L’avocate Lyne Gaudreault déboutée dans sa poursuite en diffamation contre un journaliste et Yvon Robert

Charles Michaud 1 commentaire

L’avocate Lyne Gaudreault, impliquée à Saint-Jérôme depuis plusieurs années, a été déboutée par la Cour du Québec et condamnée par le juge Yvan Nolet à verser 5 500$ à Yvon Robert, citoyen octogénaire bien connu à Saint-Jérôme, entre autres pour avoir fondé l’Académie Lafontaine.

Mme Gaudreault réclamait 75 000$ en dommages-intérêts, solidairement au journaliste Louis Lacroix et à Yvon Robert, à la suite d’une chronique du journaliste Lacroix dans l’émission radio matinale de Paul Arcand, Puisqu’il faut se lever, diffusée en août 2016. Son recours a été rejeté.

Pas d’appel

Par voie de communiqué, la plaignante a indiqué qu’elle ne fera pas appel de la décision dans l’affaire qui l’opposait au chroniqueur Louis Lacroix
et à Yvon Robert. Elle a dit être déçue que le jugement n’ait pas été rendu en sa faveur, mais accepte le verdict du juge et tourne la page sur l’affaire.

Même si le tribunal a jugé que le chroniqueur Louis Lacroix n’a commis aucune faute au sens de la loi, elle s’est dite satisfaite d’avoir pu démontrer que certains de ses propos étaient inexacts. Elle a indiqué qu’elle entend se conformer au jugement en ce qui concerne la décision touchant Yvon Robert.

Yvon Robert « soulagé »

Pour sa part,  Yvon Robert souligne qu’il a vécu cet épisode comme un véritable cauchemar, lui qui a toujours soutenu que les reproches de Me Gaudreault étaient sans fondement.

M. Robert a aussi souligné que sans la collaboration de son avocat Me Rafael Ferraro, qui a accepté de le défendre sans frais, le coût de sa défense aurait facilement pu représenter une facture de l’ordre de 30 ou 40 000$.

La chronique de 2016

Dans la chronique mise en cause, le journaliste Lacroix s’inquiétait que Me Gaudreault, une avocate qui travaille au cabinet d’avocats Dunton Rainville, invite des participants à un cocktail organisé par la Coalition avenir Québec à Saint-Jérôme, à l’occasion du caucus des députés caquistes. Il faut dire qu’en août 2016, la CAQ était en pleine campagne électorale en vue de l’élection partielle qui a suivi la démission du chef péquiste et député de Saint-Jérôme de l’époque, Pierre Karl Péladeau.

Lacroix et l’animateur Paul Arcand exprimaient l’avis que le chef caquiste François Legault devrait « faire attention » en rappelant que le nom du bureau d’avocats avait été éclaboussé en 2013 par la révélation que Me Pierre Lambert, un ex-associé du cabinet, avait géré la caisse électorale occulte de Gilles Vaillancourt à Laval et remis aux enquêteurs de la commission Charbonneau plus de 700 000$ en argent comptant provenant de ces fonds. 

Il faut aussi préciser qu’à l’époque, Dunton Rainville n’avait plus aucun lien avec Me Lambert. Dès 2013, la firme avait rapidement coupé les ponts avec Lambert et obtenu sa démission. Cependant en 2016 Lambert était toujours dans l’actualité. Il était parmi les 37 coaccusés avec l’ex-maire de Laval. Le procès de Me Lambert a avorté en 2017 pour des motifs liés à des délais judiciaires déraisonnables.

Les allégations de Lyne Gaudreault

Dans sa poursuite, Lyne Gaudreault alléguait que la chronique radiophonique laissait entendre que c’est elle qui envoyait les invitations pour le cocktail, qu’elle était parmi les organisatrices, et qu’elle a utilisé l’adresse du bureau de Dunton Rainville pour transmettre l’invitation. Elle soutenait que ces propos étaient diffamants à son endroit et inexacts.

Dans les faits, Lyne Gaudreault n’était pas l’organisatrice principale du cocktail, même si elle était une militante caquiste active à l’époque. Elle a bel et bien transmis une vingtaine d’invitations à la soirée à diverses personnes, mais n’était pas la seule militante caquiste à le faire. Enfin elle a transmis des invitations à l’aide de son courriel personnel, mais certaines comportaient aussi ses coordonnées professionnelles. 

L’avocate a ajouté le nom d’Yvon Robert à sa poursuite en alléguant que c’est lui qui avait transmis le courriel d’invitation aux médias en modifiant de façon malicieuse le courriel personnel de Me Gaudreault pour ne laisser que les coordonnées de son bureau d’avocate. Le tribunal a complètement rejeté cette allégation.

Le jugement

Dans sa décision, le juge conclut que les commentaires du journaliste Lacroix lors de l’émission de radio, bien qu’incomplets sur certains plans, demeuraient d’intérêt public et n’avaient rien de diffamant. Mme Gaudreault avait aussi soumis une plainte au Conseil de presse du Québec concernant le contenu de la chronique, qui a été rejetée.

Par ailleurs, dans le cadre des interrogatoires, le journaliste Louis Lacroix n’a jamais révélé qui lui avait transmis le courriel d’invitation. Lacroix a invoqué son désir de protéger l’anonymat de sa source d’information. Lacroix a cependant affirmé qu’il connaissait bien sa source. Il a aussi affirmé ne pas connaître Yvon Robert au moment des faits. Manifestement, conclut le juge, Yvon Robert n’était pas la source de Lacroix.

Le juge a donc conclu que Lyne Gaudreault aurait dû savoir dès les interrogatoires qu’Yvon Robert n’était pas la source de Lacroix et qu’elle a a donc abusé de son droit d’agir en justice en continuant malgré tout sa poursuite. Sa décision a été de condamner Me Gaudreault à verser 5500$ en dommages moraux à Yvon Robert.

close

Et si on vous envoyait nos nouvelles le samedi matin?

On est là pour vous informer.

Vous pourrez vous désinscrire quand vous voudrez, ou changer la fréquence de vos envois.

Vous voyez de l'information inexacte dans cette page? Dites-le nous!

1 réflexion à propos de <i>L’avocate Lyne Gaudreault déboutée dans sa poursuite en diffamation contre un journaliste et Yvon Robert</i>

Envie d'ajouter quelque chose? Les commentaires sont bienvenus ici, mais ils sont modérés.

TopoLocal