Le gouvernement du Québec a versé 6,5M$ à la Ville de Saint-Jérôme pour atténuer les effets de la pandémie de COVID-19, mais une fois le gros de la crise passé, on constate que la Ville n’aurait eu besoin que d’environ 2 M$.

La somme restante, soit 4,5 M$, a été affectée au surplus de la Ville pour 2020, qui est de l’ordre de 17 M$ au total.

Un million en dépenses supplémentaires et 2,3 M$ de revenus perdus

Saint-Jérôme a fait des dépenses supplémentaires de l’ordre d’un million de dollars en 2020. Ce montant inclut des masques et désinfectants, la location de locaux supplémentaires, ainsi que des mesures de sécurité liées directement aux mesures sanitaires ainsi que des coûts de main-d’oeuvre. Ces coûts de main-d’oeuvre comprennent du temps supplémentaire ainsi que certains employés que la Ville a choisi de continuer de payer alors qu’ils étaient absents de leur poste.

Dans ses opérations courantes, la Ville a aussi subi un manque à gagner de 2,3 M$ à cause de revenus qu’elle encaisse habituellement mais qui sont disparus en temps de confinement.

Ainsi, la Ville a « perdu » en 2020, 704 000$ en revenus de stationnement et amendes, et 782 000$ en inscriptions aux activités récréatives et culturelles. Elle a aussi un manque à gagner de 175 000$ en contraventions pour des infractions diverses. Les congés d’intérêt et de pénalités pour les retards de taxes municipales, ainsi que le délai dans l’entrée habituelle des revenus, représentent 684 000$ de revenus perdus.

L’impact négatif total est donc de 3,4M$.

Un chèque de Québec et des économies

En revanche, la perte de revenus était accompagnée de plusieurs économies résultant de dépenses habituelles qui n’ont pas été faites.

Aux 6,5 M$ reçus de Québec, il faut ajouter des économies de 1,3 M$, principalement engendrées par des activités qui n’ont pas eu lieu. La Ville a économisé 668 000$ en dépenses en annulant des activités sportives, culturelles, et des fêtes populaires. Elle a aussi économisé 257 000$ en enlèvement de déchets à cause des quantités moindres de détritus.

Enfin, la mise à pied des brigadiers scolaires et des moniteurs de camps de jour a permis une coupure de dépenses de 105 000 $, tandis que l’interruption de la navette pour le stationnement au centre-ville et diverses autres activités interrompues ont permis de couper d’autres dépenses pour un total d’environ 288 000$.

Si on considère ensemble les coûts et les économies de la pandémie, le manque à gagner réel de la Ville est plutôt de l’ordre de 2,1 M$.

Calcul des coûts de la pandémieLes dépenses (-), les économies
Services non rendus (activités culturelles, location de salles, inscriptions aux activités récréatives-782 000
Stationnement (gratuité et amendes)-704 000
Constats d’infraction-175 000
Revenus d’intérêts et pénalités sur les arriérés de taxes-409 000
Revenus d’intérêts de placements (report des échéances de taxes)-279 000
Masse salariale (employés absents, mais rémunérés et tâches effectuées en lien avec la pandémie)-490 000
Dépenses additionnelles sanitaires (masques, désinfectants, aménagements sécuritaires, location de locaux)-502 000
Gardiens de sécurité (à la gare intermodale et à la Centrale du citoyen)-70 000
Diminution de la quantité de déchets – fermeture des commerces (tonnage)257 000
Annulation de la fête nationale, des activités sportives et culturelles668 000
Économies en masse salariale (brigadiers et camps de jour)105 000
Annulation du service de navette57 000
Diverses formations annulées, assemblées et congrès non tenus78 000
Entretien ménager (peu de présences dans les édifices municipaux en raison du confinement)70 000
Projets non réalisés en raison de la pandémie (campagnes promotionnelles)83 000
Total-2 093 000
Ce tableau compile sur une colonne l’ensemble des dépenses, des pertes de revenues et des économies liées à la pandémie, pour un total avoisinant les 2,1 M$.

Un 3,4 M$ qui est en fait 2,1 M$ pour l’instant

Ce calcul pourtant simple n’a pas empêché la mairesse Janice Bélair-Rolland d’affirmer par voie de communiqué que la Ville a « utilisé » 3,4 M$ du montant versé par Québec, ce qui aurait été exact si on n’avait pas tenu compte des économies résultant de la COVID-19.

Mais en réalité, 70% de la subvention de Québec destinée à la COVID-19 se retrouve dans les surplus de la Ville de Saint-Jérôme pour 2020 et seront peut-être dépensés en 2021, selon la mairesse, pour des activités qui auront été annulées en cours d’année ou d’autres pertes financières liées aux placements, à des intérêts ou des pénalités.

Même sans un sou d’aide gouvernementale, Saint-Jérôme aurait quand même réalisé un surplus de 11,5 M$.

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Il y a une conversation à propos de cet article.
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Comments to: La pandémie a permis à la Ville de Saint-Jérôme de s’enrichir de 4,5 M$ en 2020
  • 8 juillet 2021

    C’est drôle de lire ça.
    On croyait que la ville était sous la protection de la Loi sur la faillite, tellement les rues et les routes autour de la ville se sont dégradées depuis un an.
    Tellement que plusieurs personnes se plaisent à qualifier une portion du chemin St-Camille le ”Beyrouth” du Québec!

    Répondre
  • 9 juillet 2021

    Le 6,5 millions remis par Québec est anguille sous roche et nuira au dossier police. Québec aura un argument de plus pour dire NON au 10 millions demandés.

    Le surplus (4,4 millions + 11,5 millions) doit être utilisé adéquatement pour le bien-être de notre ville.

    La mairesse intérimaire parle dans autre communiqué d’une ristourne de 7 millions à la population, je considère ça comme un cadeau électoral pour acheter des votes.

    La mairesse intérimaire joue la carte de séduction pour entrer par la grande porte et devenir la première vraie mairesse de Saint-Jérôme.

    Madame vous n’êtes sans savoir les besoin de….

    Saint-Jérôme a besoin de ce surplus pour ses rues , ses infrastructures, son éclairages de rues, la mise en place d’une plage au lac Jérôme, le réaménagement du skate parck en lieu compétitif et accessible à l’année sans oublier le dossier police.

    La gestion d’une ville se fait avec une projection d’avenir et non pour gagner un titre électoral.

    ”Mon quartier, ma ville”

    Répondre

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