La destitution de Stéphane Maher de son poste de maire de Saint-Jérôme n’est plus qu’une formalité. Il lui appartenait de demander une audience ou de démissionner avant le 20 janvier. D’un point de vue administratif, sa destitution sera effective en date du 29 décembre 2020, la date où il est officiellement devenu coupable de fraude électorale, puisqu’il n’a pas fait appel du jugement.

Par ailleurs, dans la Loi sur le traitement des élus municipaux, l’article 30.1.0.1 prévoit que son allocation de départ devrait être suspendue, puisqu’il a été l’objet d’une poursuite qui entraîne son inhabilité. Ce changement date d’avril 2018, avec l’entrée en vigueur de la loi 155 qui modifiait plusieurs éléments des municipalités du Québec.

Le fait que l’offense de Maher date d’avant cette loi expliquerait possiblement pourquoi, malgré cette situation, il appert que Maher touchera quand même une allocation de transition d’un peu plus d’une trentaine de milliers de dollars. Nous n’avons pas été en mesure d’obtenir ni commentaire, ni confirmation de cette évaluation. Il n’est pas impossible que c’est pour toucher cette allocation que Maher n’a pas remis sa démission. L’information deviendra publique éventuellement.

Maher parti, toujours aussi peu de transparence

Il est permis de croire que cette information a été communiquée aux élus, car il serait étonnant que personne n’ait posé la question. Mais pour l’instant la Ville de Saint-Jérôme refuse de rendre cette information publique. Mardi le 5 janvier, TopoLocal a demandé à la Ville si l’administration municipale travaillait à l’évaluation de son allocation de transition et quel en serait le montant. Nous n’avons pas eu de réponse.

Par ailleurs, l’administration municipale a tenu une rencontre de tous les élus jeudi soir le 7 janvier. La tenue de cette rencontre n’a d’ailleurs pas été annoncée à l’avance par la ville, mais seulement confirmée, et ce une fois que la station radiophonique CIME en ait révélé l’existence.

Outre les conditions liées au départ du maire, le conseil avait des décisions à prendre. Le conseil avait le droit, s’il le voulait, de tenir une élection partielle à la mairie. Mais il fera plutôt le choix de tenir un vote et de désigner une personne à titre de maire par intérim jusqu’en novembre 2021. À moins d’avis contraire, cette option sera privilégiée par les élus. Quant à la personne désignée, l’élection aura lieu, selon toute vraisemblance, lors d’une réunion du conseil en février. Les conseillers membres de l’ancien parti du maire destitué, Équipe Stéphane Maher – Vision Saint-Jérôme, ont déjà indiqué que leur choix sera Sophie Saint-Gelais.

Il est difficile de comprendre pourquoi l’administration municipale tient tant à enrober tout ce processus d’un si grand secret. Les lois sont publiques. Toutes les personnes qui ont participé à la rencontre, incluant les aviseurs légaux, ont été payés par les contribuables pour leur participation.

Les citoyens de Saint-Jérôme ont indéniablement le droit de savoir. Et malgré cela, les conseillers présents, à maintes reprises, ont été avisés d’une supposée haute confidentialité de la réunion.

Mentalité de portes closes, avec l’argent de tout le monde

Cette mentalité de portes closes, de se cacher pour dire les vérités qu’on n’aime pas, cette constante habitude de tenter de raconter une vérité assaisonnée, sans qu’elle lui soit exclusive, c’est la marque de commerce de l’ère Maher. Ses acolytes, qui veulent oublier tout ça et tourner la page comme s’ils dormaient depuis octobre 2017, continuent dans le même sillon. En Ontario, une rencontre du genre serait illégale en vertu des Sunshine Laws, qui obligent les municipalités à agir publiquement.

Enfin, la Ville n’a pas précisé non plus à partir de quel moment elle entend cesser de payer le salaire de l’ex-maire. On ne sait pas si les versements ont cessé.

Rappelons qu’à titre de maire de Saint-Jérôme et pour diverses autres fonctions au sein de la MRC, Maher touchait environ 160 000$ par an, et ce depuis le début de 2018. À l’automne 2017, trois mois après la manoeuvre qui a fini par lui coûter son poste, Maher avait fait voter une majoration de 20% des salaires des élus. Il aura donc touché environ un demi-million de dollars depuis 2017. Maher touchera la pleine pension d’élu municipal à laquelle il a droit selon ses années de service.

Même s’il était en fonction, il a raté les deux assemblées du conseil tenues le 15 décembre. Son absence, autant pour l’assemblée spéciale sur le budget que pour l’assemblée régulière tenue le même soir, n’a pas été expliquée par le mairesse suppléante Sophie St-Gelais. Elle s’était limitée à dire qu’il était «absent».

Il y a une conversation à propos de cet article.
Voir les commentaires Fermer les commentaires
Comments to: Stéphane Maher devrait toucher un peu plus de 30 000$ à son départ
  • Avatar
    24 janvier 2021

    Cela porte à réfléchir!
    Qui a payé le procès à Mayer??
    Avons-nous les moyens de payer 2 maires??
    Reconnu coupable il n’a pas le droit à son $
    Une élection pour enlever toute l’équipe détériorée
    Enlevez le caucus qui empêche les citoyens d’être informé.
    Pensez de retirer le bras droit de Maher
    Revoyez le salaire des élus
    Opinion d’une épouse d’un ex. candidat qui aurait aidé très bien les citoyens.

    Répondre

Ajouter à la conversation

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ajouter une image - seuls les png, jpg, jpeg et gif sont admis.

Édition, révision et/ou contribution

Se connecter

Bienvenue sur TopoLocal

Notre site existe pour vous informer
Créer votre compte
Créer un compte est gratuit. Vous pouvez aussi nous aider en devenant membre pour moins de 6$ par mois!