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Réflexions, Soupers confinés

Faire renaître le rêve – souper confiné – jour 32, le 29 avril 2020

Voilà maintenant plusieurs jours qu’on partage un repas ensemble. Si c’est votre première fois, vous pouvez lire nos rendez-vous précédents.

Voici donc le «souper confiné» du jour. Nous vous en présentons du lundi au vendredi en ces temps de pandémie. Aujourd’hui, on a confié la tâche de ce souper à un invité.

Si vous voulez contribuer à la réflexion, vos plats sont les bienvenus à [email protected].

Note de Charles Michaud: Notre invité aujourd’hui est un vieux chum du secondaire, Claude Morris. On s’est côtoyés à l’époque de tous les possibles. On ne se voit pas souvent, je dirais même rarement. Mais les réseaux sociaux nous permettent d’échanger un clin d’oeil de temps à autre. Je ne sais trop comment dire, mais il est dans ma liste des « faudrait bien ». Comme la lampe à la fenêtre d’une maison connue où l’on ne s’arrête pas assez souvent.

Faudrait bien, que je disais… Je vous laisse avec sa plume.

Charles, à ton invitation de rédiger un texte d’un minimum de cinq cent mots, je réponds présent. Facile, je suis confiné, comme mes frères humains. Le sujet s’impose subliminalement : la pandémie de Covid-19.

Alors que les scientifiques, encore eux, l’avaient prédit depuis quelques années déjà, nous poursuivions notre course effrénée vers les plus hauts sommets. Sommets cours-bénéfices, sommet de consommation et d’endettement, sommets d’engorgement des urgences et des routes, sommets de déforestation et sommets de suffisance et d’arrogance (est-il besoin de le nommer?). Il y a bousculades sur l’Everest. La CIA, en 2009, ainsi que Bill Gates en 2015, renforcèrent l’hypothèse de cette pandémie qui nous frappe à l’heure actuelle. Trop occupés à grappiller les ressources de notre habitat, nous n’avons pas tendu l’oreille. La récréation est maintenant terminée.

Je ne citerai pas Les animaux malades de la peste, car il ne s’agit pas ici de trouver un coupable, fût-il chinois, mais je cite Le Mulet se vantant de sa Genealogie:

Quand le malheur ne serait bon

Qu’à mettre un sot à la raison,

Toujours serait-ce à juste cause

Qu’on le dit bon à quelque chose.

Jean de La Fontaine, Le Mulet se vantant de sa généalogie, Fables, 1668-1694

Comme on dit aussi, « à quelque chose malheur est bon ». Ainsi, ce virus infâme a réussi à régler en quelques semaines des problèmes que nos gouvernements successifs n’ont pas entamé depuis trente ans. Les urgences sont libres d’accès, les routes sont désengorgées, la pollution, sous toutes ses formes, a diminué. Il paraît que la couleur de l’eau a changé à Venise. Pourrait-il aller plus loin et nous débarrasser de notre individualisme, et de cette manie à nous précipiter sur nos appareils électroniques à tous moments? C’est l’espoir auquel je m’accroche.

Nous attendions un messie et voilà qu’apparaît un virus couronné. Il fait fi des frontières, des classes sociales, frappe les princes, les premiers ministres et les pauvres, malgré que ces derniers ont moins les moyens de se défendre que les autres.

Il attaque les soldats, qui n’ont plus d’armures et qui doivent baisser la garde. Il tue les croyants et les mécréants, vide les églises autant que les mosquées. Nous n’aurons d’autre choix que de nous soumettre à sa volonté, d’entendre son message et de commencer enfin à prendre soin, non seulement de « nos aînés », mais de nos enfants et de tous nos semblables, de notre environnement et de notre santé, mentale autant que physique.

C’est cette perpective qui égaie mes journées de confinement. Bien sûr je suis privilégié d’avoir Josée à mes côtés, et un chat, mais l’espoir de voir notre société évoluer vers une revalorisation des rapports humains a aussi de quoi me consoler. Nous entendons des musiciens faire de la vraie musique, avec de vrais instruments pour du vrai monde, non pour des abonnés Spotify. Nous prenons des nouvelles de nos parents et amis, de vive voix. Nous prenons le temps de pétrir notre pain et retrouvons la douceur de vivre des choses simples. Nous jouons avec nos enfants. Nous allons à la découverte de nos voisins, maraîchers, artisans d’une économie de proximité. Serait-ce le début d’un temps nouveau? Celui dont nous avons rêvé adolescents? C’est ce que je nous souhaite à tous.

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