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Politique, Réflexions, Soupers confinés

On est pas mal américains, mais pas tant que ça – souper confiné – jour 22, le 15 avril 2020

Voilà maintenant plusieurs jours qu’on partage un repas ensemble. Si c’est votre première fois, vous pouvez lire nos rendez-vous précédents.

Voici donc le «souper confiné» du jour. Nous vous en présentons du lundi au vendredi en ces temps de pandémie.

Si vous voulez contribuer à la réflexion, vos plats sont les bienvenus à [email protected].

On est pas mal américains. Regardez nos chars, nos autoroutes, nos fast-food. Nos Walmart. On va voir Star Wars et les Avengers. Regardez nos bungalows, nos pelouses parfaites. Les vêtements que l’on porte.

Observez notre tendance politique à créer des familles royales. Les USA ont eu Bush père et fils. Et si on se fie au vote populaire de 2016, ils auraient eu Clinton mari et femme. On peut bien en rire, mais nous avons eu au Québec, Johnson père et fils, et au Canada, Trudeau père et fils.

On ne peut pas dire qu’on ne leur ressemble pas.

Le Canada, on le dit souvent. est un pays complexe à cause de la diversité géographique, mais aussi sociale et culturelle, entre l’Est, le Centre, et la côte Ouest.

C’est tout aussi vrai pour les Américains. D’ailleurs les gouverneurs des états de l’Est et de ceux de la côte Ouest se fédèrent présentement, pour contrer les improvisations politiques de leur président déjanté.

Pourtant, je suis un admirateur des USA…

Bon, c’est gros un peu. Je sais. On se calme. Permettez-moi de préciser. La constitution des États-Unis d’Amérique est un document remarquable. Les USA ont été des champions de la démocratie et de la liberté. Ils ont contribué à la culture et à l’économie du 20e siècle. Et leur vision s’étend au-delà de notre planète. Oui, la Lune et l’espace.

Le 24 décembre 1968, c’est un américain qui a pris ce que plusieurs considèrent comme possiblement la photo la plus importante de notre époque. L’horizon lunaire au-dessus duquel se lève une magnifique planète bleue lumineuse. On comprend le mouvement de ses nuages, on distingue ses océans et ses masses de terre. D’un seul regard tout ce que l’on connaît, tout ce que l’on aime, est suspendu dans le néant. Photo NASA par William Anders.

Pardonnez-moi si vous êtes de ceux qui croient que l’exploration de l’espace tient du gaspillage. Le poétique ne se raisonne pas. Pour moi, cette photo n’a pas de prix. Pour elle seule, j’endosse l’esprit d’exploration des USA.

À bien des égards, ce pays a été dans le passé un modèle à suivre.

Ce qui me réjouit, c’est que le Québec a parfois compris que le modèle américain était à éviter. C’est particulièrement réconfortant alors que nous luttons contre une menace virale historique.

Imaginez si nous avions un chef qui oscille entre la stupidité et le narcissime pathologique. Imaginez un régime de santé à deux classes.

Les États-Unis de Trump sont devenus la risée du monde entier. La planète entière se retient de rire ouvertement pour les mêmes raisons qu’on ne rit pas d’un colosse fou armé. Un peu par compassion, mais surtout parce qu’on ne rit pas d’un fou qui a un gros gun dans les mains.

Les États-Unis de Trump n’ont pas abouti à Trump naturellement. Pour qu’un tel homme soit élu, il a fallu que la politique tourne à la médiocrité, au vedettariat et à la consommation. Que la population se mette à se comporter comme des clients plutôt que des citoyens. Qu’on vote pour un slogan ou un courant. Et qu’on se désintéresse de la politique parce que, oui, ça devient de plus en plus difficile de naviguer vers le vrai à travers la bullshit.

Je suis profondément attristé par le sort des Américains. Ils sont désorganisés et divisés. Certains laissent leur foi dominer la raison. Le volume du mensonge public est à 10 et ça étouffe les voix modérées. Au coeur d’une crise, les pauvres meurent plus que les autres.

On dit parfois que quand on se compare, on se console. 

Mais je pense qu’on doit surtout être triste et compatissant. Parce que Trump, malgré ses slogans, n’a rien à voir avec l’Américain moyen. Chez eux comme ailleurs, la télévision ce n’est pas la vraie vie.

On peut certainement trouver que c’est un juste retour des choses de voir l’empire voisin entrer dans son déclin. 

Mais il faudra aussi songer que contrairement à nous, nos enfants et petits-enfants devront vivre dans un nouveau monde, sans son réconfortant parapluie.

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