Guy Lafleur à Saint-Jérôme à la fin des années 1970 en compagnie de Réjean Houle. Photo Charles Michaud, TopoLocal

Un dernier mot sur Guy Lafleur

Charles Michaud

Je ne vous surprendrai pas en vous rappelant que le temps passe vite. Le temps médiatique, lui, passe encore plus vite. Il dévore tout sur son passage, ne laisse la place à rien d’autre, puis disparaît aussi rapidement qu’il arrive.

La tempête médiatique entourant le décès de Guy Lafleur a été intense. À un point tel que certains en sont venus, par moments, à se demander si ce n’était pas trop. Je ne saurais vous dire ce qui était de trop ou ce qui ne l’était pas. Mais il faut bien le dire, le monde des médias, c’est clair, est trop souvent une machine à amplifier et répéter. Le bruit étant passé, je vous offre mon grain de sel tardif.

La Ligue nationale de hockey (LNH) a affublé sa coupe Stanley de beaucoup de décorum au fil des ans. Le précieux trophée a maintenant ses gardes du corps qui le promènent avec des gants blancs et son beau coffre doublé de velours. La LNH se donne même des airs d’humanité en déplaçant la sainte coupe dans les villes et villages où sont nés les membres des équipes gagnantes. C’est une activité promotée. Émotion garantie.

Mais bien avant que ces journées deviennent des photo-op organisées, il y a eu cette anecdote. Après la parade de 1979. Un épisode improvisé où Guy Lafleur, le gars de Thurso qui frayait parmi les grands de ce monde, a mis la coupe dans sa valise de char pour aller la montrer à son village. À ses parents, à sa famille, aux voisins, au garagiste du coin, aux gars de l’aréna, au boucher, au boulanger, etc. Je l’imagine sans peine dire : « Tenez ! Voici la coupe que vous aviez toujours vue à la télévision, je suis tellement fier de l’avoir gagnée que je voulais vous la montrer ! » Et les gens de Thurso ont sans doute été bien fiers que Guy vienne leur montrer la coupe. ( Il y a même des religions qui imitent ce geste, avec leurs célébrants qui montrent une coupe soi-disant sacrée aux multitudes. )

Il y a quelque chose dans ce geste. Peut-être la spontanéité. Peut-être le parfum de délinquance. Peut-être le petit village où tout le monde se connaît. Peut-être l’absence intrinsèque de la moindre bullshit. Mais pour moi, l’essence de Guy Lafleur s’y trouve. Quant à moi, la légende s’est écrite drette là, en plein printemps 1979.

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