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Lieux, Réflexions, Santé, Soupers confinés

Arrêt sur image d’une catastrophe annoncée – souper confiné – jour 24, le 17 avril 2020

Voilà maintenant plusieurs jours qu’on partage un repas ensemble. Si c’est votre première fois, vous pouvez lire nos rendez-vous précédents.

Voici donc le «souper confiné» du jour. Nous vous en présentons du lundi au vendredi en ces temps de pandémie. Aujourd’hui, on a confié la tâche de ce souper à un invité.

Si vous voulez contribuer à la réflexion, vos plats sont les bienvenus à [email protected].

Notre invité d’aujourd’hui est Michel Bouvrette, qui avait aussi contribué début avril.

Je me demande pourquoi, aujourd’hui.

Je me demande pourquoi ce n’était pas hier, avant même que Greta Thunberg parcoure le monde et crie sa colère, sa peine de voir notre Terre-Mère souffrir autant.

Je me demande pourquoi nous ne l’avons pas entendue, Elle qui, de ses entrailles, hurlait son désarroi, sa souffrance, son ras-le-bol.

Je me demande, demain…

Diagnostic

Et pourtant, les symptômes étaient là, visibles à l’œil nu.

La Terre-Mère n’en finissait plus de nous manifester les désordres humains qui la font pâtir, depuis des années.

Lorsque chez l’humain on veut savoir si un virus est bien présent, on prend sa température pour vérifier s’il fait de la fièvre ou non ; s’il y a des signes d’essoufflement, on lui administre de la médication, on le branche sur le respirateur pour alléger ses souffrances et prévenir les complications.

Pourtant, ça fait des décennies que la température de notre Terre-Mère augmente sans arrêt, que le niveau des océans ne cesse de monter et on espère que ça s’arrêtera un jour. Notre vie est polluée par notre trop grande activité économique et une très forte croissance démographique qui rejettent dans l’atmosphère des millions de tonnes de CO2 que nos forêts dévastées ne peuvent plus transformer.

Traitement

Lorsque la santé humaine se complique, l’appareil médical au complet cherche des solutions, des remèdes, des traitements et des vaccins éventuellement, afin de maintenir la vie.

Si le patient était notre Terre-Mère, Celle qui nous abrite ?

Soit Elle meurt à petit feu ; soit Elle éclate en mille miettes ; ou, ultimement, Elle tente de survivre par les moyens dont Elle dispose.

C’est comme si la Terre-Mère faisait une crise de dermatite, de dermatite de contact aiguë (je sais, je l’ai vécu l’année dernière !). La démangeaison se répand à la surface et rien ne peut adoucir complètement la douleur de l’inflammation. La Terre-Mère a beau déverser sur ses berges des eaux nouvelles, des tsunamis, l’inflammation est toujours en augmentation. Elle lance des tornades, des typhons, des ouragans, Elle est à bout de souffle. Elle allume d’immenses brasiers afin de détruire la racine du mal, l’agent destructeur se déplace dans les vallées asséchées.

Elle a crié sa détresse ; on ne l’a pas écoutée.

Avec le temps, Elle a fini par identifier son agresseur : l’activité humaine et ses complices, les humains.

Aux grands maux les grands moyens ! Éliminons l’agression, supprimons l’agresseur.

Comment ? En contraignant l’humain et son activisme éhonté à se mettre sur pause. Ainsi, Terre-Mère s’offrira une quarantaine pour soigner ses plaies.

Mais, comment stopper ces humains avides de croissance économique, d’activisme dépourvu de conscience sociale… ?

Hypothèse

Terre-Mère a laissé surgir de son corps, de ses terres, un minuscule virus qui s’attaque à la source de son problème. Mais une Mère ne peut pas faire cela à celles et ceux qu’Elle a vus naître et qu’Elle abrite ? me direz-vous.

Non, c’est vrai. Elle ne le fait pas « contre » la création, mais envers l’agent destructeur qui abime, maltraite, détruit la création.

C’est le cycle de la vie !

C’est la règle de la sélection naturelle. Les scientifiques soutiennent même que de tout temps, depuis la création de la Terre, les virus sont là pour s’en prendre et s’attaquer aux agents dominants, assurant ainsi un certain équilibre de vie (écoutez Boucar Diouf à ce sujet).

Ne vous méprenez pas, mon point de vue n’est pas une vue machiavélique de l’histoire, ou une quelconque référence au Malin. Non, c’est tout simplement ma réflexion, l’hypothèse que la Terre est un organisme vivant avec des mécanismes possibles d’autorégulation.

En fait, nous les humains, il faut bien se le dire, nous sommes la seule espèce vivante qui, par son intelligence, a le plus d’influence sur la vie de la planète, en la gardant en harmonie ou en contribuant ardemment à son déclin.

Ne soyons donc pas étonnés de la grande importance de cette pandémie. Elle est à la hauteur de ce dont la Terre-Mère a besoin pour endiguer le mal, la souffrance qu’elle subit.

Ça suffit !

Tous les cris et les SOS émis par les écologistes et environnementalistes n’ont été que balbutiements prophétiques de cette complainte venue de Celle qui nous a permis de voir le jour et de vivre. Ces prophètes avaient annoncé cet événement dans le désert de l’indifférence, en criant du haut de leur chaire qu’il fallait parler de décroissance, d’investissements massifs dans les énergies vertes, de changement climatique pour ainsi ralentir notre train de vie. Constatant l’aveuglement volontaire et la sourde oreille des analphabètes de la science, une Voix s’est levée dans le silence le plus criant :

Ça suffit!

Doucement, sans faire signe et sans éclat, Terre-Mère s’est donné un messager du nom de Covid. D’Orient, il a voyagé sur tous les continents, semant consternation et désarroi. Dépourvue de ses moyens habituels pour freiner la course de ce virus, l’Humanité tout entière s’est arrêtée. Mise sur pause et en quarantaine pour plus de quarante jours… Décroissance imposée.

Arrêt sur image.

Et après ?

Qu’adviendra-t-il après que le tsunami viral se sera retiré dans ses retranchements ?

Terre-Mère enlèvera son respirateur artificiel. 

Sa faune et sa flore, lentement se renouvelleront, se raviveront.

Les oiseaux voltigeront sous la brise et ne se cacheront plus pour survivre.

Les fleurs accueilleront librement les rayons de Frère-Soleil, sans pudeur. 

Les forêts renaîtront des cendres laissées derrière.

Les océans se tiendront loin des rivages, laissant les berges de sable blanc aux palmiers. 

On verra Sœur-Lune s’entourer de la Voie-Lactée sans smog.

Et l’humain ?

Peut-être que le confinement, cette disette de relation humaine et sociale, lui aura permis de tronquer le verbe « avoir » pour le verbe « être ». Ici et là, les peuples auront possiblement réalisé l’importance de la vie humaine, quel que soit la race, la langue, la religion, la richesse, ni même l’âge.

Comme tout organisme vivant qui, attaqué par un agent viral, développe des anticorps, Terre-Mère déploiera ses propres « anticorps-humains ».

Si l’humain mute en une nouvelle souche de virus, espérons que ce sera vers une souche plus respectueuse de l’organisme qui le maintiendra en vie.

Sinon ?…

Michel Bouvrette, avril 2020

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