fbpx
Affaires, Politique, Réflexions, Soupers confinés

On ne peut pas se laver les mains de l’achat local – souper confiné – jour 13, le 2 avril 2020

Voilà maintenant plusieurs jours qu’on partage un repas ensemble. Si c’est votre première fois, vous pouvez lire nos rendez-vous précédents.

Voici donc le «souper confiné» du jour. Nous vous en présentons du lundi au vendredi en ces temps de pandémie.

Si vous voulez contribuer à la réflexion, vos plats sont les bienvenus à [email protected].

Sauvage. Indécent. Inhumain. Crapuleux même.

Il y a d’autres mots qui me sont venus à l’esprit. À vous aussi probablement. Incluant, puisqu’on est au Québec, une poignée de jurons judéo-chrétiens bien sentis.

Je vous parle évidemment du triste trafic de masques révélé ces jours-ci. Des transactions cash, de la surenchère de dernière minute.  Des deals sur les tarmacs d’aéroports. Comme dans un film. Peu importe que le bon ou le mauvais gagne, d’ailleurs: ils seront tous les deux célèbres.

C’est proprement scandaleux.

C’est aussi tout à fait ce qui se passe dans une économie de marché. Le capitalisme à son plus pur. La plupart des économistes vous diront d’ailleurs que le libre marché, et la loi de l’offre et la demande qui en découle, sont le moteur de notre prospérité. D’ailleurs ils annoncent déjà un désastre en 2020. Semble-t-il que l’économie mondiale va se contracter de 1% alors qu’on s’attendait à une croissance allant jusqu’à 2,5%. Normal. À s’occuper de notre santé, il manque de temps pour l’ambition.

Évidemment, cette économie de marché a besoin de balises. Il y a des lois, des règlements, des taxes, des traités, des frontières, des zones de libre-échange, etc. Bref, toute une série de mesures pour empêcher les abus et protéger les intérêts de la collectivité.

Il n’est pas très étonnant que la collectivité la mieux protégée soit celle des gens qui travaillent dans l’univers des lois, des règlements, des taxes, des traités et des frontières. Ceux qui y travaillent et aussi ceux qui l’influencent. Tout cela existait bien avant que le monde soit plongé en pandémie. Mais ces jours-ci, c’est sous la loupe.

Comme le fait que le carburant qui est présentement disponible à moins de 80 sous le litre à-une-pompe-pas-loin-de-chez-vous est produit, transporté et livré aux consommateurs exactement de la même façon que celui qu’on vendait 1,24$ il y a à peine trois semaines. Vous avez une idée du prix qu’on paiera après? Ben oui, c’est bien ça…

La solidarité

Quand l’humanité est forcée de prendre soin d’elle-même, nos gestes quotidiens sont aussi sous la loupe. Se laver les mains. Prendre une marche. Tousser dans sa manche. 

Éviter les poignées de mains, les câlins, les high five, des gestes qui, en trois semaines à peine, sont entrés dans la nostalgie.

Je le répète. Devant la pandémie qui sévit, on constate autour de nous des élans de solidarité remarquables. Je suis impressionné, réconforté, et par moments ému.

La consommation solidaire

On se scandalise de voir les lois de marché dicter la surenchère de masques chirurgicaux. Pourtant nous aussi, dans beaucoup de nos achats quotidiens, appliquons les mêmes règles. 

L’économie de marché fonctionne parce qu’on y carbure. Les citoyens sont bien heureux de courir partout les petits pois en conserve les moins chers. Ils accourent dans les grands magasins où les prix ont l’air les plus bas. Ils mordent à belles dents chaque fois qu’on les appâte avec les mots de passe. Spécial! Gratuit!

Ensuite, ils sont bien tristes de voir les centres-villes dépérir, de voir les petits commerces fermer. Hélas, soupire-t-on, les lois du marché…

Je sais. Parfois c’est un petit détour supplémentaire. Parfois ça peut coûter un peu plus cher. Mais chaque dollar dépensé localement profite à un voisin. Et la plupart du temps ( surtout quand il n’y a pas de crise ) le contact humain avec les marchands de chez nous est un authentique échange humain.

Peut-être est-ce le temps d’un effort collectif là aussi. Chacun de nous avons le pouvoir de changer les choses. Magasiner là où on sait que le propriétaire de la boutique est sur place. Choisir des produits de chez nous. Regarder les étiquettes. Le plus possible, acheter local. Toujours et tout le temps.

Ultimement, dans une économie de marché, les consommateurs ont leur part de pouvoir. Il suffit de regarder où sont les files d’attente pour voir à qui on le délègue.

Si vous manquez d’idées, deux pages Facebook pour vous orienter localement à Saint-Jérôme:

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!
>
Send this to a friend