Le drapeau de l'Ukraine à Saint-Jérôme en février.

Vous vous souvenez du 24 février? Faisait frette…

Charles Michaud 2 commentaires

C’est la canicule chez nous. Pas officiellement, bien sûr! Comme on le sait tous, il y a des critères de durée à rencontrer pour pouvoir dire « canicule ». Mais par moments, il fait chaud en ta. Assez pour que je me mette à trouver qu’on a déjà oublié le mois de février.

Sauf que pour des millions de personnes, la vie est arrêtée depuis le 24 février. Ils sont ukrainiens.

Pensez à toutes les petites choses qui nous ont fait suer hier, au sens propre comme au figuré. Les lumières rouges trop longues, le steak un peu trop cuit, le rendez-vous chez le coiffeur annulé, le 75 $ que ça a coûté pour remplir le char. Toutes ces petites choses sont de véritables cadeaux de la vie comparés à recevoir des bombes sur la tête, dormir en guettant les sons des sirènes, voir partir vos proches pour le front et savoir que des ignobles brutes militaires violent vos semblables.

Tiens, je parie, comme ça, juste pour faire la conversation, que le centre d’achats où je suis allé cette semaine ne sera pas bombardé de sitôt.

Nous étions tous sincères dans notre indignation quand les russes ont envahi l’Ukraine. Poutine et sa bande sont des criminels déguisés en nation. Au 20e siècle, du temps de nos parents et grands-parents, quand un pays se comportait ainsi, les gouvernements mobilisaient des armées et envoyaient des jeunes au combat, au péril de leur vie. Aujourd’hui la guerre est plus civilisée. ( Tellement qu’il y meurt plus de civils que de soldats. )

Aujourd’hui, plusieurs pays d’occident ont choisi d’imposer des sanctions économiques, une sorte d’en-lieu de guerre. Des sanctions économiques qui ont des répercussions sur notre ordinaire. L’essence coûte plus cher. Les beaux chars neufs ont des listes d’attente. Parfois il n’y a qu’une seule marque de soupe aux tomates sur les tablettes. Par économie interposée, nous sommes bel et bien en guerre. Mais on n’envoie pas nos jeunes mourir.

L’économie se mondialise et ses effets traversent les frontières. Comme le niveau des océans, la qualité de l’air, et les gaz à effet de serre. Ça suffira peut-être à convaincre certains que l’un ne va pas sans l’autre.

Il est vrai qu’avec le temps plus clément, on arriverait presque à oublier les événements de février. Les médias, on le sait, se nourrissent davantage du nouveau que du pertinent. Pourtant la guerre continue, tassée des manchettes par l’étau qui se resserre autour d’un ancien président américain pourri, des juges qui changent les termes de la liberté pour les femmes et les frasques d’une bande de boys de hockey qui ont voulu cacher les crimes de leurs futures vedettes.

Pour ma part, quand je regarde les dollars s’additionner alors que je fais le plein, je me dis que c’est bien moins pire que de voir mes petits-enfants partir à la guerre. Imaginez-vous, en plus, ce que ce serait s’il fallait qu’on paie le juste prix pour nos objets fabriqués par des pauvres. Ou nos running shoes cousus par des enfants…

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2 réflexions à propos de <i>Vous vous souvenez du 24 février? Faisait frette…</i>

  1. Quel bel éditorial pour nous faire réfléchir et pour nous faire arrêter de critiquer, de se plaindre, de se lamenter pour ceci ou cela.
    Nous sommes privilégiés de vivre au Québec. Il faut l’apprécier et penser à ces pauvres gens. Faire un don si on est capable.
    Merci.

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    • Bonjour au bureau de rédaction et aux lecteurs et lectrices.C’est vrai que nous sommes privilégiés de vivre dans un pays sans guerre.En espérant que nos gouvernements vont trouver une solution durable à ce conflit(Ukraine-Russie).Bonne journée à tous.

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