Le «Canada» veut-il vraiment de Rivière-du-Nord?

La formule est peut-être grossière. Mais quand je regarde les candidats des principaux partis, on constate rapidement qu’ils ne misent pas sur la circonscription englobant les villes de Saint-Jérôme, Sainte-Sophie, Saint-Hippolyte et Prévost pour faire élire un de leurs représentants.

Je sais bien que la circonscription n’est qu’une parmi les 338 élections qui ont lieu aujourd’hui au pays. Mais à regarder aussi les voisins dans Laurentides–Labelle, Mirabel, Argenteuil–La Petite Nation et même Rivière-des-Mille-Îles, on doit se rendre à l’évidence: les libéraux, les conservateurs et même les néodémocrates ne cherchent pas à nous montrer de quoi ils sont faits. Les organisations locales de ces partis sont pour la plupart inexistantes et seul le Bloc québécois maintient une forme de permanence partisane dans les environs.

C’est compréhensible. En 2019, même avec la candidature vedette de Sylvie Fréchette pour le Parti conservateur, Rhéal Fortin a récolté plus 31 000 votes sur 60 000, alors que Mme Fréchette en a eu un peu plus de 13 000. En 2015, la situation était beaucoup plus serrée. M. Fortin avait gagné avec 18 000 voix, contre environ 17 000 pour le député sortant Pierre Dionne Labelle et 15 000 pour la libérale Janice Bélair-Rolland, devenue mairesse de Saint-Jérôme depuis.

Lors de ces deux dernières élections canadiennes, les candidates et les candidats avaient multiplié les sorties et les rencontres pour faire valoir leur option. Les chefs des partis étaient passés ici, ne serait-ce que quelques minutes, pour montrer qu’ils croyaient en leur candidat. Est-ce que la pandémie a ralenti ces élans, la location de locaux de campagne? Peut-être qu’on aura des réponses après l’élection.

Pandémie ou pas, notre volonté avec TopoLocal, c’est de montrer ce qui se passe, l’expliquer de notre mieux et permettre à tout le monde de réfléchir à propos de ce que nous avons en commun. Il a évidemment été question d’organiser un débat ou une rencontre avec chacun des candidats pour la campagne actuelle, comme on en avait pris l’habitude ces dernières années. Mais quand la liste des candidats a été confirmée et qu’on a vu qu’ils ne seraient pas nombreux à occuper le territoire pour le temps de la campagne, nous avons renoncé.

Un bilan de campagne pour deux candidats… sur huit!

Une affiche électorale du candidat Keeyan Ravanshid, du Parti populaire du Canada.

J’ai fait une dernière tentative ces derniers jours. J’ai contacté six des huit candidats par courriel pour leur demander comment leur campagne s’est déroulée. Les deux qui m’ont répondu sont le candidat sortant Rhéal Fortin du Bloc québécois et Keeyan Ravanshid, du Parti populaire du Canada.

Même s’ils ont des opinions assez différentes sur plusieurs enjeux de notre pays, les deux ont d’emblée reconnu que c’était au minimum désagréable et à la limite inquiétant pour la démocratie de vivre une campagne avec si peu de participants qui s’engagent à discuter publiquement des choix de leur parti.

« Si je n’avais rien à dire, je ne serais pas en politique », m’a dit Rhéal Fortin jeudi, lors de son dernier point de presse local où j’étais le seul journaliste présent. Il ajoute: « La démocratie, ça compte. Et la campagne électorale, c’est le moment parfait pour exposer ses idées et écouter celles des autres. »

Même s’il ne prend rien pour acquis en ce qui concerne le résultat des élections, M. Fortin maintient que l’offre de service du Bloc est incomparable pour le Québec à son avis et qu’il aurait souhaité pouvoir en discuter avec les autres candidats inscrits sur le bulletin de vote dans Rivière-du-Nord.

La campagne électorale s’est faite au niveau du sol pour Keeyan Ravanshid, qui représente le Parti populaire du Canada ici. Évidemment, son parti opère « dans l’ombre des grands partis », mais il a senti une écoute de la part des gens de Rivière-du-Nord. « Honnêtement, c’est une des meilleures expériences de ma vie. J’ai croisé peut-être 8000 personnes au cours de l’été et à la fin, on réalise que nous avons tous bien plus de choses en commun que de choses qui nous séparent. Les gens sont gentils dans Rivière-du-Nord et ouverts d’esprit », une attitude qu’il ne rencontrait pas à Toronto ou Montréal lorsqu’il tentait de discuter de ses idées auparavant.

Malgré tout, on vote plus par anticipation et par la poste

Le vote par anticipation s’est déroulé sur trois jours.

On pourrait croire qu’une campagne électorale moins excitante, avec des candidats plus ou moins connus, pourrait être marquée par une baisse de participation. À en croire les chiffres du vote par anticipation, qui a eu lieu les 11, 12, et 13 septembre, ce nombre a augmenté par rapport à 2019. Ce sont 23 372 personnes qui ont voté à l’avance cette fois-ci, comparé à 18 395 la dernière fois.

On peut aussi ajouter à ce nombre plus de 2200 trousses de vote postal qui ont été retournées à Élections Canada, selon les chiffres du 19 septembre, sur 2500 trousses envoyées, dans Rivière-du-Nord seulement.

Rappelons qu’un total de 61 307 personnes y avaient voté en 2019, sur 96 054 électeurs inscrits.

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2 réflexions au sujet de “Le «Canada» veut-il vraiment de Rivière-du-Nord?”

  1. Un véritable plaisir de rencontrer mes voisins de la circonscription. Merci, M. Michaud, pour cet article aussi, qui souligne très bien les inquiétudes que j’ai souvent entendu des citoyens de RDN qui voulait avoir plus de chances pour parler avec et apprendre à connaître les candidats. J’espère qu’aux prochaines élections tous les partis travailleront sur ce point. Seulement une petite précision à apporter, le chef du PPC, M. Bernier, est en fait passé à Saint-Jérôme au début septembre et nous avions eu un évènement « meet & greet » dans un parc.

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