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Personnes, Réflexions, Soupers confinés

On en profite pour changer un peu? – Jean Dumais – souper confiné – jour 30, le 27 avril 2020

Voilà maintenant plusieurs jours qu’on partage un repas ensemble. Si c’est votre première fois, vous pouvez lire nos rendez-vous précédents.

Voici donc le «souper confiné» du jour. Nous vous en présentons du lundi au vendredi en ces temps de pandémie. Aujourd’hui, on a confié la tâche de ce souper à un invité.

Si vous voulez contribuer à la réflexion, vos plats sont les bienvenus à [email protected].

TopoLocal vous invite aujourd’hui à partager les réflexions de Jean Dumais, aujourd’hui retraité et citoyen de Saint-Colomban. M. Dumais a été maire de cette municipalité de 2013 à 2017. Il avait auparavant été membre du conseil municipal.


Cela fait plus d’un mois que nous sommes confinés. Tout ça à cause d’un virus, tout ça à cause d’une microscopique bête couronnée…

En effet, nous en sommes à vivre une septième semaine avec toutes ces
fermetures. Avec ces conversations que l’on tient désormais à distance avec les personnes que l’on côtoie. Avec cette nécessaire constante distanciation. Avec des contacts devenus virtuels avec la famille et les personnes que l’on aime. Avec ces périodes d’attente, où la circulation est restreinte dans les
commerces et les services encore ouverts. Avec ce questionnement, avec cette méfiance, avec cette nouvelle relation pleine de suspicion pour tout ce qui nous est livré, pour tout ce que l’on dépose dans nos mains.

Maintenant, même un éventuel déplacement en automobile, régional ou pire, inter-régional, fait l’objet d’un examen de conscience! Alors, on reste chez soi.

Six semaines où l’on ne sort que pour se procurer l’essentiel, à manger et à
boire! Bien sûr qu’il y a tous ces drames où l’on décompte nos morts chaque jour. Bien sûr que l’on s’attriste collectivement des constats dramatiques de ce qui se passe dans nos CHSLD et du traitement fait à nos personnes aînées. Bien sûr que l’on prend la réelle mesure combien nos sociétés n’étaient pas prêtes à affronter une pareille bête, un pareil virus, une telle pandémie.

Une occasion de réfléchir

Cependant, et c’est si important, quelle belle occasion avons-nous de nous
interroger sur notre vie collective et individuelle. Surtout si on a l’immense
privilège d’être en santé!

Alors, si on profitait de cet arrêt forcé, de ce confinement obligatoire pour se questionner réellement sur notre façon de vivre et sur ce qui gagnerait à être changé?

Si on profitait de cette pause imposée pour améliorer notre qualité de vie? Si on arrêtait cette course effrénée à la consommation? Si on stoppait nos folles excessives présences au travail suivant un réveil hâtif et un retour tardif à la maison? Si on analysait davantage les vertus du télétravail et les possibilités qu’elles deviennent une réalité pour beaucoup plus d’entre nous?

Si on mettait fin même à la course (mais oui c’est aussi si souvent une course!) aux activités de loisir et sociales qui marquent nos vies et celle de nos enfants? Si on cessait de se précipiter, parce que le temps là aussi y est compté, vers les centres sportifs, les salles de spectacle, les sorties de toutes sortes?

Si on prenait le temps désormais de souffler un peu entre deux nuitées?
Tout le monde se plaint des vies de fous que l’on mène tous et toutes, coincés entre le travail, nos besoins de loisirs, nos besoins de consommation.

Cette pause que nous impose la pandémie, nous offre une occasion unique
d’enfin s’offrir un monde meilleur. Oui, on aura à en rebâtir des pans de ce monde. Oui, on aura à traverser une crise économique. Plusieurs devront se serrer la ceinture. On ignore ce que seront nos vacances estivales et même s’il y en aura!

Déjà, on nous invite à consommer plus localement, à encourager nos artisans locaux plutôt que de consommer dans les grandes surfaces. Pourquoi ne pas cultiver un petit jardin, semer des légumes, des fruits, des fines herbes? Même sur un balcon!

Il nous faut poursuivre les bonnes relations avec nos voisins, notre communauté. Il nous faut nous entraider! Je n’ai jamais vu tant de monde cuire son pain, se faire à manger, parce qu’on est confiné chez soi. Il ne faudrait surtout pas cesser toutes ces pratiques que l’on a réussi à apprécier parce qu’on avait moins le choix, parce qu’on avait le temps; parce qu’on prenait enfin le temps, non?

Des nouvelles habitudes

C’est ce que je nous souhaite le plus aux lendemains de la fin de ce
confinement : il faudra comme individus et comme société arriver à nous
consacrer à nos besoins réels. Il faudra que nous ralentissions ces courses
effrénées au travail, au profit, à la consommation. Il nous faut apprendre à ne plus courir après tout ce qui est superflu, inutile.

Cette bête couronnée, on réussira sans doute bientôt à l’éliminer, alors pourquoi n’en profiterions-nous pas pour changer certaines de nos habitudes qui n’ont rien à voir avec la qualité de vie que tant d’entre nous réclament. Nos gouvernements pourront sans doute nous aider en favorisant nos industries locales, en subventionnant l’achat local, en mettant en place des mesures qui favorisent le télétravail.

Bonne réflexion! Bonne fin de pandémie et de confinement!

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