Yvon Robert vit aujourd’hui sa retraite à Saint-Jérôme, mais pendant plusieurs années, il n’avait pas besoin de présentation. On le retrouvait tout simplement… partout! 

Il a dirigé la Commission scolaire de Saint-Jérôme pendant plus d’une décennie. Il a été président du Conseil régional de développement. Il a été président du conseil d’administration du Cégep. Il a été président de la Chambre de commerce de Saint-Jérôme, qui lui décernait son prix Jérôme Le Grand en 1989. Il a été applaudi, dénoncé, soutenu et contesté, mais toujours respecté et écouté, même par ceux qui ont été ses adversaires.

Né en 1936, l’homme est un pur produit de la révolution tranquille. Avide observateur de la chose publique, il a toujours été davantage un influenceur et un stratège qu’un politicien. Bien qu’il ait flirté avec la politique à quelques reprises, il a été candidat une seule fois, en 1997, dans la circonscription de Prévost, avec l’Action démocratique du Québec(ADQ) de Mario Dumont. Mentionnons, pour ceux qui s’en souviennent, qu’il a cependant été un complice et supporteur très public de sa conjointe Yolande Leduc, qui fut candidate à la mairie de Saint-Jérôme en 1981.  

Au centre de la photo on reconnaît Yvon Robert au début des années 1980, alors qu’il était directeur général de la Commission Scolaire de Saint-Jérôme. Il est entouré du président du conseil des commissaires de l’époque, Jacques Ouimet, et de Marcel Gibeault, qui était alors secrétaire général de la commission scolaire.

Toujours prêt à s’impliquer dans les causes auxquelles il croit, ses convictions ont souvent transcendé les lignes de parti. On l’a ainsi vu travailler dans les années 1980 aux côtés du Parti québécois, dans le dossier de la décentralisation administrative du Québec, et avec l’ADQ de Mario Dumont, dans les années 1990, lors d’une importante réflexion sur l’éducation. L’ADQ allait plus tard se fusionner avec la Coalition avenir Québec de François Legault. M. Robert milite aujourd’hui au sein du Parti libéral du Québec.

Yvon Robert s’est mis à la rédaction de ses mémoires depuis quelques temps, un projet qu’il est en voie de compléter. 

À Saint-Jérôme, son empreinte la plus importante est sans contredit l’Académie Lafontaine, une école privée de 2200 élèves reconnue comme un atout important dans le développement de la région.

De concert avec TopoLocal, Yvon Robert rend publics aujourd’hui deux chapitres de ses mémoires qui touchent l’Académie Lafontaine et son expérience dans le domaine de l’enseignement privé. Cette publication coïncide avec le 35e anniversaire de la fondation de l’Académie Lafontaine, ainsi que le 25e de son départ de l’école qu’il avait fondée.  Mais laissons-le raconter l’histoire.

Le lancement officiel des travaux de construction de l’Académie Lafontaine en 1987. Son initiateur Yvon Robert, 2e à droite, est entouré de plusieurs dignitaires et partenaires, dont le député Paul André-Forget, au centre.
Le lancement officiel des travaux de construction de l’Académie Lafontaine en 1987. Son initiateur Yvon Robert, 2e à droite, est entouré de plusieurs dignitaires et partenaires, dont le député Paul André-Forget, au centre.

Avant-propos

Aujourd’hui à l’aube de mes 84 ans, je reprends l’écriture de mes mémoires. C’est un travail que j’avais amorcé en 2011. au moment de la tenue des élections fédérales, en mai. 

Le vote se tenait le 2 mai 2011, mais j’étais entré au travail 36 jours avant l’élection, dans un bureau de vote par anticipation. Les électeurs se faisaient rares plus d’un mois avant le scrutin, et j’avais beaucoup de temps pour lire.

Quelques années plus tôt, en 2003, à la suite d’un travail de consultation dans une école privée, on m’avait offert en cadeau « L’art de ne pas travailler – petit traité d’oisiveté active à l’usage des surmenés, des retraités et des sans emploi ». À ce moment-là, je répondais à ces trois critères.

C’est à la suite de la lecture de ce livre d’Ernie Zelinski que l’idée m’est venue de coucher sur papier les réflexions qui suivent. J’ai vite réalisé que les quelques premières lignes que j’ai rédigées n’étaient qu’un début. À l’écriture beaucoup de souvenirs me sont revenus. L’écriture est un grand libérateur et, comme l’auteur le dit, une bonne façon pour meubler ses loisirs. L’exercice m’a fait beaucoup de bien et m’a permis de me rendre compte que j’avais été gâté par la vie malgré tout, et que l’avenir me réservait d’autres réalisations.

Dans son livre, Zelinski donne plusieurs exemples. À 94 ans, Bertrand Russell militait activement pour la paix. À 90 ans, Picasso était toujours un créateur prolifique et produisait de nombreux dessins et gravures. Enfin, Buckminster Fuller, après sa 90e année, défendait activement son projet pour un monde nouveau.

À moi qui avais 75 ans à ce moment-là, la vie réservait encore de belles réalisations.

Aujourd’hui, je fais un bilan de ce parcours. Par devoir de mémoire. Parce qu’il faut savoir d’où l’on vient pour décider où l’on va. Parce que l’éducation, la politique, le développement de notre collectivité, trois sujets qui m’ont toujours passionné, sont toujours aussi importants.

Je ne sais pas combien il me reste de chapitres, mais le temps était venu de rédiger ceux qui sont passés.

La création de l’Académie Lafontaine 1985-1995: les 10 premières années

À l’automne de 1985, je travaillais depuis quelques mois, à titre de consultant, sur un projet d’école privée de Baie-Comeau. Le dossier était complété, il était devant la Commission consultative de l’enseignement privé, qui a la responsabilité d’accepter ou non les projets d’école et de faire les recommandations au ministre.  J’avais multiplié les voyages à Baie-Comeau, à Québec, à Montréal pour préparer ce dossier.

C’est le monde à l’envers dans ma vie. Je n’ai plus de salaire, c’est mon épouse qui fait vivre notre famille. Tout un changement!  Jusque-là, ma vie professionnelle avait été un tourbillon : d’abord professeur au Collège Saint-Sacrement à Terrebonne, j’étais ensuite devenu promoteur du développement de ce même collège. En moins de trois mois, j’étais passé d’un collège privé religieux, avec 150 élèves, à une école de 700 élèves associée à la Commission scolaire régionale Duvernay. Ensuite je suis devenu directeur des études, puis directeur général de la Commission scolaire de Saint-Jérôme qui, en 15 ans, passe de neuf écoles primaires à 23 écoles primaires et secondaires. Par la suite j’ai été directeur général de la Fédération des cégeps.

Durant mes périples à Baie-Comeau, on m’avait offert la présidence du mouvement de l’enseignement privé, poste bénévole consacré à la promotion de l’enseignement privé au Québec. J’ai présidé cet organisme pendant sept ans.

Pourquoi l’école privée ?

On présente souvent l’enseignement privé au Québec comme un compétiteur de l’école publique. Pour ma part, je crois que nous gagnerions à tirer profit des deux modèles. J’ai passé les dix premières années de ma carrière dans le privé, puis j’ai ensuite dirigé une importante commission scolaire, celle de Saint-Jérôme, durant plus d’une décennie. Cette vingtaine d’années et un peu plus, de 1960 jusqu’au milieu des années 1980, a été marquée par une transformation profonde du monde de l’éducation ainsi que la naissance d’institutions et de réseaux qui sont encore en place aujourd’hui..

La culture institutionnelle des écoles privées était riche d’un long passé en matière d’éducation et de formation, mais aussi d’un réseau d’institutions indépendantes et décentralisées. Bien sûr, elles n’étaient accessibles qu’à une minorité. Mais l’expérience et la culture des écoles privées s’est étendue facilement au réseau public dans les réformes des années 1960 puisque beaucoup des dirigeants et les enseignants ont tout simplement changé d’employeur. Il ne fait aucun doute que le rattrapage historique souhaité par le rapport Parent a eu lieu.

Les écoles privées, contrairement au réseau public, ont continué de profiter de leur structure décentralisée. Ainsi, je crois qu’elles sont en mesure d’offrir un encadrement plus serré et de mieux répondre aux besoins des élèves, qui évoluent à vitesse grand V.  Mais je ne veux pas opposer l’une à l’autre. Il n’y a pas de temps à perdre en rivalités stériles ou en crêpage de chignons. Une réalité incontestable s’impose: il y a autant de personnel compétent et de parents motivés dans le réseau public. Hélas, j’estime qu’il est souvent trop lourd et centralisé pour réagir avec autant de souplesse.

Ce désir de voir les écoles mieux répondre à leurs milieux, j’ai eu l’occasion de la faire valoir à au moins deux reprises. D’abord en 1981, alors que j’ai participé aux travaux de la Commission sur la décentralisation administrative du Québec, mise de l’avant par le PQ sous René Lévesque, puis de nouveau en 1998, alors que j’ai contribué au projet de l’ADQ, L’école à la carte. Ces deux initiatives auraient mérité un regard non-partisan.

La présence des écoles privées a certainement influencé le réseau public. Qu’on songe aux écoles alternatives, aux écoles internationales, aux uniformes scolaires et aux programmes sports-études, ainsi qu’à divers efforts vers l’excellence auxquels les média ont contribué avec leurs palmarès d’écoles.  L’école privée n’a pas inventé ces initiatives mais je crois que sa présence y a contribué.  Dans une étude intitulée Le monopole public de l’éducation,  paru en 1989, deux chercheurs de l’Enap, Jean-Luc Migué et Richard Marceau, avaient d’ailleurs formulé l’hypothèse que la présence de l’école privée était un stimulant positif pour le réseau public. C’est par ailleurs Jean-Paul Desbiens – le frère Untel – qui en signait la préface.

Voilà pourquoi j’ai toujours cru à la pertinence des écoles privées.

Une école privée à Saint-Jérôme

C’est une remarque de mon épouse qui a déclenché le projet de l’Académie Lafontaine. « Pourquoi ne fais-tu pas un projet d’école privée à Saint-Jérôme? » m’a-elle suggéré. Cela m’a rappelé que, durant mes années à la Commission scolaire, des parents m’en avaient déjà parlé. Un collège classique avait déjà existé à Saint-Jérôme, un externat logé à l’école Marchand, près du parc Melançon. C’était un externat classique fondé par un prêtre; externat qui, depuis, avait fermé ses portes.

Je trouve l’idée intéressante. Je rencontre alors Monseigneur Charles Valois, évêque de Saint-Jérôme et un de mes anciens professeurs au Séminaire de Sainte-Thérèse, que je côtoyais régulièrement dans les réunions d’un groupe de Renouveau chrétien à Saint-Jérôme. Il trouve l’idée intéressante.

Je consulte aussi Paul-André Forget, alors nouveau député libéral de Prévost. Il m’encourage à aller de l’avant. Durant la même période, je croise aussi Dennis Geraghty, un avocat avec qui j’avais travaillé à la Chambre de commerce de Saint-Jérôme. De fait, il m’y avait succédé à la présidence.

Concours de circonstances, je retrouve sur mon chemin le notaire Jacques Foucher, alors greffier à la Ville de Saint-Jérôme. J’avais côtoyé Jacques Foucher à la Commission scolaire Saint-Jérôme. Il était venu présenter un projet d’école alternative qui avait été rejeté par la Commission scolaire. Le notaire Foucher, père d’une grande famille, avait réuni plusieurs familles et créé un mouvement, la Société Nature Science Culture des Laurentides. C’était comme président de ce groupe qu’il s’était présenté à la Commission scolaire. Jacques Foucher a vu dans le projet d’école privée une possibilité de réaliser son rêve.

La fondation de l’Académie Lafontaine

Ainsi en octobre 1985, je me retrouve avec Dennis Geraghty au sous-sol de la Caisse populaire de Saint-Jérôme comme invité à une assemblée générale du groupe créé par Jacques Foucher, la Société Nature Science Culture des Laurentides. 

Nos intérêts ont convergé: tous les membres du conseil d’administration de la Corporation démissionnent ce soir-là pour permettre l’élection d’un nouveau conseil d’administration ayant comme mission de mettre en place une école privée dans la région. Jacques Foucher accepte de participer à l’aventure avec Dennis Geraghty, Rosaire Houle, André Desjardins, professeur à la Polyvalente Saint-Jérôme, madame Saint-Hilaire, directrice-adjointe à la Polyvalente Saint-Jérôme. J’accepte la présidence du groupe. 

Le projet surprend. Ce qui fait dire à un journaliste de L’Écho du Nord : « Si on eût été à Paris, on aurait pu parler d’une cogitation sur la Rive Gauche. On est à Saint-Jérôme et on parle d’école privée ».

Contre vents et marées le nouveau Conseil d’administration se met au travail : où loger cette future école ? Comment la financer? Beaucoup de travail restait à faire. On s’est partagé les tâches. 

L’équipe s’est agrandi, Michel Verdier, un syndic de la région, s’est joint à nous. Je me suis installé dans les bureaux de Michel Verdier, un étage au-dessus de la Banque Royale au centre-ville de Saint-Jérôme. C’est là, qu’avec André Desjardins, nous avons rédigé, sur un ordinateur Commodore 64, notre dossier d’école privée pour le présenter au ministère de l’Éducation. Sans permis du ministère et de financement du gouvernement, impossible d’ouvrir une école privée à Saint-Jérôme. Notre modèle était tout tracé, je m’inspirerais du projet de Baie-Comeau. 

Là-bas, à Baie-Comeau, les parents avaient déniché une école secondaire habitée en partie par une communauté religieuse et à moitié vide. Ici, à Saint-Jérôme, les yeux sont d’abord tournés vers l’école Marchand, la même qui avait abrité l’ancien externat classique. Elle était alors sous-utilisée. Michel Verdier et un groupe de parents talonnent la Commission scolaire, se rendent aux assemblées; ils participent même aux élections scolaires pour tenter d’infléchir la Commission scolaire. Rien n’y fit.

D’autres locaux sont alors envisagés. L’usine de Tricofil était fermée, ce qui a laissé de grands locaux libres. Avec l’aide de l’ingénieur Claude Audy, nous avons évalué la transformation de la vieille usine. Ce projet a avorté puisqu’un groupe d’hommes d’affaires venait de se porter acquéreur du site. 

En 1986 Raymond Laroche, le maire de Lafontaine qui veut stimuler la croissance de sa ville nous propose un terrain. De notre côté on avait déjà imaginé un mode de financement original. On a rencontré la Commission consultative de l’enseignement privé et notre projet leur semblait intéressant, surtout de par le mode de financement envisagé. Ce mode était simple, il avait été imaginé par Ghislain Léonard, un comptable qui partageait les bureaux de Me Dennis Geraghty.  Chaque famille désirant inscrire un enfant à l’Académie Lafontaine devait souscrire 1 000 $. La Corporation de l’Académie Lafontaine, inscrite comme organisme de charité, émettait un reçu. Ce qui permettait aux parents de récupérer de l’impôt, soit environ 40 % du montant.

Cette même année, la Corporation, endossée par Dennis Geraghty et moi, souscrivait un emprunt de 50 000 $ pour procéder à l’achat du terrain et la mise en place d’une équipe pour faire la promotion du projet. Nous voulions consacrer les sommes empruntées au démarrage car nous avions choisi de conserver les souscriptions des parents pour notre futur budget opérationnel. Il faut rappeler qu’à ce moment, notre corporation est toujours sans le sou et nous travaillons tous bénévolement, moi et les fondateurs.

La charte de la Corporation est amendée pour que la Société Nature Science Culture des Laurentides devienne l’Académie Lafontaine. Toujours à la merci de quiconque acceptait de nous loger gratuitement, Je quitte alors les bureaux de Michel Verdier pour emménager à l’Hôtel de Ville de Lafontaine.

Une campagne s’organise alors pour gagner l’appui des parents à notre projet. Le gouvernement fédéral, via un programme pour réduire le chômage, a subventionné les salaires de cinq personnes à plein temps pour faire la promotion du projet.

Nous nous sommes équipés de matériel de promotion. Un dépliant pour expliquer les objectifs de la nouvelle école, un kiosque pour visiter les centres d’achat et les expositions régionales, bref tout ce dont notre équipe avait besoin. Nos efforts de promotion ressemblaient à une sorte de campagne électorale qui allait durer près de deux ans; avec tout ce que ça engendre de publicité dans les journaux, à la radio, et d’organisation des assemblées de cuisine.

Cette équipe est composée, entre autres, de Yvon Lauzon, futur professeur à l’Académie, une professeure de maternelle madame Anne Leroux, Andrée Forget, ma future secrétaire à l’Académie et Pierre Pilon. Ensemble nous avons préparé un plan de travail qui était évalué chaque semaine et ajustable selon l’évolution du projet.

De plus nous avons constitué un groupe de parents avec Denise Lorrain qui multipliera ses interventions auprès de monsieur Ryan, alors nouveau ministre de l’Éducation, le groupe est présent aux rencontres publiques de monsieur Ryan.

En même temps, en plus de participer à plusieurs assemblées de cuisine, j’ai rencontré tous les curés de la région pour leur présenter le projet; la Chambre de commerce de Saint-Jérôme, dont j’avais déjà été président m’a aussi permis de le présenter. En 1989 la Chambre de commerce m’honorerait d’ailleurs pour la création de l’Académie et mon implication à Saint-Jérôme. On comprendra que je partage cet hommage avec de nombreux collaborateurs. 

À l’automne 1986, le nombre de parents intéressés avait gonflé, les sœurs de la Charité d’Ottawa avaient décidé de s’impliquer, et notre conseil d’administration avait recruté des nouveaux membres dont Pierre Desrosiers, un important concessionnaire automobile,  ainsi que Marc Fortin, éditeur de l’Écho du Nord. Nous avons alors entrepris d’organiser notre première assemblée générale depuis que nous étions officiellement l’Académie Lafontaine.

Ainsi on s’est retrouvé au sous-sol de l’église Sainte-Paule, quelque centaines de personnes, pour faire un bilan des opérations. Sœur Suzanne Jacques, des Soeurs de la charité d’Ottawa,  est présente et est élue membre du conseil; décision bien accueillie par une majorité. Elle deviendra l’âme de la mise en place du primaire. Le curé de la paroisse Sainte-Paule , Roland Dagenais, est aussi élu membre de notre Conseil. Il devra cependant démissionner au cours des jours suivants, cédant sous la pression de l’évêque qui craignait perdre le financement de la pastorale dans les écoles. Pour la commission scolaire, nous étions devenus un concurrent.

Pour moi, à titre personnel, l’année 1986 fut difficile. Je m’étais même inscrit à l’assurance chômage et j’ai, de fait, reçu un premier chèque. Imaginez. Un fils de 20 ans à l’université, un autre de 15 ans au secondaire, et j’étais sans salaire depuis septembre 1985.

J’ai alors décidé alors de fonder ma compagnie de consultation pour faire du développement en enseignement privé. Je travaillais toujours pour le projet de Baie-Comeau. Le Collège Français avait requis mes services pour l’ouverture d’un secondaire privé à Longueuil. J’agissais aussi comme contractuel pour le développement du Parc de la Rivière-du-Nord, à Saint-Jérôme. Tous ces projets me permettaient de continuer à travailler bénévolement pour le projet de l’Académie Lafontaine.

1987, une année cruciale

Alors que s’entame l’année 1987, nous ressentons que notre travail rapporte enfin des fruits.  Les 1 000 $ de souscription commencent à s’accumuler. Tout cela grâce au travail du conseil d’administration, du groupe Canada au travail, et des parents avec Denise Lorrain. 

Pendant mon séjour chez Michel Verdier qui, de fait, était associé à Samson Bélair, cette firme s’était engagée à nous préparer un plan d’affaires en vue de trouver du financement. Advenant le succès de leur intervention, nous devions leur payer 15 000 $. Ils ont réussi! Deux institutions ont accepté de financer le projet pour 1 500 000 $, le Conseil d’administration a choisi la Caisse Desjardins de Sainte-Paule dont le directeur, Claude Martel, s’est battu bec et ongles pour nous aider à réaliser le projet.

À l’automne 1987, de retour d’une visite d’une école privée à Matane ( une école d’ailleurs fréquentée par Mario Dumont ) je m’arrête à Québec. Monsieur Ryan est en commission parlementaire. À la fin de la séance, j’en profite pour le saluer et m’informer de l’avancement de notre projet. Surprise : « Vous devez me prouver que vous êtes sérieux et me produire une garantie de 500 000 $ » me lance-t-il. 

Dans les semaines précédentes, le journaliste André Pratte s’était rendu à Saint-Jérôme pour me rencontrer en tant que président du Mouvement de l’enseignement privé. Je l’ai reçu à l’Hôtel de Ville de Lafontaine et nous nous sommes rendus ensemble sur la voie ferrée pour lui montrer l’emplacement futur de l’Académie Lafontaine, qui n’était qu’un champ, sans même d’accès routier encore. Le lendemain, il publiait dans La Presse un article sur l’ouverture de l’école privée à Baie-Comeau, l’école Jean-Paul II, et annonçait le projet de l’Académie Lafontaine.

J’ai une copie de l’article, mais pas la photographie de la forêt qui recouvrait alors les terrains de la future Académie Lafontaine. Vive réaction du directeur de l’enseignement privé : « Monsieur Ryan ne donnera pas de permis sur un terrain vague ». Monsieur Ryan avait besoin d’être sécurisé sur la situation financière de la Corporation de l’Académie Lafontaine. Dès le lendemain, je retournais à Québec avec la garantie demandée. Marc Fortin nous avait fourni cette garantie de 500 000 $.

1988: le projet est enfin reconnu …et financé

Dès le début de l’année 1988, j’ai multiplié les démarches pour faire aboutir le projet. D’abord, il faut le permis du ministère de l’Éducation, et aussi des locaux pour ouvrir l’école. Des parents ont même sollicité les Pères Jésuites, propriétaires d’un vaste édifice sur le chemin des Hauteurs,  afin qu’ils nous louent des locaux pour débuter. Pour ma part, je me suis tourné du côté de la Ville de Mirabel. Je connaissais très bien le commissaire industriel, monsieur Jean-Luc Riopel, le maire Hubert Meilleur et le directeur général monsieur Yves Lacroix. Eux étaient emballés par le projet. Ils avaient une école à nous proposer pour ouvrir en septembre 1988 à Saint-Janvier, le long de la 117, près de l’église. De plus, ils voulaient s’engager à nous construire une nouvelle école, avec gymnase, piscine, etc. sur les terrains de ce qui est devenu aujourd’hui Val d’Espoir, un complexe qui comprend un centre communautaire, une école polyvalente et un aréna.

Vers la fin de février, peut-être au début de mars 1988, nous avons tenu une nouvelle assemblée de la Corporation de l’Académie , au sous-sol de l’église Sainte-Paule à Saint-Jérôme. J’ai fait part à l’assemblée de la proposition de la Ville de Mirabel. La réaction a été unanime : on veut garder le projet à Lafontaine dans la région de Saint-Jérôme. 

J’ai alors dû expliquer le prix à payer. Sur-le-champ, deux membres du conseil d’administration acceptent. Pierre Desrosiers décide de nous prêter 250 000 $ contre une hypothèque sur la 2e partie de notre terrain (10 acres); Marc Fortin, pour sa part, 100 000 $ sans aucune garantie. Les sœurs de la Charité d’Ottawa nous donnent 100 000 $, le Collège Français 25 000 $.

Comme suite à cet effort, au début d’avril 1988, nous avons rencontré monsieur Ryan à son bureau de Montréal. Il est toujours ministre de l’Éducation, mais, fatigué, il songe à revenir au journalisme. Marc Fortin suggère même l’idée que Ryan achète l’Écho du Nord. Les pressions sont fortes, même les jésuites se joignent à nous pour faire pression sur monsieur Ryan. La proposition de la Ville de Mirabel l’impressionne. Puis enfin le 15 avril, nous avons reçu la fameuse lettre : nous avions le permis et la subvention – pour le secondaire seulement.

On a fait vite. Dans les jours qui suivent, la première pelletée de terre est levée, les travaux débutent, les fondations sont coulées, nous avions toujours de la difficulté à satisfaire aux exigences de la Caisse populaire Sainte-Paule qui, elle, est coincée par la Fédération des caisses. 

C’est alors que le Frère Robert, directeur du Collège Notre-Dame, s’amène à l’Académie. Il est président de l’Association des institutions d’enseignement secondaire privées, (AIES) qui a un fonds  pour aider à financer les écoles privées. Miracle! Le projet les emballe. Ils acceptent de nous prêter 500 000 $, le plus gros montant jamais prêté par l’Association. Des ténors d’écoles privées, comme sœur Annette Bellavance, avaient suivi l’évolution de notre projet et nous avaient même donné un ordinateur. C’est d’ailleurs elle qui m’avait demandé de prendre la tête du mouvement de l’enseignement privé. 

L’ouverture de l’école Jean-Paul II à Baie-Comeau avait mis fin à un moratoire de plusieurs années pour le développement de l’enseignement privé. J’avais aussi de très bonnes relations avec le Collège privé de Hull dirigé par les sœurs de la Charité d’Ottawa. Tous ces facteurs avaient contribué à nous ouvrir la porte.

Pour compléter le financement du projet, l’entrepreneur général, Les Constructions Daniel Bélec a accepté une balance de 180 000 $ sur le contrat de 1,5 million pour la construction du premier pavillon de l’Académie Lafontaine. Les premiers parents inscrits à l’Académie ont aussi souscrit 170 000 $. Pour terminer, afin de répondre aux dernières exigences de la caisse populaire, j’ai, avec neuf autres personnes, endossé une garantie de prêt de 250 000 $. Du groupe, on comptait Me Geraghty, le député P. A. Forget et même le supérieur de la Maison des Jésuites. 

Il faut rappeler que la Corporation de l’Académie Lafontaine était une OSBL, une organisation sans but lucratif. Tous les profits devaient être réinvestis dans l’entreprise. De quoi faire mentir tous ceux qui croyaient que l’Académie Lafontaine m’avait enrichi, moi, et toute ma famille.

Avril 1988: on prépare la rentrée

Quand nous avons finalement obtenu un permis du ministère de l’Éducation pour ouvrir une école privée desservant le primaire et le secondaire, j’ai quitté mon poste de président de la Corporation et je suis devenu le premier salarié de l’Académie Lafontaine. Il fallait préparer l’ouverture d’une école pour septembre. En avril, la rue de la future académie, le boulevard Maurice, n’existait pas! Les services municipaux ne se rendaient pas, et le site de l’école n’était qu’une excavation!

Au primaire, le noyau existait déjà : sœur Suzanne, les sœurs Monique et Lucie formaient déjà le noyau de base et étaient entourées du groupe de parents qui avait à faire la promotion du primaire. Le recrutement d’élèves n’était pas facile, le primaire n’étant pas subventionné. Les frais de scolarité s’élevaient à 5 000 $, sans compter le transport.

C’était tout un défi d’organiser une école primaire, avec tout juste 48 élèves au total, de la maternelle à la 6e année. De fait, en maternelle au début de l’année, nous n’avions qu’une seule élève.

Le secondaire, étant subventionné, comptait plus de 130 inscriptions de la 1re à la 3e secondaire. Le premier professeur de sciences était déjà sur place: Yvon Lauzon, qui avait fait partie du groupe Canada au travail. Pour compléter l’équipe, je comptais sur des gens d’expérience. D’abord, le frère Gérard Brodeur, qui a accepté de devenir à temps partiel le premier directeur des études de l’Académie Lafontaine. Le frère Brodeur, de la communauté des Frères de l’instruction chrétienne, avait beaucoup d’expérience. Au cours des dernières années, il avait aidé une école privée de niveau secondaire à se restructurer, l’école Notre-Dame-de-Lourdes. Pour le seconder dans la recherche de professeurs, il s’est adjoint un parent, Michel Bosset, professeur au cégep de Saint-Jérôme. Avec le frère Brodeur, ils ont procédé aux entrevues dans le but d’embaucher des professeurs de niveau secondaire. Le projet de l’Académie avait joui de beaucoup de publicité. Plusieurs offres de service nous ont été envoyées. Détail incongru qui reflète l’esprit de pionnier de nos premières recrues: c’est le bureau des pompiers à l’Hôtel de Ville de Lafontaine qui nous servait de salle pour recevoir les candidats. 

Pendant que sœur Suzanne et frère Brodeur s’occupaient de l’engagement des professeurs, je devais procéder à tous les autres aspects reliés à l’ouverture d’une école : ameublement, matériel scolaire, cafétéria, transport. Tout était à faire. On avait pris de l’avance, le poste de secrétaire était déjà pourvu par Andrée Forget du groupe Canada au travail, la personne toute désignée. Une partie de l’ameublement pour les élèves était déjà entreposée chez mon frère à Saint-Hermas. Il s’agissait d’un don du collège privé de Rawdon, le collège Champagneur. L’équipement pour les bureaux était déjà entreposé chez l’homme d’affaires jérômien bien connu Roland Godard, du matériel récupéré gratuitement à partir des surplus d’Hydro-Québec. L’ameublement pour la classe de maternelle était entreposé chez Dennis Geraghty; je l’avais acheté d’une garderie en faillite. Pour la cafétéria, avec moins de 150 élèves, nous ne représentions pas un marché attrayant. Heureusement, nous comptions parmi les parents de nos premiers élèves le concessionnaire de la cafétéria de la Polyvalente de Saint-Jérôme. Emballé par le projet, il a accepté d’ouvrir une cafétéria à l’Académie Lafontaine, il a cru en l’avenir de l’Académie; son nom est Marc Brulé.

Septembre 1988: la première rentrée

Nous avons eu moins de six mois pour construire une école. Un vrai miracle! Alors que les élèves arrivent, on est encore à poser la tuile sur les planchers; même un groupe de prisonniers de la prison locale est venu nous prêter main-forte pour déménager le matériel. 

Mon fils et ses amis lavent les bureaux entreposés à Saint-Hermas – les pigeons ont fait des dégâts!  Ensuite, avec une remorque, il se rend à Laval pour récupérer les chaises destinées à la cafétéria. Deux autobus, en fait des fourgonnettes, nous ont été fournies à des conditions exceptionnelles par Desrosiers Automobile et Ford Elite. Un ancien propriétaire d’un parc d’autobus et sa conjointe ont été engagés pour assurer le transport de nos premiers élèves; un circuit partira de Lachute, un autre de Saint-Joseph-du-Lac. 

Pour les élèves sur le territoire de la Commission Scolaire Saint-Jérôme, la loi prévoyait que leur transport sera assuré gratuitement dans le réseau de transport scolaire existant, sans frais pour les parents de l’Académie. Un concierge est recruté, Stéphane Therrien, employé à temps partiel à la municipalité de Village Lafontaine, il agira aussi comme transporteur pour notre élève de maternelle. Contre vents et marées, l’Académie Lafontaine ouvre ses portes comme prévu.

J’allais oublier, nos élèves portent un costume. Les services de la Maison Piacente avaient été retenus. Tout cela s’est fait à l’Académie à temps pour la rentrée de septembre 1988. 

Au fur et à mesure que tout se mettait en place, la routine s’est installée. Le construction a cédé la place à l’éducation et l’étude dans un climat propice à l’apprentissage. Nous étions une école. On avait construit un avion en plein vol, comme on aime le dire en 2020.

1988 – 1993: explosion du développement de l’Académie

On n’a pas chômé en 1988. Le conseil d’administration savait que pour se développer et le rendre accessible à un plus grand nombre de familles, le primaire devait être subventionné. Je me suis remis à l’ouvrage pour obtenir la fameuse subvention du ministère de l’Éducation. On exige une condition sine qua non : l’école doit disposer d’un pensionnat. Un autre miracle se produit. Claude Martel, toujours directeur de la Caisse Sainte-Paule, m’apprend que les Caisses Desjardins ont décidé de financer un pensionnat pour la Commission scolaire Pierre-Neveu, à Mont-Laurier. La commission ayant refusé l’offre, il est alors décidé que le projet de pensionnat atterrira dans la cour de l’Académie Lafontaine. C’est ainsi qu’avant la fin de 1989, après de nouvelles démarches auprès de monsieur Ryan, l’Académie Lafontaine obtient la subvention pour le primaire.

En cours d’année, nous avions aussi décidé d’accueillir la télévision communautaire dans nos locaux, télévision qui deviendra un outil important pour faire la promotion de l’école et un instrument intéressant pour nos élèves.

1990 : l’ouverture du pensionnat

Comme pour l’Académie elle-même, l’ouverture du pensionnat fut aussi un véritable combat. Des retards de construction en ont rendu l’ouverture difficile. En septembre 1990, le pensionnat a accueilli ses premiers trente pensionnaires, la plupart au primaire, garçons et filles. Devant la difficulté de recruter du personnel, j’ai dû avoir recours à ma famille. Tout un défi : trente enfants de 5 à 12 ans de familles très disparates, vingt-quatre heures par jour, pour la plupart du dimanche soir au vendredi soir. C’est ainsi qu’en même temps que s’est ouvert le pensionnat, un service de santé a également été offert à l’ensemble de la communauté de l’Académie Lafontaine.

La responsable, mon épouse, était une infirmière, membre de l’Ordre des infirmières et infirmiers. Elle détient aussi un certificat en santé communautaire. De plus, lors de la construction du pensionnat un espace avait été prévu pour organiser une petite clinique. 

Avec l’annonce du pensionnat en 1989 le nombre d’inscriptions avait explosé au primaire. L’espace commençait à manquer, le secondaire avait aussi continué à grandir. Déjà nous devions commencer à faire des plans pour loger le primaire.

Durant cette période s’est aussi déroulée une opération inédite : l’émission d’obligations pour financer une partie des dettes de l’Académie et soutenir son développement. C’est avec l’aide du notaire François Venne que l’opération est lancée, une première selon lui. Une émission d’obligations de 1,5 million lancée sans prospectus, privilège accordé à une corporation sans but lucratif, statut de l’Académie Lafontaine. Il est important de le souligner, car plusieurs ont fait croire aux parents que l’Académie Lafontaine avait émis des actions qui, en 1995, avaient pris beaucoup de valeur et m’avaient permis, à moi et à ma famille, de nous enrichir. Une autre fausseté comme on en subit malheureusement trop souvent quand on fait bouger les choses.

Encore une fois, mon implication dans le milieu des affaires, la Chambre de commerce entre autres, nous a permis de recruter une compagnie d’assurance, les Assurances Jones, nouvellement établie, et qui a accepté de vendre des obligations, et ce, gratuitement. Ce fut un grand succès et en quelques semaines toutes les obligations furent vendues. À leur échéance, quelques détenteurs ont continué de nous prêter sur simple billet. L’Académie disposait d’un grand bagage de confiance dans la population. Et de capitaux pour nourrir ses ambitions.

1991: nouvelle aile pour le primaire

L’année 1991 verra l’espace libre entre le pensionnat et l’Académie se remplir. Une aile complète est construite pour loger le primaire qui continue de se développer. Cette aile servira à loger notre première bibliothèque, un don d’une école privée de Montréal qui avait fermé ses portes. Fait amusant: même la bibliothécaire, Sœur Lucile Gagnon, a suivi. 

La même école nous a fourni la plus grande partie du matériel nécessaire pour doter l’Académie Lafontaine d’un laboratoire de sciences, chimie et physique, construit par monsieur Marcel Saint-Pierre, professeur de physique et très bon bricoleur. La construction du primaire fut un investissement de 1,5 million, autant que la construction de la première partie de l’Académie, projet financé à 100 % par la Caisse Sainte-Paule.

L’année suivante, une fois la construction de l’aile du primaire complétée, on se remet déjà à l’ouvrage pour améliorer les services offerts par l’Académie. Déjà le primaire est pratiquement complet, le secondaire à pleine capacité; on a besoin de plus d’espace, de plus de services.

1993: nouveau chantier d’envergure

En 1993, c’est l’ouverture du plus grand chantier de la courte histoire de l’Académie, un projet de 5 millions, toujours financé par la Caisse Sainte-Paule, associée aux Caisses Saint-Antoine et Sainte-Marcelle.  Cette fois, on innove. l’Académie est maître d’œuvre, les Constructions Daniel Bélec agissent comme gérant de projet. On veut aller vite, être prêt pour septembre 1994. C’est l’occasion de doter l’Académie d’une grande bibliothèque, d’une piscine, de deux gymnases, d’une salle polyvalente. Le projet comprend aussi quatre salles de classe, une chapelle, et un studio de télévision. Ce qui donnera à l’Académie une capacité de plus de 1 200 élèves.

Entretemps, la situation avait évolué au pensionnat, le recrutement devient plus difficile, une clientèle qui demandait des services que l’Académie pouvait difficilement offrir. Il faut alors décider de fermer le pensionnat et ouvrir une garderie subventionnée pour recevoir, prioritairement, les enfants des professeurs de l’Académie. Avec le temps, la garderie est devenue un véritable CPE pour les enfants des familles membres de la Corporation de l’Académie Lafontaine.

En même temps, l’Académie est devenu un véritable centre sportif et culturel. Nos locaux ont été ouverts à la population en dehors des heures de cours de formation générale : cours de natation, tennis, spectacles, expositions, même un lieu d’accueil pour loger les joueurs participant à un tournoi international Midget AAA. De futures grandes étoiles de la ligue nationale, dont Alex Kovalev, y ont participé. Même en été, monsieur Dionne et mon fils Nicolas organisent des camps de jour. En plus des sports pratiqués dans les locaux de l’Académie, on offre des camps de golf, d’équitation . Le parc d’autobus de l’Académie complétait l’offre en fournissant du transport.

À partir de l’ouverture du dernier agrandissement, des spectacles sont régulièrement offerts dans notre nouvelle salle polyvalente, à laquelle nous avons donné le nom de Salle Marc-Fortin. C’est par un spectacle de Stéphane Rousseau que le promoteur local, Daniel Lapierre, en a fait l’ouverture. Mois après mois, des spectacles étaient présentés. De plus, de grandes expositions sont produites, des salons du livre, salons Chasse et pêche, salons de l’auto, même une exposition de peintures de Riopelle.

L’Académie étant devenue un pôle d’attraction important pour la région, les promoteurs immobiliers s’affichent en disant que leurs projets étaient près de l’Académie. La Chambre de commerce de Saint-Jérôme y fit même son gala annuel en 1994, et le fait toujours à l’Académie depuis. Comme je l’ai déjà souligné, en 1989, pour reconnaître mon travail à Saint-Jérôme, particulièrement pour le dossier de l’Académie, elle m’a gratifié du prix Jérôme-le-Grand, prix soulignant l’engagement exceptionnel d’une personnalité dans la communauté jérômienne. En 1994, l’Académie a aussi reçu le prix pour l’Investisseur de l’année à Saint-Jérôme.

Durant les années 1985-1988, la Chambre de commerce de Saint-Jérôme a joué un rôle important pour rendre l’Académie Lafontaine plus visible. Elle m’a offert, à deux ou trois reprises, sa tribune pour faire la promotion du projet. Plusieurs de ses membres y ont eux-mêmes contribué.

1994-1995: des importants changements

De gros changements surviennent en 1994-1995. Sœur Suzanne, qui a quitté à la fin de 1993, est remplacée par sœur Hélène Roch. En septembre 1994, une nouvelle directrice arrive au primaire sœur Angèle Daneau, ancienne directrice de l’école secondaire privée Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe. Sœur Hélène Roch sera son adjointe. On compte, au secondaire, sur un nouveau directeur-adjoint, Louis Dupuis.

À la suite du départ de sœur Suzanne, le climat s’était détérioré au sein du primaire, certains parents du comité avaient pris beaucoup de place et sœur Hélène n’avait pas l’expérience de Sœur Suzanne. J’avais cru que sœur Danault avait l’expérience nécessaire pour remettre les choses en place, je m’étais trompé. Elle n’a pas voulu assumer le leadership que j’attendais d’elle. Certains parents en ont profité pour organiser une rencontre au domicile de la présidente, madame Sigman, sans m’inviter. Du temps de sœur Suzanne j’avais assisté à ces rencontres annuelles chez madame Sigman.  C’est là que sont nées des pressions que le comité de parents à exercées auprès du conseil d’administration, qui ont éventuellement mené à mon départ.

Ça brassait aussi à l’intérieur du syndicat des enseignants. Après avoir signé une première convention, alors qu’ils étaient affiliés à la Centrale des enseignants du Québec, la CEQ, ils avaient décidé de quitter la centrale. Poursuivis par la CEQ, ils ont choisi de la réintégrer. Lors de la signature de la première convention, le président du syndicat, avec qui j’avais négocié, était un professeur du primaire, monsieur Yvon Naud. Comme suite aux frictions avec la CEQ, c’est un professeur du secondaire qui avait pris la direction du syndicat, monsieur Allan Bailey.

Octobre 1995: mon départ 

J’ai été en quelque sorte le paratonnerre de bien des frustrations. J’avoue d’emblée que la croissance phénoménale de l’Académie entraînait des difficultés et exigeait de la flexibilité et une capacité de dialogue hors du commun. Il y avait certes des améliorations à apporter mais j’étais convaincu, et je le suis encore, que sans la mauvaise foi de certains acteurs, j’aurais été en mesure de continuer.

À preuve, l’Académie a continué sur le chemin de la croissance, grâce à l’excellent travail de l’équipe que j’avais contribué à bâtir. Jamais je n’accepterai l’idée que ma seule présence empêchait autant de gens talentueux et énergiques de bien faire leur travail.

Mais j’ai occupé suffisamment de fonctions de direction pour savoir qu’on ne peut plaire à tout le monde et que l’action engendre son lot de critiques. Hélas quelques personnes se sont tournées vers des ragots sournois plutôt qu’un dialogue franc et ouvert. J’ai dû vivre avec des allégations mensongères sur bien des plans. Des allégations qui visaient aussi ma famille immédiate, qui a maintes fois travaillé à mes côtés à bâtir l’Académie. 

C’est dans ce contexte que j’ai quitté l’Académie Lafontaine. en octobre 1995. « D’un commun accord avec l’Académie, » est-il écrit, dans le communiqué du conseil d’administration, que je me suis résigné à approuver. Dans ce même communiqué, le conseil d’administration confirme que les allégations à mon endroit et à l’endroit de membres de ma famille étaient sans le moindre fondement. J’ai aussi accepté une entente de non-divulgation qui m’empêche de commenter davantage les circonstances de mon départ. 

En 1995, même si je possédais toutes les preuves pour me défendre, je ne l’ai pas fait. Je ne voulais pas détruire, en quelques années, ce que j’avais pris dix ans à bâtir. De plus, l’Académie et moi-même aurions engagé une fortune en frais juridiques et risqué de mettre en péril son avenir.

J’écris ces lignes alors qu’on souligne, cette année,  le 35e anniversaire de la création de l’Académie Lafontaine, la 25e de mon départ de l’Académie. 

À la suite de mon départ, on a pu lire à mon sujet dans le journal L’Écho du Nord, à l’éditorial : « … il sera intéressant de connaître son côté de l’histoire le jour où, inévitablement, il rebondira sur la place publique ».

Je me contenterai de vous fournir des documents décrivant la situation, à chacun de juger de la situation.

À la suite de mon départ, en 1995, j’ai demandé à monsieur Pierre Primeau, conseiller en relations de travail, à l’emploi de l’Académie, un rapport sur les relations de travail à L’Académie. C’est avec lui que j’avais préparé et négocié la première convention collective de l’Académie; c’est aussi lui qui s’occupait de gérer les griefs.

Je joins aussi le rapport d’un comité ad hoc créé en juillet 1995 à la suite d’une assemblée générale qui a réuni un groupe de parents. Le comité avait pour mandat de vérifier des rumeurs et allégations qui circulaient, d’en faire rapport au conseil d’administration, et de faire ses recommandations.

Enfin, j’annexe également le curriculum vitae de mon épouse Yolande, dont les qualifications ne font aucun doute et qui a quitté son travail pour m’aider à ouvrir le pensionnat et doter l’Académie d’un service de santé à l’avant-garde.

Je n’en dirai pas davantage sur mon départ. Cette page est tournée.

Les documents d’archives cités dans cette page, dans l’ordre: journal L’Écho du Nord, éditorial de Charles Michaud du 30 août 1995, rapport de Pierre Primeau sur les relations de travail à l’Académie, rapport du comité «ad hoc», curriculum vitae de Yolande Robert

Merci à ceux qui ont ouvert le chemin

Je veux remercier et féliciter Michel Bosset qui a pris ma succession. Il a fait partie, avec moi, de l’équipe qui a créé l’Académie. Merci également à l’équipe de jeunes professeurs qui a pris la relève et qui, actuellement, assure la direction de l’Académie. Ils l’ont menée encore plus loin. 

Je veux, particulièrement, souligner le travail de Dennis Geraghty qui a toujours été à mes côtés, à partir de la soirée de fondation jusqu’à mon départ en 1995. Merci Dennis.

Enfin, un merci spécial à mon épouse Yolande. En 2020, nous célébrons notre 60e anniversaire de mariage. Dès le début, elle m’a encouragé à aller de l’avant avec le projet. De 1985 à 1990, à l’ouverture du pensionnat, elle a travaillé à plein temps comme infirmière à l’hôpital de Rivière-Rouge pour aider à faire vivre la famille, elle a quitté son travail pour m’aider à ouvrir le pensionnat et doter l’Académie d’un service de santé à l’avant-garde. Merci également à plusieurs parents, infirmières, médecins se sont joints à elle pour donner des services aux élèves de l’Académie. Elle a su travailler en collaboration avec le CLSC local.

Merci à mes fils, Stéphane et Nicolas, qui se sont joints à Yolande pour animer le pensionnat : Nicolas, jeune éducateur spécialisé, Stéphane,  jeune diplômé de l’Institut de technologie agricole de Saint-Hyacinthe, qui lui a contribué à l’aménagement paysager de l’Académie. Merci de m’avoir soutenu lors de la crise de la rentrée 1995. Ce n’était pas facile de subir les pires accusations envers un conjoint, un père qui avait consacré dix ans de sa vie à bâtir cette école. Eux savaient que c’étaient des mensonges, des racontars, de la jalousie. .

Dans une autre partie de mes mémoires, je vous raconterai comment nous nous en sommes sortis.

La vie après l’Académie Lafontaine 1995-2007

À la suite de mon expérience à l’Académie Lafontaine, j’ai continué à travailler pour le développement de l’enseignement privé. Je me suis beaucoup battu pour obtenir du financement pour des écoles qui ne recevaient aucune subvention. Avec une jeune firme de communication, j’ai mis en place un regroupement d’écoles privées non subventionnées, envoyé des milliers de lettres par télécopie, recruté un avocat qui est aujourd’hui bien connu, Stéphane Gendron, et organisé une conférence de presse. Quarante-cinq écoles faisaient partie du groupe : deux obtiennent les subventions.

Pourtant une troisième école, le Centre académique Lanaudière, ayant un dossier identique, est laissée de côté. Je travaillais déjà depuis trois ans pour cette école; j’avais même accepté d’être membre de son conseil d’administration. Lors de démarches auprès du directeur de l’enseignement privé, monsieur Jacques Blouin, que j’avais côtoyé à la Fédération des cégeps, il m’avait affirmé que le ministère ne financerait pas l’Académie Michèle-Labelle du Collège de l’Assomption, une autre école de la région, sans financer aussi le Centre académique de Lanaudière.

De fait, j’avais négocié avec le Collège de l’Assomption pour fusionner le primaire des deux établissements. Entretemps, le directeur des finances du Collège de l’Assomption avait été nommé commissaire à la Commission de l’enseignement privé et, heureux hasard, l’Académie Michèle-Labelle avait alors reçu une subvention!

J’ai alors rencontré l’avocat du Centre académique de Lanaudière qui préparait un affidavit relatant l’engagement pris par Jacques Blouin, directeur de l’enseignement privé au Ministère de l’éducation,  envers «notre» école. Les négociations avec le Collège de l’Assomption s’étaient d’ailleurs terminées abruptement avec l’annonce de la subvention à l’Académie Michèle-Labelle. J’ai signé l’affidavit et nous avons déposé une injonction à la cour supérieure pour que le Centre académique de Lanaudière obtienne lui aussi son financement, comme s’y était engagé Jacques Blouin. Un an plus tard, le procès a lieu et le jugement est rendu. La juge ordonne au ministère d’accorder la subvention rétroactivement, avec intérêts, à la date où la subvention avait été accordée à l’Académie Michèle-Labelle. C’était le couronnement de plusieurs années de travail. La juge était madame Pierrette Rayle, l’épouse du juge John Gomery.

Mon aventure Saint-ArmandPhilipsburg – 1985-1998

Quelques mois après mon départ de l’Académie Lafontaine, je m’étais retrouvé à Philipsburg avec le frère Brodeur, alors directeur d’un petit pensionnat pour garçons du primaire en difficulté. Le frère Brodeur m’avait aidé dans la mise en place de l’Académie Lafontaine et je l’avais même embauché, à temps partiel, comme directeur des études en 1988.

Le pensionnat était dirigé par des religieuses qui avaient annoncé leur départ. Le recrutement des pensionnaires se faisait de plus en plus difficilement; il fallait explorer des moyens pour assurer la rentabilité de cette école primaire. 

L’école était logée dans un ancien hôtel du temps de la prohibition. D’ailleurs les bornes de la frontière avec les États-Unis se trouvaient dans la cour de l’école!  De plus, les immenses terrains étaient adjacents à la Baie Missisquoi et l’école possédait une grande sucrerie. Pour y accéder, il fallait circuler à travers le poste frontalier situé en face de l’école.

Les possibilités étaient immenses. J’ai eu d’abord une rencontre avec un promoteur immobilier qui convoitait le site pour y construire des résidences pour aînés. La communauté a rejeté le projet; elle préférait une vocation éducative. C’est alors que j’ai utilisé une méthode semblable à celle utilisée à Lafontaine: ouvrir l’école à la population locale. La densité de la population n’était pas la même, mais l’intérêt pour l’école fut important. Nous avions une carte d’attraction supplémentaire: pour la population locale, simplement visiter la salle de bal de l’hôtel était déjà tout un événement. 

Quelques familles se montrèrent intéressées à y inscrire leurs enfants. Mon fils Nicolas, nouveau diplômé en éducation spécialisée, prit la responsabilité du pensionnat. L’été suivant, il organisa même des camps d’été et ouvrit l’école à des groupes de cyclistes visitant la région. Un autre projet fut mis en place, en collaboration avec Robert Therrien ancien député des Laurentides et Pat Burns, ex-instructeur des Canadiens de Montréal. Ensemble ils voulaient faire de cette école une école de hockey à saveur internationale. Une glace de la région sous utilisée pourrait servir pour le hockey et l’école recevoir les étudiants. Selon moi et le groupe que j’avais réuni c’était la seule façon d’assurer l’avenir de l’école.

Hélas, la communauté refusa de nouveau. Ils voyaient dans ce projet, et dans le succès de l’Académie Lafontaine, une trop forte concurrence pour l’école privée qu’ils possédaient déjà à La Prairie.

Ce fut la fin de notre contrat à Saint-Armand. On a vendu la maison acquise pour diriger le projet et, pour mon fils Nicolas, le retour dans une école de la Commission scolaire des Laurentides comme éducateur spécialisé, puis ensuite à Huberdeau avec la DPJ des Laurentides. 

J’y ai quand même acquis une précieuse expérience pour le futur projet de Candiac. Les contacts établis sur la rive sud de Montréal me serviront pour le développement de Kinderville. Ce fut aussi pour moi et ma famille la découverte d’une région magnifique que nous avons beaucoup appréciée.

Expérience Kinderville 1998-2003 

Entretemps, à l’hiver 1998, j’avais accepté un mandat à Candiac de madame Manishi Sagar, déjà propriétaire des garderies Kinderville. Son projet était d’obtenir un permis pour une école privée de maternelle et primaire. Aussitôt le dossier préparé et expédié à Québec, je me vois confier le mandat de procéder aux démarches nécessaires à la construction de l’école et de préparer l’ouverture pour septembre suivant. Fort de l’expérience de l’Académie Lafontaine, les plans sont préparés, un entrepreneur est choisi et la première pelletée de terre est levée au début de juin. Parallèlement, un programme de communication est préparé pour faire connaître le projet : conférence de presse, annonces dans les journaux, et bien sur des soirées d’information dans les garderies Kinderville, propriété de madame Sagar. 

De mars à septembre, les soirées d’information se sont multipliées, une secrétaire a été recrutée, des professeurs embauchés, le transport organisé, l’achat d’un autobus et les services d’une compagnie de taxis retenus et, en trois mois, l’école était en opération. Au début de septembre les élèves sont entrés comme prévu et une semaine après la rentrée le permis du ministère était émis. De chargé de projet, je suis devenu directeur de la nouvelle école.

Ainsi, de septembre 1998 à décembre 2002, j’ai travaillé à développer cette école qui accueillait une soixantaine d’élèves au début et est passé à pleine capacité avec 240 élèves. 

En parallèle, j’avais travaillé à en ouvrir une autre à Saint-Hubert et, à mon départ, j’avais déjà préparé les plans pour son agrandissement. Le succès de ces écoles était dû au programme offert : un enseignement bilingue particulièrement recherché sur la rive sud de Montréal. Avec les grandes industries et la proximité des États-Unis, les francophones recherchaient beaucoup les services offerts. Des familles de l’extérieur louaient à Candiac pour permettre à leurs enfants de fréquenter Kinderville. Le programme était simple : en prématernelle on travaillait en français et en anglais avec les enfants, programme qui se continuait en 1re année. De la 2e à la 6e année, la journée était divisée en deux avec deux professeurs : une moitié de la journée en anglais avec un professeur anglophone et une moitié en français avec un professeur francophone. La moitié de la journée était consacrée au français et aux mathématiques en français, les autres matières étaient enseignées en anglais. 

Je garde un très bon souvenir de mon passage à Kinderville, surtout de l’équipe que j’avais réussi à recruter. Le noyau du groupe était constitué de jeunes diplômés de McGill dont j’ai beaucoup apprécié l’engagement et l’initiative, ils étaient de véritables professionnels. Leur formation était excellente. La participation des parents et leur support furent pour moi très appréciés lors de mon passage à Kinderville.

Ce fut aussi mon premier contact avec l’informatique. Pradeep Sagar, le conjoint de la fondatrice, était un adepte de l’informatique et voulait s’en servir pour tout contrôler, ce qui allait entraîner des frictions entre l’école et la direction de Kinderville.

Un passage aux affaires sociales

En janvier 2003 je me retrouve à Saint-Jérôme, avec mon garçon Nicolas, à travailler à l’ouverture d’une ressource pour jeunes de 14 à 18 ans, sous la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).  Nicolas travaillait déjà depuis 1998 pour la DPJ des Laurentides, comme éducateur spécialisé. Entre autres il a aussi été responsable d’unité à Huberdeau dans les Laurentides, ce qui fait naître un projet d’entreprise.

La DPJ avait besoin de ressources dans la région de Saint-Jérôme et Nicolas désirait devenir son propre patron. C’est ensemble, Nicolas, Stéphane et moi, que nous nous sommes mis à la recherche d’une maison pouvant recevoir huit jeunes de 14 à 18 ans. Nous avons fait une offre sur une maison à Lafontaine; une reprise de finance de la Caisse de Saint-Jérôme. 

À l’intérieur de la compagnie de gestion qui m’avait permis de survivre lors du projet de l’Académie Lafontaine, nous investissons quelques milliers de dollars et dès mars 2003 la ressource reçoit ses premiers jeunes. Ce ne fut que les premiers pas d’une aventure qui s’est développée au cours des années; en 2008, j’ai cédé mes intérêts à Nicolas et, en 2019, l’œuvre comptait cinq ressources. Elle était devenue une véritable PME.

Tout comme ce fut le cas dans mes expériences en gestion d’écoles publiques, le domaine des affaires sociales nous a butés aux mêmes problèmes de lourdeur bureaucratique. Parmi les plus ennuyeux, et non le moindre, la difficulté d’être payé à temps par le ministère.

L’Académie Marie-Laurier 2003-2007

Durant mon séjour à Kinderville j’avais aussi entrepris des négociations pour faire acheter en tout ou en partie Marie-Laurier par le groupe Kinderville. Les deux propriétaires s’étaient rencontrés et des discussions sérieuses ont eu lieu. À la suite de mon départ de Kinderville, un parent qui avait servi d’intermédiaire durant les négociations m’appela pour me faire part de l’intérêt de madame Bergeron, propriétaire de Marie-Laurier, de me rencontrer. 

Nous nous sommes donné rendez-vous au début de 2003 et mon travail débuta à Marie-Laurier en début du printemps pour se poursuivre jusqu’en septembre 2007.

Je devins responsable d’un secteur secondaire anglophone logé à Saint-Hubert et consultant pour préparer le renouvellement des permis de Brossard et de Saint-Hubert pour maternelle, primaire et secondaire. J’ai aussi aidé à la préparation d’une demande de permis de garderie et à la construction d’un nouveau pavillon à Brossard.

Durant cette période, j’ai aussi été assigné comme directeur général par intérim de l’école technique Teccart, qui appartenait au groupe de l’Académie Marie-Laurier. Un intérim qui dura presque dix mois. Entretemps, j’avais travaillé à l’élaboration des plans pour l’agrandissement de Marie-Laurier à Brossard. Le projet s’est concrétisé durant mon séjour à Teccart et je fus de retour pour l’ouverture en juillet et août 2007.

Teccart : un milieu d’apprentissage

Mon passage à Teccart fut pour moi une occasion d’apprendre et de me frotter à la culture arabe. À Teccart nous formions les techniciens de demain en informatique. Ce fut pour moi l’occasion de suivre un cours en accéléré en informatique, de travailler avec des firmes à la fine pointe de l’informatique, de travailler à la formation des techniciens de Vidéotron et de plusieurs autres entreprises. Ce qui m’a permis de me familiariser avec des puissants outils de communication que j’utilise depuis cette période. De plus, comme une majorité de notre clientèle provenait du Maghreb et de l’Europe de l’Est, ce fut pour moi l’occasion de connaître et travailler avec des étudiants de ces cultures. Près de 50 % des étudiants étaient arabes.

Une autre décennie dans l’éducation privée

Au fil de ces expériences, j’ai donc passé plus de 12 ans, surtout sur la rive sud de Montréal à bâtir un réseau d’écoles privées pour répondre à la population d’une région en plein développement. J’ai oeuvré avec 2 femmes entrepreneures, Manishi Sagar à la tête du groupe Kinderville et Monique Bergeron de Marie Laurier et Teccart.

Depuis, Monique Bergeron de l’école Marie Laurier a acheté la première école Kinderville de Candiac, et développé sur la rive sud tout un réseau d’écoles privées de maternelle, primaire, secondaire et collégial, incluant l’institut Teccart. Le groupe est très présent sur la Rive-sud de Montréal avec ses multiples campus à Brossard,  Candiac et  Saint Hubert.

Durant ces années j’ai côtoyé des gens influents lors de réceptions chez madame Sagar, entre autres Paul Martin, le maire de Montréal Pierre Bourque, et des ministres du gouvernement péquiste. Dans le dossier Kinderville, j’ai rencontré le ministre Jean-Marc Fournier, alors ministre de l’éducation qui connaissait Kinderville comme parent d’élève, et aussi le futur ministre Pierre Moreau dans des assemblées de chambre de commerce de la région.

J’ai dû quitter la rive sud à cause de problèmes de santé. À la suite de mon retour à Saint-Jérôme en 2010, j’ai travaillé, entre 2011 et 2014, à la mise en place de la Coopérative Funéraire des Laurentides aux côtés de monseigneur André Daoust, qui était alors curé de Sainte-Adèle. Cette coopérative est par ailleurs toujours en fonction, en face du cimetière de Saint-Jérôme.

Je ne peux qu’imaginer ce qui aurait pu arriver si j’avais eu l’opportunité de continuer à travailler avec l’Académie et réalisé tout le potentiel des 20 acres à développer acquis lors de la création de l’Académie. 

Il y a un besoin immense pour le type d’écoles qui se sont développées avec succès sur la rive sud. Aujourd’hui de tels établissements seraient des atouts majeurs pour le développement de notre région.

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