Louis-Philippe Beaulieu, un candidat indépendant qui veut se faire un prénom

« La sécurité routière, le déneigement, et les parcs. » D’emblée, ce sont les trois principaux enjeux « de terrain » dont entend parler Louis-Philippe Beaulieu en parcourant de porte à porte le district numéro 1, Saint-Pierre Chutes Wilson, où il espère être élu conseiller municipal le 7 novembre. TopoLocal l’a rencontré pendant son parcours de campagne en bordure du boulevard Bourassa.

« La vitesse dans les rues contribue aux inquiétudes des citoyens en matière de sécurité, non seulement pour les enfants d’âge scolaire mais pour tous les citoyens qui veulent simplement marcher sans être constamment aux aguets. Il nous faut un meilleur dialogue avec les citoyens pour décider ensemble comment rendre les rues plus sécuritaires. Bien sûr il faudra considérer la limite de vitesse, mais aussi je pense à la présence de bollards, à l’utilisation judicieuse de dos d’âne, à des radars pédagogiques et à des patrouilles policières. Si on implique les citoyens dans le déploiement de ces moyens, on arrivera tous ensemble à des meilleures solutions. »

« C’est pareil pour le déneigement. La Ville a voulu faire des coupures il y a 4 ans et ça s’est traduit par une diminution généralisée de la qualité de la chaussée en hiver. Parfois je frappe à la porte de trente ou quarante maisons consécutives et j’entends la même chose à chaque endroit: chacun a l’impression que c’est sa rue qui est la grande oubliée du déneigement. Il faut être plus transparent avec les gens, expliquer, consulter, et surtout questionner ses façons de faire…. »

« Quand les gens nous disent que leur parc de quartier est dans un mauvais état, à quoi ça sert de leur vanter de belles installations qui sont à l’autre bout de la ville? » ajoute-t-il.

Louis-Philippe Beaulieu est une espèce rare dans cette élection: il est candidat indépendant, c’est-à-dire qu’il ne fait partie d’aucun parti politique. Lui et Laurence Vialle, dans le district numéro 5, sont les deux seuls indépendants parmi les 41 candidats à Saint-Jérôme.

Le quartier que veut représenter Louis-Philippe Beaulieu est largement résidentiel. Il comprend l’ensemble de ce qui était autrefois la paroisse Saint-Pierre mais aussi tout un secteur résidentiel qui se trouve au nord du Parc régional de la Rivière-du-Nord, entre l’usine de Lion Électrique et la rivière elle-même. C’est beaucoup de résidences privées et de jeunes familles. Beaulieu fait donc campagne en veillant sur les besoins se ses électeurs et sur le bien-fondé de voter pour un conseiller indépendant.

« Les électeurs ont deux choix à faire »

En tant que candidat indépendant, Louis-Philippe Beaulieu est bien conscient qu’il doit d’abord rappeler aux électeurs de choisir séparément leur maire et leur conseiller. « C’est sûr que les gens ont tendance à voter en paquet de deux. Donc dans mon porte-à-porte, à chaque fois je rappelle aux gens qu’ils ont deux votes à faire, deux choix, l’un pour la mairie, et l’autre pour un conseiller. »

« Les candidats à la mairie je les connais très bien, chacun d’eux. Je connais leurs forces et leurs défis. Ce que je dis, c’est qu’on a vu dans les quatre dernières années que ça fait du mal à notre démocratie les lignes de parti. Je dis aux gens que je peux être un conseiller indépendant efficace parce que j’ai dix ans d’expérience à suivre la politique municipale et à m’impliquer dans la communauté, et parce que je peux travailler avec chacun des candidats maires. Choisissez-moi justement parce que je n’ai pas de ligne de parti, que je dis. »

« Certains vont dire que je n’aurai pas de pouvoir mais un instant! Tout ce qui fait avancer mon quartier, je vais voter pour. Tout ce qui fait avancer ma ville, je vais voter pour. » Beaulieu estime que peut-être « trois ou quatre fois par année » il peut y avoir une proposition qui mérite qu’on vote contre ou qui devrait être amendée. « Ça ne pèse pas si lourd dans la balance, dira-t-il, mais c’est important de le faire quand c’est là! Et on n’aura pas cette option là si on a un maire qui a les pleins pouvoirs », a-t-il conclu.

« Ce que je dis aux électeurs, c’est qu’ils peuvent voter pour moi parce que j’ai des bons rapports avec les candidats à la mairie et que je peux emmener de bonnes choses pour la ville. » Il ajoute que les Jérômiens devraient voter pour des conseillers compétents et indépendants. « Je crois qu’aucun des prétendants à la mairie ne peut prétendre qu’il mérite les pleins pouvoirs en ce moment. Je n’en vois aucun qui me fait rêver et qui fait rêver les Jérômiens. » Sur ce plan, il ajoute que selon lui le débat entre les candidats en a fait la démonstration.

« On a vu dans les dernières années des béni-oui-oui, des gens qui ne posent pas de questions, qui laissent le maire suggérer et qui suivent. On a vu ce que ça a donné. Pour ma part, je ne veux pas ça.»

Louis-Philippe Beaulieu se range volontairement du côté de ceux qui souhaitent un conseil plus dynamique. Il dira plus loin: « Il faut se demander, en votant pour un conseiller, si c’est un candidat sortant, est-ce qu’il a pris la parole ou s’il s’est a passé son mandat à passer la puck à son chef? » en ajoutant qu’il ne se lance pas en politique municipale pour « jouer les backbenchers ».

Se faire un prénom

Évidemment, Louis-Philippe Beaulieu n’arrive pas en politique entièrement comme un nouveau venu. Son père Benoit Beaulieu est conseiller sortant et a annoncé depuis quelque temps qu’il quittait la politique après huit ans comme conseiller. Beaulieu père, qui termine son deuxième mandat de conseiller, était parmi les fondateurs de Vision Saint-Jérôme et il a été l’un des piliers de Stéphane Maher. Il a cependant quitté le parti au début de novembre 2019, révélant plus tard qu’il aurait souhaité que Maher se retire. Un an plus tard, en novembre 2020, Maher était trouvé coupable de manoeuvres électorales frauduleuses.

Évidemment, Louis-Philippe Beaulieu profitera d’un préjugé favorable de la part de ceux qui ont apprécié le travail de son paternel, mais cet héritage s’accompagnera des reproches de ceux qui auront un avis contraire. C’est une réalité qu’il accepte avec philosophie.

Parmi ses implications en politique, Beaulieu fils a brièvement été président du parti Vision, qui a fini, tristement, par devenir une coquille vide et même tenir son assemblée générale à huis clos. « À ce moment-là je n’étais plus président » affirme Louis-Philippe Beaulieu, qui affirme clairement avoir « manqué d’expérience » quand je lui ai demandé pourquoi il n’avait pas dénoncé la situation auparavant. « J’ai été fortement ébranlé parc ce qui s’est passé. J’ai tout arrêté mes implications politiques », a-t-il ajouté en expliquant que ces événements ont contribué à sa décision d’être aujourd’hui un candidat indépendant.

Intéressé par la politique depuis longtemps

« Je m’intéresse à la politique depuis l’adolescence. J’ai grandi avec l’habitude de lire les journaux et d’en discuter avec mon père. La politique municipale c’est la plus belle parce que c’est une politique de proximité. Quand on fait du porte-à-porte, il y a moins de place pour les grands débats entre la gauche et la droite, entre la souveraineté ou le fédéralisme, mais on parle davantage de la proximité, et des services aux citoyens. La discussion porte sur ce qu’on peut faire pour les gens dans leur vie de tous les jours. C’est important parce que les villes rendent des services qui touchent au quotidien des gens. Si elles s’arrêtent, on va le sentir immédiatement! »

« C’est aussi la seule arène politique où on peut être un candidat indépendant comme je le suis, et s’occuper d’enjeux de tous les jours. Par exemple, sur le boulevard Bourassa les autos circulent vite, le déneigement est moins bon qu’il y a quelques années, et pour la sécurité des jeunes il serait important d’avoir un brigadier scolaire. C’est simple un brigadier! C’est une solution peu coûteuse mais très importante pour la qualité de vie de tout le monde. »

« Présentement, pour desservir l’école La Durantaye, il y a un brigadier sur la rue Laviolette, mais beaucoup d’enfants passent par le parc et doivent traverser Bourassa pour se rendre chez eux. Je sais que les gens seront plus sereins s’ils savent que leurs jeunes peuvent traverser en sécurité tous les jours scolaires. Ce sont des choses qui sont faciles à régler, et quand je rencontre les gens j’en apprends beaucoup. Évidemment si je mentionne cet enjeu, c’est parce que je marche mon quartier depuis le mois d’avril, et que les gens m’en parlent. »

« J’ai rencontré un peu plus de 800 personnes à ce jour, et ce que je dis aux gens c’est qu’une fois élu j’ai l’intention de continuer à marcher le quartier parce qu’il y certainement d’autres enjeux qui peuvent émerger. »

« Non seulement des coupures de déneigement, mais aussi des plans à revoir. Par exemple, historiquement on mettait la neige dans le terre-plein au milieu du boulevard Bourassa, mais maintenant on tasse la neige de part et d’autre de la rue, ce qui fait que les chenillettes y passent deux fois plus de temps , je ne crois pas que ce soit économique. Je pense que ça devrait être repensé. »

Un débat décevant

Invité à revenir sur le débat tenu par Infos Laurentides entre les trois candidats à la mairie, il a ajouté qu’il aurait apprécié que la mairesse Bélair-Rolland prenne davantage ses responsabilités et ne soit pas constamment sur la défensive. « J’ai été très déçu de la mairesse, qui a défendu son bilan sans avouer qu’il y a des lacunes importantes au niveau des services de proximité. Si on ne reconnaît pas les lacunes, on ne peut pas les corriger! J’ai trouvé qu’il y avait une teinte d’arrogance dans son propos. C’est clair que le déneigement n’est pas bon et on doit agir. Ce que les gens disent quand on fait du porte-à-porte c’est que les dirigeants semblent ne pas reconnaître les lacunes. Personnellement, je serais gêné de faire du porte-à-porte au nom de cette équipe-là. »

« C’est certainement l’un des avantages d’être un élu indépendant, conclut-il, ça permet de le dire franchement quand ça ne va pas. C’est le début de la solution! »

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