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Réflexions, Santé, Soupers confinés

En guerre et contre tous ! – souper confiné – jour 14, le 3 avril 2020

Voilà maintenant plusieurs jours qu’on partage un repas ensemble. Si c’est votre première fois, vous pouvez lire nos rendez-vous précédents.

Voici donc le «souper confiné» du jour. Nous vous en présentons du lundi au vendredi en ces temps de pandémie.

Si vous voulez contribuer à la réflexion, vos plats sont les bienvenus à [email protected].

Depuis des décennies, les analystes internationaux nous prédisent une troisième guerre mondiale dont les enjeux seraient encore plus grands que les deux précédentes.

Il y a eu le territoire à conquérir, le pétrole à soutirer et on disait que la prochaine guerre serait plus sournoise et pourrait toucher encore plus de pays. Nous y sommes ! Fini la guerre froide, la guerre des étoiles ! Cette nouvelle édition se déploie sans faire appel à l’ingéniosité humaine.

Alors, qui est cet adversaire ?

On le croit inoffensif. Il ne porte aucune arme apparente, pas de fusil ni mitraillette, pas de couteau ni machette, pas d’arme d’assaut ni missile… mais de simples et minuscules gouttelettes issues d’éternuement, un crachat, ou si vous aimez mieux : un postillon.

Celui qui contient l’arme fatale, le produit meurtrier de sédation qui, lorsque l’humain le reçoit en plein visage, s’infiltre dans l’organisme et attaque les organes respiratoires, les poumons.

Ce postillon contient une arme de destruction massive microscopique, ayant un nom dont la sonorité plait à l’oreille. Comme le nom d’un ami, d’un amour attendu avide de tendresse.

Son nom : « Covid ». Tel un Ovide, candide dans son allure.

Eh bien oui ! une petite bibitte microscopique, de la famille du coronavirus, tout droit sortie de notre Terre-Mère qui voyage par le crachat pour attaquer la planète entière. Ne vous méprenez pas ! ce postillon, cet expectorant même s’il provient d’ailleurs, il aurait pu jaillir ici.

Mais, de nos jours qui dit « ailleurs » dit « ici ».

La mondialisation et la libre circulation des individus facilitent le transport caché de cette arme de guerre. Le transporteur : l’Humain. Ce n’est pas un pays avec son armée, ses avions de chasse et ses chars d’assaut, mais un humain sans défense, ne sachant pas lui- même qu’il trimballe l’arme de destruction de son « ici » à « l’ailleurs » et, que cet « ailleurs » se retrouve « ici ».

Une fois arrivé ici ou ailleurs, il s’invite à tous ceux et celles qui l’accueillent, lui font un câlin, une poignée de main, un bisou, comme un ami ou un membre de la famille qui revient de loin. Là où ça se complique, c’est que le porteur d’arme, l’humain, n’est pas en habit de combat dans ses sandales de plage, son sombrero ou ses souvenirs de voyage dans sa valise.

Lentement, après quelques jours, c’est le combat qui s’active en lui. Cherchant à détruire son transporteur, Covid s’attaque sournoisement à sa santé en ayant d’abord déposé chez les personnes chères de son entourage, l’arme précieuse, s’assurant ainsi la survie de sa missive qui multipliera sa descendance après que sa victime aura rendu l’âme.

Il est rusé ce Covid ! Il a prévu son camouflage. Sans couleur ni odeur, il n’a de saveur que le crachat qui le transporte.

Alors, comment le combattre ?

Lui faire face serait lui donner l’occasion d’administrer son poison. Lui faire fi, le fuir, l’isolerait dans ses retranchements, le laissant sécher avec ses illusions. C’est déjà mieux. Mais, si un inconnu se croyant plus fort que tout et vivant dans son habit de toute-puissance, continue ses balades et ses 5 @ 7 sans retenue… la guerre n’a pas fini de finir !

Si le transporteur d’arme est mon voisin, mon ami(e), ma conjointe, mon enfant ou moi-même, j’espère que mes semblables feront de la distanciation et que les armuriers du système de santé seront là pour affronter le combat contre l’envahisseur.

Pour l’heure, un moment de désert, une quarantaine ou une quinzaine sont le genre de diversions qui mettra en brouille les stratégies machiavéliques de ce Covid.

Pas facile pour l’humain, être de relation, de s’emmurer dans ses appartements et ne toucher à personne. Ce moment dans l’histoire de l’humanité est unique et exceptionnel. Il y a peu d’événements de ce genre qui touchent chaque personne, sans égard aux origines, aux pays, à la race, à la langue, aux croyances.

Toutes et tous sont concernés par cet ennemi qui n’a pas daigné nous avertir de son intention et que l’on peut considérer comme l’envahisseur prêt à tout détruire afin que l’histoire lui décerne la mention du « plus petit combattant d’arme » qui aurait provoqué la troisième guerre mondiale sans que les pays s’entretuent.

Cependant ce qu’il ne sait pas, c’est que l’humain possède des armes qui, elles aussi, n’ont pas d’apparence extérieure ni d’armure de fer, pas plus de missiles. Ces armes sont : le respect, la compassion, la responsabilisation, la détermination…

Considérer la vie d’autrui aussi importante que sa propre vie, voilà une arme de solidarité massive. Toute l’humanité endosse dans sa conscience (même parfois sans le savoir) un leitmotiv, une règle de vie qui se résume ainsi : « Fais aux autres ce que tu voudrais que l’on fasse pour toi ». Ou, « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que les autres fassent envers toi ».

Ici comme ailleurs, cette « règle d’or » peut avoir un impact énorme dans le combat envers et contre tous les adversaires, surtout vis-à-vis un Covid en toute liberté ! Puisque la vie de l’autre, de mon voisin, mon ami(e), ma conjointe, mon enfant est aussi importante que la mienne, alors, moi et l’autre devons éviter d’être des agents de transmission.

En cette période de réclusion, d’isolement et de confinement, restons en contact et soyons créatifs dans nos façons de communiquer, d’être en relation.

Un jour, dans 10, 20 ou 100 ans, ils pourront (peut-être) dire de nous :

« Voyez comme ils ont pris soin des uns des autres tout en restant chez eux ! »

Michel Bouvrette
[email protected]

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