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À propos de ce qui s’est passé à Québec, le soir de l’Halloween 2020

Je revois le Vieux-Québec. La château Frontenac, la rue de Buade, la rue des Trésors. Les ruelles étroites, les maisons collées les unes sur les autres, les pavés, le parlement. L’histoire qu’on côtoie partout. Les foules, la vie grouillante.

J’y étais cet été. C’est comme si ça faisait dix minutes. Vous avez sans doute des souvenirs semblables aux miens. Après tout, c’est de là que nous sommes partis, comme peuple. Même pour ceux qui sont arrivés après, c’est la capitale. C’est là que flotte notre drapeau.

Ce matin, il est en berne. Cette violence gratuite est indigeste. Indécente. Inexplicable. Nous sommes tous marqués à jamais par la nuit du 31 octobre. Encore une couche d’innocence cruellement décapée. 

Je ne veux pas savoir où sont les taches de sang.

Très vite, plusieurs ont dû se dire encore un fou, encore un radical. Encore ceci, encore cela. Constater que notre réseau de santé mentale, voire tout notre système de santé, est incompétent, c’est un autre débat. On en causera une autre fois. Il n’y a aucune garantie qu’un système compétent aurait empêché les événements de la nuit dernière.

L’horreur que nous ressentons nous rassemble forcément. On doit absorber la peine, songer aux vies interrompues. Il nous appartient aussi de ne pas canaliser notre frustration bien légitime vers la vengeance, vers des ennemis qu’on invente, ou des causes qui nous divisent.

Le défi, c’est de se donner la peine de regarder autour de nous aujourd’hui, de voir les gens de bonne foi qui nous entourent. Une écrasante majorité, une véritable marée de personnes de bonne volonté qui ne demandent qu’à être heureux, qu’à prendre soin de leurs proches, et de vivre ensemble en paix.

Nous sommes tous responsables de créer autour de nous des minuscules courants de paix, d’amitié, de chaleur humaine et de respect. Ça se fait un petit geste à la fois, en saluant un voisin, un ami, un passant, en retenant la haine.

Je ne suis pas certain si cette affirmation est naïve, ou simplement rigoureusement statistique. Mais j’espère que ça aussi, ça puisse être viral.

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3 réflexions au sujet de “À propos de ce qui s’est passé à Québec, le soir de l’Halloween 2020”

  1. Vous avez dans ce texte aborder des éléments très intéressants comme notre innocence que l’on perd graduellement à chaque événement de ce genre et malheureusement cette belle innocence s’amenuise de beaucoup car ce ne sont pas les événements dramatiques qui manquent.
    Vous avez aussi soulevé le jugement ce dernier grossit au fur et à mesure que des événements tragiques s’ajoutent à notre vie et encore là il n’en manque pas et le jugement non plus, on l’utilise à toutes les sauces.
    Et je ne peux que saluer votre naïveté en souhaitant que notre société soit responsable de créer ces courants de paix, d’amitié, de chaleur humaine, et de respect et ce malgré l’immense drame que nous vivons avec la COVID-19 qui nous fragilise à tout ce que vous avez nommez dans votre texte.
    Merci pour ce très beau texte.

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