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Politique, Réflexions, Santé, Soupers confinés

Demain, le grand tableau des scénarios – souper confiné – jour 15, le 6 avril 2020

Voilà maintenant plusieurs jours qu’on partage un repas ensemble. Si c’est votre première fois, vous pouvez lire nos rendez-vous précédents.

Voici donc le «souper confiné» du jour. Nous vous en présentons du lundi au vendredi en ces temps de pandémie.

Si vous voulez contribuer à la réflexion, vos plats sont les bienvenus à [email protected].

Les chiffres ne mentent pas, mais, en revanche, il arrive que les menteurs chiffrent.

J’ai un ami qui utilise souvent cette expression pour démontrer à quel point les statistiques sont, souvent, les informations les moins bien utilisées. Ses mots me sont revenus en regardant mes chiffres du jour.

Les chiffres sont des éléments d’information objectifs. C’est simple comme 2 + 2 = 4.  Mais la subjectivité pèse lourd. Sinon, il n’y aurait pas de produits en vente à 7,99$ ou d’autos  à louer pour 86,99$ par semaine.  D’ailleurs, si Pi avait eu un gars de marketing, ça ne vaudrait pas 3,14159265358979 etc. On aurait un beau chiffre rond facile à retenir. Mettons 1-800-diamètre.

Les probabilités

Ça se complique encore davantage quand on entre dans le domaine de la probabilité. Simplement parce que nous ne sommes pas des êtres de raison. Notre perception de ce qui nous entoure est fortement influencée par nos plus beaux rêves et, évidemment, par nos pires cauchemars.

C’est ce qui explique qu’il se vend des billets de loterie. Un jeu amusant pour des millions de personnes, mais un bien mauvais plan pour accumuler de l’argent. Sauf évidemment, pour l’organisateur de la loterie, ainsi que pour tous ceux qui prennent un pourcentage de la vente, qu’ils soient vendeurs, publicistes, imprimeurs, ou gestionnaires. La loterie, comme beaucoup d’autres activités humaines, est un exemple de toute une économie qui repose sur du non-essentiel. Mais c’est un autre débat.

Je reviens aux probabilités. 

Je veux surtout rappeler la différence entre l’instinct et la science. Jouez avec moi à pile ou face un instant. Pour le fun. On gage 25 sous. Quelles sont les chances que la pièce tombe pile?

Hop! J’oubliais. Oublions toutes les petites finesses. Si on était des comptables, des assureurs ou des avocats, on ajouterait ici, juste avant de jouer, plusieurs savants paragraphes en caractères fins pour le vent,des règlements et spécifications pour l’équilibre des masses de la pièce de monnaie, les variations de rotation, la hauteur du lancer. etc. Surtout si on jouait pour davantage d’argent.

Mais usons de gros bon sens. En admettant une pièce parfaitement plate lancée sans réglages de précision, les chances de tomber pile ou face sont de 1 sur 2. On comprend tous cela. Ou si vous préférez, on comprend tout ça.

Maintenant je vais vous demander quelque chose de plus difficile. Imaginez qu’on joue à pile ou face et que cela fait 14 fois consécutives que ça tombe pile. Quelles sont les chances que ça tombe encore pile? Bien oui. Encore 1 sur 2! Parce que nous avons de la mémoire, mais la pièce n’en a pas.

Alors je comprends bien que, bien assis dans nos salons, nous avons tous une théorie. Ça permettra un jour, à ceux qui ont bien choisi, de dire « je l’avais dit ».

Mais si vous aviez en main tout l’avenir du Québec et que vous étiez obligé de deviner, vous prendriez le scénario le plus probable. Ce qui veut dire qu’à pile ou face, vous gageriez la même somme sur les deux options. Ce serait sage de votre part.

Le tableau de pointage

Enfin je veux vous parler aussi du tableau de pointage. De la fameuse courbe à aplatir. Inutile de vous dire qu’on vit dans un monde de données comme jamais auparavant. Il suffit – suffisait, si vous préférez – de regarder un match de hockey à la télé pour apprendre que c’est la septième fois que tel-joueur-marque-un-but-une-date-impaire-contre-Pittsburgh. Ou toute autre information indispensable du genre. 

Oui, parfois, trop d’information c’est trop. Surtout quand il faut l’analyser avec détachement. 

On comprend que trop d’information, pour certaines personnes et dans certains contextes, puisse causer de la panique. D’ailleurs je n’ai jamais vu, parmi les sélections vidéo qui nous sont offertes quand on prend l’avion, des documentaires sur les désastres aériens. Pas grave: dans chaque appareil il y a un équipage qui justement est préparé pour le pire, mais qui travaille pour l’éviter.

Alors je veux bien comparer les tableaux sur la COVID, mais quand on assiste à un match de hockey, il vaut mieux regarder sur la glace que vers le tableau. Parce que c’est là que ça se décide, que la game se joue, comme on dit.

On peut bien jeter un coup d’oeil parce qu’on veut tous savoir combien il reste de temps. Mais il vaut mieux se concentrer sur les gestes. Parce que dans le tournoi collectif contre la COVID, les joueurs c’est nous. 

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