L'autoroute 50 se termine à Mirabel, à proximité des routes 15 et 117. ( Photo TopoLocal par Charles Michaud )

L’autoroute 50 : Guy Lafleur ou Maurice Richard ?

Charles Michaud

Le maire de Thurso se propose de faire adopter une résolution afin de faire nommer l’autoroute 50 Autoroute Guy-Lafleur. Tout le monde partage et comprend l’émotion. La grande majorité des citoyens québécois ont certainement le goût d’honorer celui qui a été un athlète et un homme remarquable.

Mais il faut se souvenir que la 50 avait déjà fait l’objet d’une proposition similaire en 2001, à la suite du décès de Maurice Richard. La proposition avait même obtenu l’aval de la famille Richard. À l ‘époque, la Commission de toponymie du Québec avait informé les promoteurs du projet visant à remplacer le nom Autoroute 50 par celui d’Autoroute Maurice-Richard qu’elle attendrait que les travaux d’aménagement de l’autoroute soient complétés avant de prendre une décision. Or la 50, peu importe comment on la nomme, n’est toujours pas complétée. Officiellement, l’autoroute 50 porte encore deux noms: Autoroute de l’Outaouais à l’ouest de Grenville, et simplement Autoroute 50 à l’est de cette localité.

Quelques années plus tard, le nom de Maurice Richard était revenu dans l’actualité alors que plusieurs évoquaient la possibilité de donner son nom au nouveau pont sur le Saint-Laurent qui vient à peine de remplacer l’ancien pont Champlain. Or, ce pont, avec l’accord de la majorité des gens de même que la famille de Maurice Richard, se nomme finalement le pont Samuel-De Champlain. Un choix qui fait consensus.

Voilà donc qu’on se retrouve à nouveau avec un choix potentiellement délicat. Si le numéro 50 de l’autoroute évoque les 50 buts en 50 parties de Maurice Richard, le fait que l’autoroute passe à Thurso, lieu de naissance de Lafleur, lui donne une justification géographique… Mais si jamais le projet allait de l’avant, il se trouverait des gens déçus de voir le Rocket se faire bumper deux fois. C’est à suivre.

Ailleurs au Québec, on est souvent satisfait d’appeler les autoroutes par leurs numéros ou des noms plus simples. La 15, la 30, la 40, la 20, la 640, la 13, la 10… Certaines n’ont que des numéros, d’autres des noms de lieux: l’autoroute des Cantons-de-l’Est pour la 10, l’autoroute des Laurentides pour la 15, ou encore l’autoroute Jean-Lesage pour la 20 et l’autoroute Félix-Leclerc pour la 40.

La 50, un projet jamais terminé

La 50 fait en quelque sorte un retour dans l’actualité. Avant le décès du célèbre hockeyeur, Sainte-Sophie et d’autres municipalités de la région avaient déjà invité le gouvernement du Québec à prolonger la 50 vers Saint-Lin–Laurentides et Joliette, notamment pour désengorger la route 158, utilisée au-delà de sa capacité et dangereuse.

Annoncée en 1970 par le premier ministre du Québec Jean-Jacques Bertrand, l’autoroute 50 devait s’étendre sur 400 kilomètres. Le trajet initial prenait naissance un peu à l’ouest de Gatineau pour passer par Mirabel, Saint-Jérôme et Joliette avant de rejoindre la 40 à la hauteur de Berthierville. Mirabel était à ce moment destiné à devenir la plaque tournante du transport aérien pour tout l’est du Canada. Aujourd’hui, la 50 relie Gatineau à l’autoroute 15 et se termine sur la route 117 au sud de Saint-Jérôme.

Il est clairement plus facile de nommer des autoroutes que de les construire. La 50 n’a d’une autoroute que le nom, puisqu’on y trouve encore des passages à niveau ainsi que des sections où, malgré des viaducs prévus à cet effet, la chaussée se limite toujours à une seule voie dans chaque direction sans bande médiane.

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