en pandémie. Mais ces jours-ci, c’est sous la loupe.

Comme le fait que le carburant qui est présentement disponible à moins de 80 sous le litre à-une-pompe-pas-loin-de-chez-vous est produit, transporté et livré aux consommateurs exactement de la même façon que celui qu’on vendait 1,24$ il y a à peine trois semaines. Vous avez une idée du prix qu’on paiera après? Ben oui, c’est bien ça…

La solidarité

Quand l’humanité est forcée de prendre soin d’elle-même, nos gestes quotidiens sont aussi sous la loupe. Se laver les mains. Prendre une marche. Tousser dans sa manche. 

Éviter les poignées de mains, les câlins, les high five, des gestes qui, en trois semaines à peine, sont entrés dans la nostalgie.

Je le répète. Devant la pandémie qui sévit, on constate autour de nous des élans de solidarité remarquables. Je suis impressionné, réconforté, et par moments ému.

La consommation solidaire

On se scandalise de voir les lois de marché dicter la surenchère de masques chirurgicaux. Pourtant nous aussi, dans beaucoup de nos achats quotidiens, appliquons les mêmes règles. 

L’économie de marché fonctionne parce qu’on y carbure. Les citoyens sont bien heureux de courir partout les petits pois en conserve les moins chers. Ils accourent dans les grands magasins où les prix ont l’air les plus bas. Ils mordent à belles dents chaque fois qu’on les appâte avec les mots de passe. Spécial! Gratuit!

Ensuite, ils sont bien tristes de voir les centres-villes dépérir, de voir les petits commerces fermer. Hélas, soupire-t-on, les lois du marché…

Je sais. Parfois c’est un petit détour supplémentaire. Parfois ça peut coûter un peu plus cher. Mais chaque dollar dépensé localement profite à un voisin. Et la plupart du temps ( surtout quand il n’y a pas de crise ) le contact humain avec les marchands de chez nous est un authentique échange humain.

Peut-être est-ce le temps d’un effort collectif là aussi. Chacun de nous avons le pouvoir de changer les choses. Magasiner là où on sait que le propriétaire de la boutique est sur place. Choisir des produits de chez nous. Regarder les étiquettes. Le plus possible, acheter local. Toujours et tout le temps.

Ultimement, dans une économie de marché, les consommateurs ont leur part de pouvoir. Il suffit de regarder où sont les files d’attente pour voir à qui on le délègue.

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3 réflexions à propos de <i>On ne peut pas se laver les mains de l’achat local – souper confiné – jour 13, le 2 avril 2020</i>

  1. sa fait longtemps que je choisi local mes tomate et légumes mes boite de conserve et autre . je me dit sa coute des foie un peux plus cher ses quelques petit sous de plus , fon que une pressonne de mon cartier ou ma ville ou ma province . peuve vivre sans etre sur l’assurance chômage ou bienêtre sociale donc je Vien d’économisé et donne de la fierté a une famille de ma communauté

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  2. Il faudra aussi avoir du courage politique pour que notre Ville refuse la construction de d’autres grandes bannières commerciales en bordure de la 15, qui ne contribuent ni à la vitalité de notre centre-ville, ni à celle des différents quartiers de notre ville, bien au contraire.
    À force de se laisser tenter par « toujours plus de taxes », on termine par détruire la vitalité de notre cœur de ville. Et pourtant, le commerce local, de proximité crée beaucoup plus de richesses que des grandes bannières multinationales.
    Pourtant, nous pourrions tellement davantage miser sur la créativité, l’authenticité et l’ingéniosité des gens de notre Ville et de notre région!
    Mais bon. À coup de « Bas prix », on en paie le prix sur ce volet.

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  3. Merci de me donner la chance de m’exprimer. C’est bien beau l’achat local. A-t-on pensé à la fabrication locale Québec,Canada. Nous allons chez Dolorama pour encourager qui: La Chine ou autres du genre, Vêtements fabriqués dans des pays où les salaires sont dérisoires. Pourquoi nos Gouv. ne pourraient-ils encourager les industries qui pourraient fabriquer ce que l’on achète de ce qui vient de l’importation. Naturellement il faudrait commencer par une industrie, ensuite 2, 3 , 4…..etc.. Probablement que l’on payerai plus cher mais ne dépendrions de seulement de nous et nos sous demeureraient ici. On produits des légumes, certains à l’année longue, pourquoi pas dans d’autres domaines comme dans le textile, lingerie pour Dame et ça ne finit plus. Pourquoi acheter notre pétrole des USA ou autres alors que nous n’avons qu’à installer des «pipelines» et acheter ce pétrole du Canada. L’achat local comprend tout aussi, pas seulement le petit commerce du coin. Nos Gouv. devront faire une réflexion sur ces sujets. L’écologie c’est beau mais le raisonnement économique et commercial aussi. Voila…….la crise actuelle amènera une grosse réflexion sur notre indépendance à la consommation

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