Reverrons-nous les candidats qui ont perdu leurs élections à Laval?

Au municipal, les partis se font et se défont au rythme des élections.

Il y a quatre ans, par exemple, Avenir Laval, fondé moins de six mois avant le scrutin général, n’a plus jamais donné signe de vie au lendemain de l’élection du 5 novembre 2017. Et ça, en dépit du fait que la cheffe du parti, Sonia Baudelot, avait créé la surprise en obtenant plus de 17 000 voix et 15 % des suffrages.

L’élection de 2013 avait également sonné le glas non pas d’une, mais de trois formations politiques dont deux avaient été créées à quelques mois du scrutin: Option Laval – Équipe Claire Le Bel et Nouveau Parti des Lavallois – Équipe Guy Landry. Le chef du Parti au service du citoyen (PSC), Robert Bordeleau, avait également sabordé son parti à l’automne suivant l’élection.

Au sortir d’une longue campagne qui a vu naître deux nouvelles formations politiques, le Courrier Laval a fait le tour des candidats défaits à la mairie afin de connaître leurs intentions quant à leur avenir politique.

Michel Trottier

Quatre jours après le scrutin, le chef de Parti Laval, Michel Trottier, dit poursuivre sa réflexion avec son équipe.

«On est en analyse des résultats et des stratégies futures, explique le principal intéressé. Nous allons faire ce qui est le mieux pour le parti».

Âgé de 64 ans, celui qui fut le chef de l’opposition officielle ces quatre dernières années se disait dimanche soir «extrêmement déçu» des résultats après que Stéphane Boyer l’eut emporté avec une confortable avance de 14 500 voix.

En l’absence de système de colistier à Laval, M. Trottier se voit évincé du conseil municipal qu’il avait réintégré il y a deux ans lors de l’élection partielle dans Marc-Aurèle-Fortin.

À sa deuxième tentative à la mairie, le chef de Parti Laval croyait bien que celle-ci serait la bonne. «On a fait une merveilleuse campagne», a-t-il dit en vantant les mérites de son équipe de candidats et son programme.

S’il améliore de 5 points sa performance de 2017, lui qui est passé de 20 à 25 % des suffrages, son parti ne remporte que 2 sièges sur 21, conservant les districts de Fabreville et Marc-Aurèle-Fortin.

Sophie Trottier

Arrivée tardivement dans la campagne, la candidate à la mairie pour Action Laval, Sophie Trottier, qui avait tout à apprendre en très peu de temps, veut s’offrir une pause avant toutes choses.

«[…] pour la suite, honnêtement, j’ai vraiment envie de prendre le temps, laisser retomber la poussière. Je ne suis plus très jeune non plus, donc on va prendre le temps d’évaluer et de se repositionner sous peu», mentionnait le 9 novembre Mme Trottier, 47 ans.

Visiblement fière de sa campagne, celle qui dit avoir «beaucoup appris» ces quatre derniers mois se réjouit de la victoire de cinq de ses candidats, un sommet dans l’histoire du parti.

Sous son leadership, Action Laval a obtenu 24 % des suffrages, une hausse de 50 % par rapport aux résultats de 2017 où le parti avait terminé avec 16 % des votes.

«Tout le monde a encore envie de travailler ensemble, mais comme je travaille au gouvernement, il faut que je fasse des vérifications au niveau éthique», poursuit-elle.

À l’emploi de l’Office québécois de la langue française où elle agit à titre de conseillère en accompagnement d’entreprises, Sophie Trottier avait pris un congé sabbatique à l’été pour s’investir à temps plein dans la campagne municipale.

Michel Poissant

Chef de Laval citoyens, parti qu’il a fondé à moins d’un an des élections, Michel Poissant a récolté à peine 5 % des suffrages, à savoir 4166 des 88 176 bulletins comptabilisés.

«Je vais continuer mon implication dans ma communauté», indique-t-il dans un communiqué publié au lendemain des élections où il remercie, entre autres, les membres de son comité stratégique et candidats pour leur implication.

M. Poissant avait été élu en 2013 et 2017 conseiller municipal de Vimont sous la bannière du Mouvement lavallois qu’il a quitté en 2018 pour devenir indépendant.

«Pour la suite, M Poissant, qui est membre de l’ordre des CPA, entend revenir à ses activités professionnelles, soit siéger au sein de comité de retraite ou au conseil d’administration d’entreprises établies afin de les accompagner dans leurs défis», peut-on également lire.

Qu’adviendra-t-il de sa formation politique ? «Je ne sais pas, il y a toutes sortes de possibilités sur la table», répond-il avant de mettre un terme à l’appel téléphonique lorsqu’invité à préciser sa pensée.

Pierre Anthian

Pierre Anthian, dont le parti Ma ville maintenant a été autorisé le 13 juillet dernier par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ), entend poursuivre son action politique, lui qui n’a obtenu que 2 % des suffrages exprimés.

Son implication citoyenne est «inconditionnelle», souligne l’ex-conseiller de Laval-des-Rapides (2013-2017). «J’ai envie de commenter, expliquer, suggérer et apporter des idées. C’est plus fort que moi. On continue à lutter contre les injustices, à soutenir ceux qui ne sont pas écoutés, ceux qui sont négligés. C’est l’histoire de ma vie.»

De fait, M. Anthian participe activement et de façon systématique depuis huit ans aux assemblées du conseil municipal, dont les quatre dernières années à titre de simple citoyen.

Nicolas Lemire

S’il n’a «pas pris de décision sur mon avenir politique», le candidat indépendant Nicolas Lemire affirme toutefois que son «blogue Pas le maire de Laval demeurera un incontournable de la scène lavalloise à court terme».

À sa deuxième campagne à la mairie, l’étudiant de 25 ans à la maîtrise en urbanisme a presque triplé ses appuis de 2017, terminant la course avec 932 votes et 1 % des suffrages.

«Bien entendu, j’aurais préféré un appui plus fort à ma plateforme et une meilleure couverture médiatique, mais je pense qu’on a de quoi se réjouir aujourd’hui, explique celui qui estime que les deux partis aux propositions environnementales les plus ambitieuses ont amassé plus des deux tiers des voix. C’est encourageant pour la réalisation d’une transition sociale, écologique et démocratique à Laval.»

Rappelons que Nicolas Lemire est l’auteur du manifeste politique Tout est possible pour une transition socio-écologique à Laval, qui lui servait de plateforme.

Redouane Yahmi

Seul autre candidat indépendant à avoir fait campagne, Redouane Yahmi, 20 ans, est résolument décidé à demeurer actif sur la scène municipale.

«J’insiste pour dire à Laval que ce n’est que le début de mon entrée sur la scène politique», précise-t-il dans un échange de courriels où il invite le maire élu Stéphane Boyer à prendre connaissance de son programme en ligne, espérant que ce dernier puisse prendre en considération certaines des idées avancées.

Compte tenu du peu de visibilité, M. Yahmi s’est dit «très satisfait» des résultats, lui qui a obtenu 797 voix pour 0,90 % des suffrages.

Enfin, Hélène Goupil dont le nom figurait pour une 3e fois sur le bulletin de vote à la mairie a reçu 388 votes (0,44 %).

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