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Affaires, Politique, Réflexions, Soupers confinés

Il y a des solutions pour le centre-ville de Saint-Jérôme, mais… – souper confiné – jour 41, le 12 mai 2020

J’ai fait hier un portrait de la situation de Saint-Jérôme et de son centre-ville. Je me risque aujourd’hui à mettre de l’avant des solutions.

Les solutions, malgré les croyances de plusieurs, sont simples. Attention! Je n’ai pas dit qu’elles sont faciles, ni qu’elles ne rencontreront pas d’opposition, ni qu’elles ne bouleversent pas des idées reçues.

Mais comme c’est souvent le cas, le «dossier» n’est pas si complexe, à moins de trop écouter la panoplie habituelle d’experts qui, dans bien des cas malheureusement, gagnent leur vie à compliquer les choses simples. Je m’excuse d’avance auprès de tous les professionnels qui gagnent leur vie en simplifiant les choses. Ainsi, personne ne se sentira visé.

Un centre-ville a besoin d’être habité

La principale lacune du centre-ville, personne n’a réussi à la corriger depuis des décennies. Au contraire, on l’a encouragée avec énergie. Un centre-ville en santé a besoin d’être habité, pas visité. Habité, avec un grand H.

Présentement, le centre-ville est visité du lundi au vendredi, durant les heures de bureau ou de classe. Il est parfois visité le temps d’un événement spécial, d’un festival ou d’un spectacle, comme la Ville et d’autres en organisent occasionnellement, mais il se vide tout de suite après.

Quant tout le monde embarque dans son char et retourne dans son bungalow, on n’a plus de ville.

Pour être en santé, le centre-ville doit aussi accueillir une population mixte, c’est-à-dire des gens de tous les âges et de toutes les conditions économiques. Présentement, le principal facteur qui fait que quelqu’un s’installe au centre-ville c’est la disponibilité de logements à bas prix, subventionnés ou pas.

Pour briser le cercle, il faut une stratégie agressive. Il faut un aménagement de qualité. Il faut un environnement attrayant pour les résidents. Et il faut mobiliser tous les acteurs de l’économie régionale.

Un aménagement de qualité

Sur ce plan, certaines solutions prometteuses à long terme sont déjà en cours. Le développement du Cégep de Saint-Jérôme et celui de l’UQO, la construction du Théâtre Gilles-Vigneault sont des moteurs exceptionnels pour augmenter l’achalandage au centre-ville. Tout comme la présence de la gare intermodale, ils contribuent à en améliorer l’attractivité. 

De plus, les initiatives de mise en valeur du centre-ville, notamment la réfection du Parc Labelle et les aménagements en cours en bordure de la rivière, sont positives à long terme, mais il faut souhaiter les voir mieux soutenues dans l’avenir.

Car il y a des ratés dans la machine. Stéphane Maher, qui aime bien les acronymes anglais, aime bien dire que la gare intermodale constitue un exemple de TOD ( un transit-oriented development ) mais il manque un morceau important de l’équation. Orienter le développement vers le transport, c’est mettre en place des quartiers durables autour des points d’accès du transport en commun. Or le seul «quartier» créé par la Ville, le Quartier 50+, est un autre de ces endroits qui deviennent des déserts quand tout le monde s’en va. La gare du train de banlieue, qui se voulait un autre moteur de développement, est elle aussi déserte en dehors des heures de pointe.

La Navette soulage bel et bien les problèmes de stationnement du Cégep et de l’UQO, mais elle fait circuler davantage d’autos à travers la ville.

Il y a des perles au centre-ville de Saint-Jérôme, entre autres cette boulangerie propriété de Lionel Ducreau, qui prouve qu’on peut y faire de bonnes affaires avec du talent et de l’imagination.

Exception heureuse, le Parc linéaire du P’tit Train du Nord génère non seulement des passants et des touristes mais il attire aussi des gens qui prennent plaisir à s’y arrêter.

Hélas, même dans ce cas, on dirait que l’aménagement a été fait par un élève qui a coulé son cours d’urbanisme. Non seulement les cyclistes qui arrivent du sud aboutissent sur une place piétonne maladroite, mais encore faut-il qu’ils fassent un détour autour d’un édifice gouvernemental pour continuer leur chemin vers… une autre place piétonne parfois bloquée pour des événements.

Pire encore, le corridor de l’ancien chemin de fer, qu’on a protégé de Laval à Mont-Laurier ( parce qu’un jour le train ira plus loin ) est brisé aujourd’hui par un édifice que Saint-Jérôme a laissé construire. Selon toute apparence, personne n’avait songé à la continuité du couloir ferroviaire…

De toute évidence, ce n’est pas d’un cran qu’il faut que Saint-Jérôme monte son jeu, mais de plusieurs.

Attirer des résidents

Le centre-ville a besoin d’être un environnement vivable. Sur ce plan, Saint-Jérôme a besoin d’être créative. Pas seulement dans ses organigrammes et ses slogans, pas seulement avec des vieux refrains fatigués, mais de façon franchement et résolument contemporaine et différente.

Il faut puiser dans la créativité de tous les milieux. Bref, cesser les vieilles recettes et innover. Saint-Jérôme devrait avoir un programme par lequel les oeuvres des artistes locaux occuperaient toutes les vitrines abandonnées, et pas seulement des lions ou des trains…

Saint-Jérôme devrait avoir des règles sévères sur l’état des bâtiments et, surtout, surtout, les appliquer. Les logements du centre-ville devraient être inspectés régulièrement et contraints à la salubrité.

Il faut discipliner les investissseurs passifs, assis sur des terrains qui ne sont pas développés: soit on les taxe davantage, soit on les incite. Mais une chose est claire, rien qu’à y regarder: les mesures actuelles ne marchent pas. Il faut de toute urgence inventer des incitatifs fiscaux non seulement pour tasser les investisseurs passifs, mais aussi pour inciter les commerces à s’y installer.

Il ne faut pas avoir peur non plus de faire des choses radicales. Puisque la 117 est un axe qui traverse la ville de bord en bord, pourquoi ne pas dévier la 117 pour qu’elle emprunte désormais la rue Melançon? Cela permettrait de limiter le circulation lourde au centre-ville et de transformer les rues en véritables rues lentes, dont on utiliserait la surface pour augmenter la capacité de stationnement?

Pourquoi le Québec tout entier ne parlerait-il pas de la ville qui a eu le courage de fermer ses rues? ( Ça ferait changement avec la ville dont le procès du maire est encore reporté… )

Il faut aussi songer à faire en sorte que les gens aiment se promener au centre-ville. Un changement qui requiert une plus grande présence policière. Voilà une autre chance: pourquoi ne pas ramener le poste de police au centre-ville? Pourquoi pas une présence policière accrue, à pied, hiver comme été. Évidemment, on pourra toujours dire qu’il n’y a pas de police parce qu’il n’y a pas de personnes. Ou peut-être qu’il n’y a pas de personnes parce qu’il n’y a pas de police.

Chose certaine, il faut que notre ville fasse sa marque, et ce de façon originale et innovante.

Le besoin d’agir ensemble

Relancer Saint-Jérôme, ça passe par une collaboration de toute la région dont Saint-Jérôme est le centre. Ça passe obligatoirement par une confiance réciproque entre chacune des villes du territoire. Et surtout par une confiance entre tous les élus. Cette confiance, cet esprit de collaboration, ne peut pas être un simple accommodement, ni un compromis, bien au contraire. Pour faire une région forte, il faut une mission claire, endossée avec enthousiasme et complicité par toutes les villes.

Or il y a en ce moment un accroc majeur. Le maire de Saint-Jérôme est en sursis. J’oublie le sursis légal entourant son procès, je parle de son sursis politique. 

Stéphane Maher manoeuvre seul. Au lieu d’inventer une taxe police qui n’était qu’un show de boucane, il aurait pu convaincre les autres maires de la MRC de l’aider à définir le rôle de ville-centre de Saint-Jérôme. Imaginons un instant la réaction de Québec si des municipalités à la fois desservies par la Sûreté du Québec et une police municipale avaient demandé ensemble au gouvernement de faire le ménage dans son fouillis.

Le quart de son conseil a quitté son équipe. Ce n’est pas rien. La totalité de ceux qui restent ne disent pas un traître mot qui ne soit filtré par la machine des communications officielles. Et le mot d’ordre sur le «cas» du maire est le silence total.

Comment se fait-il qu’aucun des conseillers de l’équipe du maire ne se soit levé? Ils ont au moins le devoir de le questionner. Et le loisir de l’appuyer s’ils le désirent. Mais non, depuis maintenant presqu’un an que leur maire, le chef de leur parti, est accusé de fraude électorale, ce qu’ils ont à dire, c’est rien.

Quant aux autres maires de la MRC, ils font des commentaires polis, et roulent les yeux quand les micros sont éteints. 

Relancer le centre-ville de Saint-Jérôme c’est relancer la façon de penser de toute une région. Ça va exiger de l’imagination et de la transparence et une capacité de solidariser les gens qui, pour l’instant, dépasse de très loin le petit bunker intime de l’administration Maher et de ses drones.

C’est bien beau un acrostiche. Les enfants d’âge scolaire en font avec leur nom de leur mère et c’est cute comme tout. Mais VSJ 2022? Vitalité, santé, joie? Ça sonne creux, je regrette.

Stéphane Maher, dont l’administration n’a jamais hésité à suspendre des cadres qui étaient sous enquête, aurait dû au minimum avoir le réflexe de se suspendre lui-même alors qu’il est non seulement sous enquête, mais accusé de manoeuvre électorale frauduleuse.

Pire encore, le temps a démontré qu’il n’y a personne, pas un seul élu du parti au pouvoir, qui a eu la parcelle de courage requise pour se lever et questionner.

Alors quand cette chorale-là décide d’entonner une chanson, elle peut bien chanter toute seule.

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