Tuer le « char » une fois pour toutes ?

Charles Michaud 5 commentaires

Nous sommes en train d’étouffer notre planète à coups de milliers de tonnes de gaz toxiques. Nous sommes aussi en train de l’étrangler à l’aide d’un filet routier d’asphalte impossible à entretenir. Une cage de bitume qui encercle nos habitations et tous les lieux que nous fréquentons. Nous avons aménagé des vastes étendues d’asphalte qui emprisonnent de la chaleur. Nous avons enseveli des ruisseaux. Brisé l’écoulement naturel des eaux de notre environnement. Nous tuons des conducteurs, des piétons et des cyclistes au nom de la fluidité de la circulation. La magie du char-VUS performant qui gravit les montagnes comme un fauve est dans toutes la publicités automobiles. De quoi vous aider à choisir comment aller au centre d’achats.

Grâce au char, nous avons crée une société étalée, éparpillée, où chacun vit éloigné de ses semblables dans un micro-domaine seigneurial. Même une ville de la taille de Saint-Jérôme a maintenant son centre-ville qui devient désert à 17 heures. Chacun sa petite piscine, chacun sa cour fermée à la mode outdooring, chacun son petit enclos pour protéger les 4 chars de la famille.

Nous avons au Québec un ministère des Transports qui consacre la totalité de son budget déjà insuffisant à faire circuler des véhicules. Pourtant un véritable ministère des transports, et un véritable ministre, devraient déjà être en train de préparer un changement fondamental de mode de vie. Hélas, on veut faire un tunnel sous le fleuve. Notre gouvernement actuel dit n’importe quoi pour justifier cette idée électoraliste et complètement idiote. Ce n’est pas de lui que viendront des solutions.

Localement, la route 158 n’a pas suivi l’explosion de Sainte-Sophie. La rue Lamontagne est dépassée par la circulation vers Saint-Colomban. Prévost devra se battre pour éviter que se prolonge le vaste boulevard Taschereau qui débute au nord de la rue Bélanger. Auparavant, le viaduc du boulevard La Salette n’avait même pas suivi la croissance du secteur Bellefeuille. Sur l’autoroute 15 vers le nord, les sorties vers le boulevard La Salette et vers Saint-Hippolyte sont engorgées et forcent les conducteurs à s’arrêter sur les voies rapides. Une intersection civilisée entre la 117 et le chemin des Hauteurs est invisible sur le radar public.

L’ex-mairesse de Sainte-Sophie vous le dira: le dossier d’une route de contournement pour la carrière de Sainte-Sophie n’a pas bougé depuis des décennies. Évidemment, au fil des ans, ce trop-plein se déverse malgré tout dans les rues locales de Saint-Jérôme, elles aussi surchargées. Pire encore, certains citoyens, encouragés par un ancien conseil municipal à Saint-Jérôme, s’étaient mis à revendiquer et obtenir des rues privées.

La vieille idée de promettre plus de voies sur l’autoroute 15 est déjà dépassée. Le gouvernement ne parle plus de cette promesse ridicule. Hélas, on peut soupçonner que son seul motif est comptable : il n’en a pas les moyens. Il n’a pas le courage, ni la vision, pour aborder les virages que l’avenir nous impose.

Des citoyens de Saint-Jérôme sont venus se plaindre récemment à l’assemblée du conseil municipal, parce que des nouvelles traverses piétonnières interdisent le virage à droite et causent des arrêts qui sont parfois 30 secondes plus longs. Espérons que les piétons viendront aussi dire qu’il ont enfin la tranquillité d’esprit de pouvoir traverser la rue sans guetter les prédateurs mécaniques…

Et le char électrique? Ce serait déjà un pas en avant, un petit. Mais il y a beaucoup plus à faire.

Comment une société éclairée et civilisée peut-elle être si bête? Le char à lui seul n’explique pas ça. Il doit y avoir un problème avec les conducteurs…

Je vous entends. « Mais moi, qu’est-ce que je fais? » Je sais, faut bien aller travailler, faire les courses, conduire les enfants à l’école. Pas très pratique de pousser un panier d’épicerie sur un ou deux kilomètres. Les solutions ne sont pas simples. Mais un jour, et cela très bientôt, hier plutôt, il sera temps de faire quelque chose.

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5 réflexions à propos de <i>Tuer le « char » une fois pour toutes ?</i>

  1. Un « char » électrique est un char. Son effet sur la bonne conscience est pernicieux car son impact à moyen terme sur les émissions de gaz à effet de serre [et autres polluants] est discutable. De plus, ça lui prend des routes pour se déplacer et son encombrement est identique à celui des véhicules à essence. La solution passe par la réduction du parc automobile et des déplacements individuels. Habiter près de son lieu de travail relève un peu de la chance, mais beaucoup des choix [autant individuels que collectifs] que nous avons à faire. Changer ses habitudes requiert de la volonté et un peu d’aide gouvernementale dans l’aménagement des villes et des transports. C’est faisable, à long terme, nous n’avons pas le choix. Changer de ministres du Transport, de l’Environnement, etc., c’est faisable aussi… et à court terme, nous avons ce choix.

    Robert Charland

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    • En effet, nous avons toujours le choix… mais on doit ensuite vivre avec les conséquences de ceux que nous faisons. J’ai été surprise de constater la quantité de pétrole que contient « un pneu » et il doit en être de la sorte pour les pneus des véhicules électriques et des vélos. Comme l’écrivait Serge Bouchard : « Quel est ce monde où la création de la richesse s’appuie sur l’éradication de tout, au profit de l’émergence du rien? »

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  2. Bon et beau sujet. Ce que l’on parle c’est le bas de pyramide, nous les consommateurs. Et si on commençait par le haut de la pyramide. Exemple qui se multiplie dans chaque Ville, Village. Parlons juste de Rouyn / Noranda avec la pollution qui rend malade la population de la Ville. Multiplions ça par chaque GROS pollueur de chaque ville et village. Prenons en exemple le Centre Ville de St-Jérôme et trouver moi un magasin d’alimentation où je pourrais faire mon épicerie sans me servir de mon auto. Rien de rien comme dirait la Piaf. Prenons Bellefeuille, Place Citation, Place Richer, prenons le bout du Boulevard Maisonneuve et est-ce que je peux me rendre chez IGA à pied pour faire mon épicerie Si je suis une femme et que je travaille , disons à Laval ou Montréal et que je dois me rendre au IGA à pieds. Vous faite quoi ? Je prend l’auto. La solution est minime Nos gouvernement nous ont forcés un peu à ce système avec l’utilisassions de l’auto. Que nos gouvernement donnent l’exemple et commencent par les gros pollueurs et je suis certains que la population suivra

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