C’était l’automne à Saint-Jérôme… en 1970.

Pierre Elliott Trudeau était premier ministre du Canada. Robert Bourassa premier ministre du Québec. À 36 ans, ce dernier est le plus jeune PM de l’histoire.

Le maire de Saint-Jérôme est Bernard Parent. Son député fédéral, pour la circonscription de Terrebonne, est Léo Cadieux, ministre de la Défense nationale. À l’époque, Saint-Jérôme fait aussi partie du comté provincial de Terrebonne, représenté à l’Assemblée nationale par Denis Hardy.

Comme partout en Amérique du Nord, la jeunesse règne sur Saint-Jérôme. Elle a les cheveux longs, porte des jeans et des Adidas. Les gars ont des favoris et des barbes. Les filles ne portent pas de soutien-gorge et les écoles secondaires réglementent la longueur de leurs jupes, jugées trop mini pour certains.

Le parc Labelle est un havre de verdure paisible et ombragé. D’un côté les peace and love inondent les lieux de vêtements de couleur, d’accords de guitare et de vapeurs asiatiques. De l’autre, les motards tout aussi velus, réunis autour d’une rangée de BSA, de Triumph et de Harley-Davidson, portent fièrement dans le dos les couleurs des Satan’s Choice, des Damnés, et d’autres.

Les jeunes se donnent rendez-vous au parc Labelle plutôt que de chiller au centre d’achats. Tout simplement parce qu’il n’y a pas encore de centres commerciaux dignes de ce nom. Il n’y a personne au McDo, ni chez Tim. Ça non plus, ça n’existe pas par ici.

Au centre-ville, les jeunes vont prendre un café Chez Leduc, au 314, chez Paul Sandwich, au Sainte-Rose, au Diana ou au Miss Labelle. Ils prennent une bière à la taverne Chez Lapointe, aux Sports, ou évidemment au Coq. Comme à toutes les époques, les tranquilles et les sportifs ne sont pas très visibles. Ils font du sport et sont… tranquilles.

La rentrée scolaire

Pour les étudiants, l’automne 1970, c’était le retour en classe.

À la Polyvalente de Saint-Jérôme, il y avait un double horaire, parce que les écoles de la Commission scolaire régionale Dollard-des-Ormeaux débordaient. La moitié des élèves du secondaire allaient en classe de 8h à 14h, l’autre moitié de 12h à 18h.

Mais là où il y avait un véritable renouveau, c’est à l’angle des rues Fournier et Du Palais.

L’école située là, autrefois le Pensionnat des Saints-Anges, devenait officiellement, le 10 septembre 1970, le Cégep de Saint-Jérôme. C’est la date des lettres patentes de l’institution, qu’on peut donc considérer comme sa date de naissance. On y dispensait d’ailleurs depuis deux ou trois ans des cours de niveau collégial, puisqu’on y logeait un campus du Cégep Lionel-Groulx. De quoi entretenir des rivalités de longue date entre Saint-Jérôme et Sainte-Thérèse.

Ainsi naquit le cégep de Saint-Jérôme, officiellement, en 1970.

Des célébrations pour les 50 ans

Jour pour jour, le cégep profitait donc de ses 50 ans pour dévoiler le 10 septembre dernier la programmation des événements de cette année anniversaire.

La directrice générale du Cégep de Saint-Jérôme, Nadine Le Gal, a lancé les festivités du 50e anniversaire du collège en rappelant la contribution de l’ensemble des employés qui ont porté la mission éducative du cégep et qui ont, selon elle, « fait une réelle différence » dans le parcours de ses étudiants ainsi que le développement de la région.

Confinement oblige, on ne trouve pas pour l’instant de grands rassemblements dans les festivités prévues. L’ensemble de la programmation est disponible en ligne sur le site du cégep.

Distance sociale oblige, le nombre d’invités au lancement était limité.

Dès cet automne, outre les festivités consacrées à l’anniversaire lui-même, il faut souligner que l’année qui débute verra le match inaugural des Cheminots au hockey masculin, de retour cette année, ainsi que le dévoilement de l’éclairage des façades des rues Du Palais et Fournier, qui accompagnera l’éclairage de la cathédrale voisine pour imprimer une signature visuelle à tout le quartier. Cette dernière initiative étant en quelque sorte le cadeau de fête de la Ville de Saint-Jérôme, qui en absorbera le coût.

La superbe façade du cégep sur la rue Fournier sera éclairée dans le cadre du plan lumière de la Ville de Saint-Jérôme.

Deux expositions et une bière!

Histoire et Archives Laurentides, autrefois la Société d’histoire de la Rivière-du-Nord, lancera une exposition sur l’histoire du cégep à l’hiver 2021, suivie pas beaucoup plus tard par une exposition intitulée C’était possible j’étais l’adolescence au Musée d’art contemporain des Laurentides. Les détails quant à cette série d’événements, et d’autres à venir en 2021, seront confirmés plus tard et devront s’ajuster aux conditions sanitaires à venir.

Le cégep a aussi annoncé le lancement de la Saint-Jé, une bière brassés spécialement pour l’occasion par la brasserie Dieu du ciel, de Saint-Jérôme. Elle sera offerte en vente un peu partout dans la région.

Le maître brasseur Jean-François Gravel de chez Dieu du Ciel! a lui-même présenté la Saint-Jé, une bière brassée spécialement en hommage au Cégep de Saint-Jérôme. Une bière que la brasserie a voulue « festive et accessible » décrite par son brasseur comme une IPA au nez de mandarine offrant des arômes fruités et des notes tropicales… avant de lever son verre à la santé du cégep.

Des ambassadeurs

Pour répandre la nouvelle de ses 50 ans, le cégep a annoncé qu’il a choisi 15 « ambassadeurs » parmi ses diplômés. Des personnes sélectionnés, rappelle-t-on, parce qu’elles incarnent les valeurs du collège et les font rayonner sur les scènes locale, nationale et internationale.

Le cégep a publié des capsules vidéo pour les présenter. On y retrouve autant de personnalités locales comme Julien Brière, directeur technique du club de soccer les Ambassadeurs à Saint-Jérôme et longtemps impliqué dans les équipes de soccer du cégep comme joueur et entraîneur, Rachel Lapierre du Book humanitaire et le journaliste retraité Henri Prévost.

L’ancien ministre Pierre Duchesne, la légende du hockey féminin Danièle Sauvageau et Karel Mayrand, militant écologiste devenu philanthrope pour la Fondation du Grand Montréal, sont des noms plus connus par l’ensemble du Québec.

Les cégeps: uniques au Québec

Les cégeps ont été créés en 1967 par le biais d’un projet de loi porté par le ministre de l’Éducation Paul Gérin-Lajoie, considéré aujourd’hui comme le père des cégeps.

« Depuis 50 ans, les cégeps contribuent à la vitalité communautaire et au dynamisme économique des régions en formant une main-d’oeuvre qualifiée, mais surtout en formant des citoyens curieux et allumés », a dit le président du conseil d’administration du Cégep, Paul Calcé.

Le niveau de scolarité des québécois était jugé très faible au milieu des années 1960 par rapport au reste des pays comparables. Le rapport de la commission Parent, une importante commissions d’enquête publique sur l’éducation, concluait que l’accès aux études supérieures, pour les jeunes québécois, était ardu, discriminatoire et coûteux.

À l’époque, deux ou trois années de plus étaient nécessaires aux francophones pour atteindre l’université que pour les anglophones. Les habitants des régions éloignées n’y avaient pas accès.

Un laboratoire d’informatique du Cégep de Saint-Jérôme, à une époque où les ordinateurs étaient rares et chers.

Les écoles normales, les instituts techniques, les collèges classiques et les écoles d’infirmières et bien d’autres fonctionnaient toutes de façon indépendante.

Les cégeps sont nés pour harmoniser le tout et créer du même coup un système d’éducation équitable et diversifié. Ils sont aussi un lieu de transition entre l’école secondaire et l’université.

Leur innovation, qui perdure aujourd’hui, est de marier les formations technique et préuniversitaire dans un réseau couvrant toutes les régions du Québec.

Cinquante ans après leur création, alors que le monde du travail se transforme à un rythme jamais vu, la clientèle des cégeps doit s’adapter. Une des préoccupations constantes des cégeps est justement de créer des « passerelles » pour faciliter le passage entre le cégep et l’université de même qu’entre la formation générale et technique.

Un acteur important dans les Laurentides

Le cégep de Saint-Jérôme compte depuis sa fondation plus de 35 000 diplômés. Outre le campus de Saint-Jérôme, le collège dispense aussi des cours à Mont-Tremblant et à Mont-Laurier.

Aujourd’hui, il offre un total de 28 programmes de formation préuniversitaire et technique ainsi que des attestations d’études collégiales dans 14 champs d’expertise différents.

Il emploie plus de 700 personnes et accueille annuellement plus de 7000 étudiants à l’enseignement régulier, à la formation continue et à la formation aux entreprises.

De plus, le cégep a des partenariats actifs avec le Centre de développement des composites du Québec(CDCQ) qui offre ses services à des industries manufacturières partout au Québec, ainsi qu’avec l’Institut du véhicule innovant(IVI) qui fait de la recherche, fournit de l’aide technique et dispense de la formation dans le domaine des véhicules électriques, autonomes et connectés.

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