fbpx
Politique, Réflexions

Quel est le juste salaire d’un élu?

Au fédéral, un député gagne environ 170 000$ par année. S’ajoutent des compensations pour le transport, le logement et une somme indéterminée libre d’impôts, des allocations et des indemnités de toutes sortes, la prime de départ, les soins de santé spéciaux, surtout un généreux fonds de pension chromé et juteux, etc.

Le député engage quelques personnes près de lui comme employés pour son bureau de comté et pour son bureau à Ottawa. Le fonctionnement du parlement fédéral coûte environ trois milliards de dollars par année. Parlons donc des «vraies affaires»!

Un salaire juste

Quel serait un salaire juste pour nos élus? Je suggère des idées nouvelles pour faire avancer le débat et pour faire reculer le cynisme.

Pourquoi ne pas offrir à l’élu un salaire maximum deux fois plus élevé que le salaire moyen déclaré au ministère du Revenu depuis les cinq dernières années? Les dirigeantes d’entreprise rentables pourraient être tentées par le saut en politique, parce qu’elles sont compétentes dans leur domaine et les opportunistes à petit salaire, ou ceux qui travaillent au noir ne seraient pas attirés par l’aventure démocratique.

Il me semble que tous gagneraient à ce changement. Je reconnais que cela éliminerait, par exemple, les itinérants, les aphasiques, etc. Certains ont été élus lors de la «vague orange» d’il y a six ans. Ce qui me dérange avec cette vague, c’est le fait que tout un chacun peut maintenant se faire des accroires et espérer gagner le jackpot. J’ai souvent discuté avec un jeune qui voulait se présenter comme candidat. Son manque de talent et de qualification était sidérant, mais il espérait quand même être élu.  

Le fait d’être élu député permet à certains de quadrupler leur salaire, d’obtenir un premier emploi régulier à vie, comme le disait un député que je connais, «c’est un peu comme gagner le million à la loto». N’y a-t-il pas des limites à vouloir être créatif pour augmenter son estime de soi ?

Le salaire actuel de notre premier ministre Justin Trudeau est de 345 000$ par année. Le mérite-t-il? Son dernier emploi connu avant de se faire élire comme député en 2008, était animateur culturel dans une école secondaire de Vancouver…

Les qualifications minimales

Pourquoi ne pas exiger un test de français de niveau secondaire (même celui obtenu à l’Éducation aux adultes serait accepté) avec ou sans l’aide d’un ordinateur, ou un diplôme de niveau collégial obtenu avec l’appui des spécialistes?

Idéalement, le futur candidat ne devrait-il pas avoir bénévolé pendant au moins quatre années dans un organisme du comté où il se présente, en étant marguillier, conseiller municipal, commissaire d’école, etc.? Cela éliminerait un candidat qui vient tout juste de déménager, possède peu de charisme, de prestance, de facilité pour parler en public, etc.

Le reddition de comptes, le bilan

Il serait intéressant que le député fasse régulièrement le bilan de ses interventions. Le Journal de Montréal publie à chaque année les salaires des maires du Québec, par exemple. En 2014, le député d’un comté voisin n’était intervenu à la Chambre des communes, pendant les travaux du parlement, que trois fois dans l’année à cause de son handicap…

Conclusion : combattre le cynisme face aux politiciens!

Je conclus en citant l’article Avoir son voyage de Jean-François Nadeau, du journal Le Devoir:

«Un député à Québec se trouve en vacances dès la mi-juin. Les travaux parlementaires ne reprennent ensuite qu’en septembre. Je ne néglige pas bien entendu le lourd travail que représentent, tout l’été, la fréquentation de barbecues à saveur électorale ainsi que d’autres difficiles activités de comté. Mais de combien de jours de congés payés jouissent néanmoins ceux qui craignent depuis trop longtemps d’en accorder à la population? Et il s’en trouve pour s’étonner que les Québécois aient leur voyage!»

Les députés devraient arrêter de s’accorder des privilèges obtenus grâce au hasard d’une élection et non pour leurs qualités personnelles. 

Quelques lectures supplémentaires:

Moins de parlementaires, plus de proportionnelle: la France réforme ses institutions, Le Devoir

>

Send this to a friend